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Misérables métamorphoses - 17Jul2018 18:56:23

Ontologie de l'accident, Catherine Malabou,
Essai sur la plasticité destructrice
Le mythe de la métamorphose est consubstantiel à l'être parlant, au monde des mots. Pour les chamans, le devenir animal était certes une véritable transformation personnelle, bien qu'éphémère, alors que l'initiation constituait un rite social, rite de passage entre l'adolescence et l'âge adulte par la confrontation avec la drogue, la peur et la souffrance.

Depuis l'Empire romain, dépouillant le citoyen de tout pouvoir politique, c'est tout autre chose, on a commencé à se replier sur soi en rêvant d'une transformation purement individuelle (cultiver son jardin), thème repris par les mystiques néoplatoniciens et par la conversion chrétienne, parant la métamorphose attendue de toutes les vertus, sauvés un par un de tous nos péchés et du poids du monde !

Je vends la vie parfaite, la vie sainte et vénérable. Qui veut être au-dessus de l'homme ? Qui veut connaître l'harmonie de l'univers et revivre après sa mort ? (Lucien de Samosate, Philosophes aux enchères).

Ces promesses ultimes ont été reprises un peu trop légèrement par les théories de l'aliénation nous faisant miroiter l'idéal d'un homme complet et d'une existence authentique enfin, dépouillée du vieil homme et de nos anciennes dépendances, comme si la vieillesse et la dépendance n'étaient pas notre avenir et qu'on pouvait vivre impunément, sans blessures ni remords.

C'est donc fort à propos dans ces temps agités que Catherine Malabou nous rappelle dans ce texte magnifique que nos métamorphoses sont rarement positives et le plus souvent destructrices, traumatismes nous privant de nos facultés, vieillesse qui nous prend tout-à-coup et nous atteint à la tête, handicapés de la vie devenus tout autres, étrangers à eux-mêmes. En fait d'hommes nouveaux, nous devons faire avec des hommes diminués, mutilés, égarés !

Ce n'est pas dire qu'il n'y a pas aussi une force transformatrice positive, un progrès de l'apprentissage mais "apprendre c'est éliminer", et cet apprentissage consiste en grande partie à perdre nos illusions. On ne fait pas que grandir, les arbres ne montent pas jusqu'aux cieux, et la métamorphose qu'on rêvait nous faire papillon pourrait nous transformer plutôt en une monstrueuse vermine. En effet, s'il n'y a pas de positif sans négatif et si tout progrès se paie de quelque façon, le pire, c'est qu'il y a aussi du négatif sans aucun positif, pure destruction pas du tout créatrice. Et c'est bien ce risque qui nous accompagne, c'est la menace que nous devons affronter : celle du non-sens qui triomphe à la fin et réduit tout au silence.

Le plus souvent, les vies vont leur chemin comme les fleuves. Les changements et les métamorphoses propres à ces vies, survenus en conséquence des aléas et des difficultés ou simplement liés au cours naturel des choses, apparaissent comme les marques et les rides d?un accomplissement continu, presque logique, qui conduit à la mort. Avec le temps, on devient finalement ce que l?on est, on ne devient que ce que l?on est. Les transformations du corps, de l?âme renforcent la permanence de l?identité, la caricaturent ou la figent, ne la contredisent jamais. Ne la dérangent pas.

Cette pente existentielle et biologique progressive, qui ne fait que transformer le sujet en lui-même, ne saurait faire oublier le pouvoir de plastiquage de cette même identité qui s?abrite sous son apparent poli, comme une réserve de dynamite enfouie sous la peau de pêche de l?être pour la mort. En conséquence de graves traumatismes, parfois pour un rien, le chemin bifurque et un personnage nouveau, sans précédent, cohabite avec l?ancien et finit par prendre toute la place. Un personnage méconnaissable, dont le présent ne provient d?aucun passé, dont le futur n?a pas d?avenir, une improvisation existentielle absolue. Une forme née de l?accident, née par accident, une espèce d?accident. Une drôle d?engeance. Un monstre dont aucune anomalie génétique ne permet d?expliquer l'apparition. Un être nouveau vient au monde une seconde fois, venu d?une tranchée profonde ouverte dans la biographie.

Il existe des métamorphoses qui dérangent la boule de neige que l'on forme avec soi-même dans la durée, ce gros tas circulaire bien rempli, replet, complet. D?étranges figures qui surgissent de la blessure, ou de rien, d?une sorte de décrochage d?avec l?avant, des figures qui ne résultent ni d'un conflit infantile non réglé, ni de la pression du refoulé, ni du retour subit d?un fantôme. Il est des transformations qui sont des attentats. J?ai longuement parlé de ces phénomènes de plasticité destructrice, des identités scindées, interrompues soudainement, désertes des malades d?Alzheimer, de l'indifférence affective de certains cérébro-lésés, des traumatisés de guerre, des victimes de catastrophes, naturelles ou politiques. Force est de constater et de faire reconnaître que nous pouvons tous, un jour, devenir quelqu?un d'autre, d?absolument autre, quelqu?un qui ne se réconciliera jamais avec lui-même, qui sera cette forme de nous sans rédemption ni rachat, sans dernières volontés, cette forme damnée, hors du temps. Ces modes d?être sans généalogie n?ont rien à voir avec le tout-autre des éthiques mystiques du XX? siècle. Le Tout-Autre dont je parle demeure à jamais étranger à Autrui.

Le plus souvent, les vies vont leur chemin comme les fleuves. Parfois, elles sortent de leur lit, sans qu?aucun motif géologique, aucun tracé souterrain, ne permette d?expliquer cette crue ou ce débord. La forme soudainement déviante, déviée, de ces vies est de plasticité explosive.

En science, en médecine, en art, dans le domaine de l?éducation, l?usage que l'on fait du terme « plasticité » est toujours positif Il désigne un équilibre entre la réception et la donation de forme. La plasticité est conçue comme une sorte de travail de sculpture naturel qui forme notre identité, laquelle se modèle avec l'expérience et fait de nous les sujets d'une histoire, d?une histoire singulière, reconnaissable, identifiable, avec ses événements, ses blancs, son futur. Il ne viendrait à l'idée de personne d?entendre sous la formule de « plasticité cérébrale » par exemple le travail négatif de la destruction (destruction qui opère après tant de lésions cérébrales et de traumatismes divers). La déformation des connexions neuronales, la rupture des liaisons cérébrales ne sont pas considérées en neurologie comme des cas de plasticité. On ne parlera de plasticité qu'à l?occasion d?un changement de volume ou de forme des connexions neuronales qui fait sens dans la construction de la personnalité.

Personne ne pense spontanément à un art plastique de la destruction. Pourtant, celle-ci aussi configure. Une gueule cassée est encore un visage, un moignon est une forme, une psyché traumatisée reste une psyché. La destruction a ses ciseaux de sculpteur.

On citerait bien presque tout le reste. La métamorphose comme voie sans issue, quand la fuite est impossible. La vieillesse comme événement soudain : Duras vieille à 25 ans ayant déjà perdu sa prodigieuse beauté (p56).

« Très vite dans ma vie il a été trop tard. A 18 ans il était déjà trop tard. entre 18 et 25 ans mon visage est parti dans une direction imprévue. A 18 ans j'ai vieilli. » (L'Amant)

Terminons par la conclusion très politique, p82, face à la catastrophe qui vient et aux promesses qui ne seront pas tenues :

Or précisément, le possible que je cherche à dégager est celui qui rend l?existence impossible. Le possible de la dénégation, cette foi tenace et inébranlable dans la tout autre origine, n'est pas celui de la plasticité destructrice, qui se refuse à la promesse, à la croyance, à la constitution symbolique de toute ressource d'avenir. Il n?est pas vrai que la structure de la promesse soit indéconstructible. La philosophie qui vient doit explorer l'espace de cette défaite des structures messianiques.



Fonte: http://jeanzin.free.fr/index.php?2009/03/21/175-miserables-metamorphoses

L'auto-entrepreneur et la fin du salariat - 17Jul2018 18:56:24

Le nouveau statut d'auto-entrepreneur est une véritable révolution en ce qu'il supprime toute "barrière d'entrée" pour le travail autonome, contrairement aux professions libérales exigeant des revenus conséquents pour payer charges sociales et impôts, avec un décalage d'un an souvent, ce qui rendait dramatique l'arrêt de l'expérience réservée aux classes moyennes supérieures. Paradoxalement les charges sociales sensées protéger les travailleurs empêchaient donc de travailler les plus modestes, condamnés au travail au noir ou au chômage. La suppression de cette barrière d'entrée va amener une concurrence nouvelle pour les professions libérales qu'elle protégeait, réduisant leurs revenus en participant à la déqualification générale. On s'étonne qu'il n'y ait pas eu de réaction de ce côté pour concurrence déloyale. Mais, c'est que les effets ne sont pas encore visibles, puisque l'expérience commence à peine...

Ce n'est pourtant pas de ce côté que la montée en puissance des auto-entrepreneurs sera le plus dévastateur puisqu'il pourrait sonner la fin du salariat, rien de moins, dans une précarité généralisée sans aucune protection sociale pour l'instant. Il ne semble pas qu'il y ait une limite au nombre d'auto-entrepreneurs qu'une entreprise peut employer et les cotisations sociales étant plus que divisée par 2 (23%), on ne voit pas pourquoi l'employeur ne préférerait pas des auto-entrepreneurs qui coûtent moins cher et qui n'obligent à rien, ne bénéficiant d'aucuns droits sociaux.

Il semble bien qu'il faudra compléter et améliorer la loi mais il est indéniable qu'il y a une contradiction entre les salariés (donc les syndicats) et les futurs auto-entrepreneurs. Il est significatif que les appels de la gauche traditionnelle à l'unité restent enfermés dans la défense du système et les revendications salariales, refusant d'admettre la légitimité de droits attachés à la personne et non plus à l'entreprise, ce qui sort de la logique des luttes syndicales dans l'entreprise. Ainsi, j'ai souligné depuis longtemps l'opposition entre réduction du temps de travail et revenu garanti qui ne sont effectivement pas compatibles et divisent le mouvement social, division qui ne peut être surmontée en l'ignorant tout simplement.

Les syndicats et la vieille gauche ont donc lutté contre le revenu garanti, ce qui est un comble, et ils pourraient vouloir remettre en cause ce statut d'auto-entrepreneur mais ce ne serait que peine perdu et un combat d'arrière garde alors que le succès semble bien au rendez-vous de répondre à un véritable besoin, du fait que le travail manque, sans doute, mais surtout du fait d'un travail devenu plus autonome à mesure qu'il est devenu plus qualifié et créatif. Il faut absolument encourager le travail autonome à l'ère de l'information, le passage de la subordination salariale au travail choisi, non seulement en créant ce statut mais en le dotant de protections et d'institutions appropriées (revenu garanti et coopératives municipales) qui le rende viable. Il n'est par contre de l'intérêt de personne de tirer les salaires à la baisse, ce qu'un revenu garanti suffisant pourrait empêcher, ni que la précarité se généralise.

S'il doit y avoir unité, indispensable, avec les salariés, ce ne peut être qu'en limitant le recours aux auto-entrepreneurs par les entreprises de main-d'oeuvre (sachant qu'au-delà de 2000? par mois, on ne peut plus être auto-entrepreneur), mais surtout en dotant le travailleur autonome de nouveaux droits attachés à la personne, ainsi qu'un certain engagement sur la durée pour les employeurs réguliers permettant de se rapprocher du statut de salarié. On n'a pas encore atteint la masse critique pour ce changement de stratégie pourtant incontournable. Il n'y a aucune raison de défendre le salariat comme temps de subordination du travailleur dépossédé de son propre produit. Il n'y en a pas plus de faire dépendre nos droits de l'entreprise qui nous emploie. Nous avons besoin de plus d'égalité, de droits universels attachés à la personne, véritable reconnaissance d'un droit à l'existence pour toute personne humaine. Surtout, c'est ce que les nouvelles forces productives exigent à l'ère de l'information où la productivité n'est plus linéaire ni individualisable, le développement humain étant devenu la principale base productive.

Des pays comme le Japon distribuent actuellement de l'argent à toute leur population, selon la théorie qui veut qu'en jetant de l'argent par hélicoptère on arrête n'importe quelle déflation (sauf qu'il faudrait pouvoir tout retirer ensuite, sinon on n'a fait que produire l'hyperinflation qui nous pend au nez). C'est quand même quelque chose qui ressemble à un revenu d'existence, du moins qui montre ce que pourrait avoir de stabilisateur un revenu d'existence et rendre son hypothèse moins absurde. Car, il faut bien dire que toutes ces propositions qui paraissaient il y a 10 ans tellement fragiles et improbables (revenu garanti, monnaies locales, coopératives municipales) le sont simplement de moins en moins avec le temps, ce qui est déjà étonnant...

Le statut d'auto-entrepreneur que personne n'attendait y participe en donnant une visibilité soudaine au travail autonome, ce qui est véritablement révolutionnaire et qui pourtant n'a pas grand chose à voir apparemment avec la crise qui bouleverse toutes les institutions. C'est juste comme si la situation chaotique permettait à des phénomènes nouveaux de se manifester, s'introduisant par la bande avant de provoquer une reconfiguration générale de l'ensemble.

http://transversel.apinc.org/spip/article.php3?id_article=500
http://www.auto-entrepreneur.fr/

Limites de Chiffre d'affaires (pour les services) : 32 000 ?, ce qui laisse 24 000 ? soit à peine 2000? par mois (mais plus que la moitié des salariés). Pour les activités de ventes le plafond est de 80 000 ?. Lorsqu'on dépasse ces plafonds il faut passer à la micro-entreprise, avec plus de charges mais la capacité des les payer.



Fonte: http://jeanzin.free.fr/index.php?2009/03/08/174-l-auto-entrepreneur-et-la-fin-du-salariat

L'avenir radieux - 17Jul2018 18:56:24

Beaucoup en conviendront, c'est une très bonne nouvelle que l'ancien monde s'écroule. Il n'y a pas à se lamenter sur son sort mais à s'impatienter plutôt d'un effondrement d'une insupportable lenteur. Même si on doit en passer par des moments difficiles, ce qu'on nous présente comme de très mauvaises nouvelles, sont pour nous un retour plus que salutaire à la réalité, à la prise de conscience collective. Au moment du plus grand danger et malgré toutes les menaces qui s'amoncellent, on peut retrouver paradoxalement un optimisme perdu depuis bien longtemps, la Guadeloupe n'étant que la première de nos victoires dans la reconquête de tous nos droits et la réappropriation de la démocratie par ses citoyens.

Il ne faut plus en douter, c'est un avenir radieux qui s'ouvre devant nous, nous sommes dans l'An 01 d'une ère nouvelle avec tout à construire, tout à inventer, ce qui ne veut pas dire faire n'importe quoi et donner libre cours à tous les fantasmes mais, tout au contraire, pour répondre aux défis qui nous sont lancés, il nous faudra tenir compte de toutes les contraintes écologiques, économiques, techniques, sociales ainsi que de tous nos défauts, individuels et collectifs, de notre nature double et fragile, de notre besoin d'autonomie comme de solidarité.

Après avoir tenté de donner un programme minimal susceptible d'unir les revendications sociales, il est temps d'esquisser dès maintenant ce que pourrait être l'étape suivante, pas si éloignée, un programme maximum si l'on veut, afin d'en éprouver les limites et sortir des visions religieuses, idéologiques ou émotionnelles de la politique au profit d'un projet concret, d'une nouvelle organisation économique et sociale au service de l'épanouissement humain.

Pour se représenter la vie dans ce monde nouveau, il faut planter le décor d'une économie relocalisée en grande partie (pas complètement) et tournée vers les services et l'immatériel avec un retour de l'artisanat et des petits producteurs biologiques locaux.

Il ne faut pas s'imaginer qu'il n'y aura plus d'industrie ni de capitalisme. Il y aura même des industries comme le textile rapatriées, une fois la Chine tournée vers son marché intérieur et engagée vers la hausse des salaires. Simplement l'industrie ne représentera plus qu'une part minime de l'activité avec des usines très automatisées alors qu'une part de plus en plus importante d'objets seront produits localement par des imprimantes 3D ou des petits ateliers numériques reproduisant sur place des articles commandés aussi bien que des créations originales (qu'on les appelle "micro-usines personnalisées" ou fabbers ou digital fabricator), très utiles aussi pour faire des pièces détachées permettant de réparer les appareils usagés et les faire durer plus longtemps. De quoi réduire la part de l'industrie et les transports même s'il faudra toujours s'approvisionner en matières premières et que l'industrie restera compétitive dans les productions de masse.

L'agriculture devrait reprendre un peu plus de place, y compris en ville (sur les toits et entre les tours), avec de nombreux petits agriculteurs fournissant les marchés de proximité mais aussi avec le développement des jardins individuels.

Le petit artisanat sera encouragé mais l'essentiel de l'activité concernera la santé, l'éducation, la formation, la recherche, la culture, l'information, l'informatique, le divertissement, la restauration, le tourisme, etc. L'informatique se distingue des services par son caractère immatériel et sa capacité à se multiplier alors que dans les services, les personnels ne peuvent se dédoubler. En tout cas, on est là dans une économie plus écologique et humaine dont la croissance n'augmente pas forcément la consommation matérielle, on peut y veiller. Cela ne supprime pas pour autant la production industrielle qu'il faut réduire, la décroissance étant ici inévitable alors qu'elle ne concerne pas la consommation de musiques numériques notamment. Le monde de demain, c'est le monde du téléchargement et de la gratuité numérique mais de produits plus petits, plus durables et plus chers sans doute.

Les transports seront très réduits pendant la transition énergétique au moins et devront être optimisés. C'est une reconfiguration de l'espace et des circuits économiques qui doit assurer d'avoir le moins à se déplacer. Sur ce plan, les achats sur internet devraient se généraliser, sans remplacer les marchés locaux, de même que les visioconférences, sans remplacer les contacts humains.

On voit que c'est à la fois très différent de notre présent et pas si lointain malgré tout. Un petit signe peut sembler étrange, une carte de paiement SOL utilisée comme une carte de fidélité ou pour acheter des produits locaux. C'est par cette monnaie locale que se matérialise une relocalisation qui n'a besoin ni de barrières, ni de frontières. Elle permet de rendre plus concurrentielles les compétences locales, exemptées de toute taxe quand elles sont payées en monnaie locale. C'est la municipalité qui gère la monnaie, et ce n'est pas toujours facile la démocratie municipale, mais la relocalisation commence par là, par la reconstitution d'une vie démocratique locale décidée à se réapproprier son avenir et ne pas se laisser faire. Certes, il faut souvent une bonne crise pour ressouder ses liens mais le moment devrait être propice, en tout cas c'est là qu'une résistance à la débâcle générale devra s'organiser. Bien sûr, l'idée d'une monnaie municipale devra faire pas mal de chemin pour s'imposer mais, ça vient, on commence à en parler au moins...

On n'a rien vu que de très normal jusqu'à présent mais c'est qu'on ne voit pas le statut des travailleurs. La plupart ne sont plus salariés mais auto-entrepreneurs, inscrits à la coopérative municipale qui leur fournit un certain nombre de services de conseil, d'assistance, de formation, de valorisation, de financement, tous les instruments du développement humain. Poussons la porte de la coopérative même si on peut tout faire par internet, c'est un endroit sympa qui fait bar café (pour d'autres, ça peut faire aussi épicerie, restaurant, salle de sport, vidéothèque, centre culturel, studio d'enregistrement, radio, free clinic, etc.) mais on y trouve aussi une assistante sociale, des formations. On peut y apporter des objets à l'atelier de réparation ou de récupération mais on peut aussi l'échanger à la bourse locale d'échange. La coopérative est au coeur de l'animation de la commune (ou de la communauté de commune, ou du quartier selon les configurations). Si on veut travailler dans un domaine on peut en parler et trouver des partenaires pour se lancer, y rencontrer d'autres travailleurs autonomes pour s'associer dans un projet commun (tout en restant autonome). Si on n'y arrive pas, on doit trouver toutes sortes d'assistances pour mieux valoriser ses compétences ou vendre ses produits. Bien sûr, la coopérative municipale ne vise pas à concentrer toutes les activités, il y aura encore des salariés, des fonctionnaires et des commerçants dans cette économie plurielle. Elle est inévitablement le reflet des habitants de la commune, des coutumes locales et de l'état des relations sociales ou des rapports de force qui ne sont pas toujours favorables. Les formes peuvent en être très diverses. C'est principalement l'institution du développement humain et des échanges locaux, favorisant le travail autonome en sortant l'auto-entrepreneur de son isolement.

La sortie du salariat ne se voit pas, sauf peut-être dans un plus grand sentiment de liberté et d'égalité, mais il y a une chose qu'on ne devrait plus voir, ce sont les pauvres et les sdf qui se multiplient depuis peu. En effet, tout ce qu'on a vu, le développement du travail autonome ne peut être viable sans un revenu garanti qui représente une libération du travail comparable à la libération de l'esclavage, ce qui ne veut dire, on le voit bien, ni un bonheur sans fin, ni qu'on ne ferait plus rien ! Bien sûr, cela n'empêchera pas des adolescents affalés devant la télé, des alcooliques, des drogués mais un peu moins sans doute, grâce aux coopératives qui complètent le dispositif, permettant ainsi au plus grand nombre d'accéder au travail choisi tout en protégeant les plus faibles. Voilà bien ce qui est presque impossible d'obtenir directement mais qui se met en place en contre-bande, en Guadeloupe notamment. Une grève générale pourrait peut-être l'obtenir mais il faudrait pour cela que l'idée soit dans toutes les têtes, ce qui est loin d'être le cas. Pourtant on peut voir dans ce revenu d'autonomie un véritable droit à l'existence qui nous fait monter d'un cran dans notre humanité et dans nos libertés effectives, passage de la sécurité sociale au développement humain.

Il y aurait beaucoup d'autres choses à raconter sur nos futurs modes de vie et les techniques écologiques à employer. On pourrait continuer ainsi la fiction si elle ne risquait de virer au roman à l'eau de rose à ne voir que les bons côtés alors que la réalité sera inévitablement plus contradictoire et diversifiée. C'est quand même vraiment un autre monde, même s'il nous reste familier, un autre monde possible qu'il vaut le coup de construire mais qui ne changera pas fondamentalement les hommes pour autant à les rendre simplement un peu meilleurs avec de meilleures institutions et une production moins polluante. C'est du moins une véritable reconnaissance sociale de chaque citoyen et un progrès de la démocratisation. André Gorz indiquait déjà dans "Misères du présent, richesse du possible" comment ce triptyque (monnaie locale, coopératives, revenu garanti) pouvait faire système et constituer des alternatives locales à la globalisation marchande et aux multinationales. Que veut-on de plus ?

On ne parle pas ici d'abolir le marché, ni même le capitalisme, juste de sortir progressivement et volontairement du salariat. On parle de ce qui est possible et souhaitable, de donner les moyens de l'autonomie. On ne parle pas tant de confiscation des richesses que de leur distribution. La question écologique n'est pas prise ici du côté de la consommation mais de la production, pas du côté de la propriété collective mais du travailleur autonome, pas du côté du contrôle des populations mais de leur émancipation. En effet, pour défendre notre liberté et notre qualité de vie, il s'agit de partir de ce qu'on veut faire, et changer le travail pour changer de mode de vie. L'écologie de la vie quotidienne est d'abord une écologie du travail, privilégiant le travail autonome et la coopération. Qu'y a-t-il de plus important que de pouvoir choisir ce qu'on veut faire et valoriser ses compétences. Ce n'est qu'une partie de la solution sans doute et qui ne réglera pas tous nos problèmes mais l'avenir est prometteur (30 glorieuses après la crise!), le moment est propice qu'il ne faut pas laisser passer. C'est maintenant que se construisent les institutions du cycle suivant. On n'y est pas du tout encore et ce n'est pas ce dont on rêve ordinairement, tout cela reste trop exotique mais devrait malgré tout s'imposer matériellement avec la crise et ce serait pas mal quand même, de quoi retrouver le sourire et le bonheur d'être ensemble, même si ce n'est pas le paradis où tout le monde s'aime pour la vie...



Fonte: http://jeanzin.free.fr/index.php?2009/03/05/173-l-avenir-radieux

Revue des sciences 03/09 - 17Jul2018 18:56:24


Revues : Pour la Science - Sciences et Avenir - La Recherche
Brèves : Physique - Climat - Biologie - Santé - Technologie


L'histoire ne s'écrit souvent qu'après coup. En Physique au moins, il est bien difficile de nos jours de savoir lorsqu'on fait une découverte historique car il faut beaucoup de temps de vérification des données. On a peut-être eu trace du boson de Higgs, on a peut-être une confirmation de la théorie des cordes... En tout cas, malgré le retard à l'allumage du LHC, ça s'agite autour de particules exotiques. En biologie, notre connaissance de la génétique s'avère encore bien primitive puisqu'on vient seulement de découvrir que l'ADN était lu dans les 2 sens ! Il faut dire que nous ne sommes, parait-il, que des éponges évoluées, absorbant l'atmosphère ambiante. En tout cas, on a beaucoup à apprendre sur le fonctionnement du cerveau des "autistes" extraordinaires comme Daniel Tammet ("si on n'a pas d'amour, on n'a pas de génie"). Bien sûr, on trouve quelques différences dans le fonctionnement du cerveau entre hommes et femmes qui sont bien distincts biologiquement, au grand dam de certaines féministes négationnistes de la différence sexuelle, mais cela ne suffit pas à faire une pensée féminine différente de la pensée masculine, dans les sciences au moins. Malgré toutes nos différences, il y a unité de l'esprit, un monde commun. Sinon, la nouvelle révolution technologique est sûrement l'internet des objets qui devrait prendre rapidement beaucoup plus d'importance que l'internet des humains et dont les puces RFID 2.0 donnent un avant goût. Les objets réactifs ont sûrement de l'avenir aussi. Si nous avons un avenir ? On ne sait si on pourra compter sur la géoingénérie pour nous sauver d'un réchauffement déjà irrémédiable, mais on en aura besoin, ça c'est de plus en plus sûr, et le principal dossier du mois...

On trouvera une version éclatée en plusieurs articles de cette revue des sciences sur le site du GRIT-Transversales : physique - climat - biologie - santé - technologies.

<- Revue des sciences précédente



Pour la Science no 377, Le grand défi des nombres premiers


Pour la Science

- ADN :lecture à double sens, p9

Très grande découverte qui complexifie encore la génétique puisque l'ADN serait lu dans les 2 sens !

La transcription de l'ADN en ARN n'est pas un processus à sens unique : le brin d'ADN peut être lu dans les deux sens.

Lors de la transcription, par exemple pour fabriquer une protéine, les deux brins de la double hélice s'écartent au niveau du gène qui code la protéine, et laissent la place à un complexe enzymatique, l'ARN polymérase, qui reconnaît un site particulier nommé promoteur. Ce site indique le point de départ de la transcription, qui se fait ici dans le sens 3'-5'. Cependant, ce schéma n'est valable que pour les fragments d'ADN codant des protéines. Or cette fraction ne correspond qu'à deux pour cent du génome d'une cellule humaine.

Pourtant, la quasi-totalité du génome est transcrite en ARN, certains ARN étant stables, d'autres étant rapidement dégradés. Parmi les premiers, on trouve par exemple des ARN régulateurs de l'expression des gènes, ceux qui constituent les ribosomes, etc. Et l'on ignore la fonction de beaucoup...

Les biologistes ont étudié des cellules de levure (Saccharomyces cerevisiae), ces micro-organismes fonctionnant à la façon des cellules humaines, et ont analysé tout ce qui est transcrit. La plupart des régions du génome sont transcrites, plusieurs produits de ce processus l'étant à partir des mêmes promoteurs. De plus, de la majorité des promoteurs, la transcription a lieu dans les deux sens, 3' vers 5', mais aussi 5' vers 3' : en d'autres termes, le promoteur n'est pas situé à une extrémité de la séquence transcrite, mais au centre. Plusieurs des ARN fabriqués correspondraient à une sorte de « bruit transcriptionnel » : ils disparaissent rapidement sans avoir apparemment de fonction.

- Les mathématiciens responsables ?, p18
Ivar Ekeland

Aujourd'hui, grâce à la modélisation mathématique, le marché est certainement l'un des concepts les mieux compris, dans sa force comme dans ses limites : il ne répond pas au problème de la justice sociale (l'équilibre dépend de la répartition initiale des richesses), il s'applique mal aux situations où l'avenir est incertain, où la concurrence est imparfaite, où les acteurs ne partagent pas l'information, et où il y a des externalités (ma consommation influe sur celle des autres) ou des biens publics (l'environnement ou l'éducation). Cela fait quand même beaucoup, et l'on ne trouvera guère de mathématiciens qui pensent que le recours au marché est la réponse à tous les problèmes de l'économie.

Ajoutons, sur le sujet, cet article de Roubini (le nouveau gourou de la crise) :
L?échec du modèle anglo-saxon

Toutefois, si cette crise ne signifie pas la fin d?une économie de marché capitaliste, elle a montré l?échec d?un modèle particulier de capitalisme : celui du laissez-faire non réglementé (ou agressivement déréglementé), du modèle d?un capitalisme de marché du « far-west » caractérisé par l?absence de réglementation prudentielle, de supervision des marchés financiers et par l?absence de prise en charge adéquate des biens publics par les gouvernements.

Elle marque l?échec d?idées telles que celle de « l?hypothèse des marchés efficients » qui entretenait des illusions quant à l?absence de défaillances du marché, dont font partie les bulles spéculatives ; celle des « anticipations rationnelles » qui est remise en cause par les apports des études comportementales dans le domaine de l?économie et de la finance ; celle de « l?auto-régulation des marchés et des institutions » qui contredit le constat classique sur les conflits d?intérêts à l?oeuvre dans la gouvernance d?entreprise qui sont eux-mêmes exacerbés dans les sociétés financières par le plus grand degré d?asymétrie de l?information.

- Une nouvelle science : la neuromagie, p58

En fait, c'est l'étude des illusions cognitives : cécité au changement, par inattention, par distraction, par rationalisation, corrélation illusoire, auxquelles il faudrait ajouter les illusions visuelles, notamment les images rémanentes, persistance rétinienne de 100 millisecondes qui serait suffisante pour de nombreux tours...

- Une ombrelle pour la planète Terre, p67

Un nuage de parasols spatiaux ferait de l?ombre à la Terre et réduirait le réchauffement climatique. Une solution futuriste ?

La géo-ingénierie, en d'autres termes l'étude de solutions techniques pour « climatiser » la Terre, n'est pas un domaine nouveau. Dès 1965, un comité d'experts de l'environnement avertit le président des États-Unis que les émissions de dioxyde de carbone entraînent des « modifications significatives du climat » qui « pourraient avoir des effets délétères ». Ces experts ne suggèrent pas de réduire les émissions, mais de « répandre de minuscules particules réfléchissantes » au-dessus de quelques millions de kilomètres carrés d'océan, afin de renvoyer dans l'espace un pour cent supplémentaire de lumière solaire. Pour farfelue qu'elle paraisse, l'idée reste d'actualité puisqu'en 1997, le physicien américain Edward Teller (le père de la bombe à hydrogène) propose d'imiter les grandes éruptions volcaniques en injectant de fines particules dans la haute atmosphère, car la présence en altitude de ces aérosols refroidit la Terre. Nous examinerons ici une nouvelle variante de cette ancienne proposition, ainsi que deux autres projets, très futuristes, mais qui illustrent la créativité des géo-ingénieurs et le potentiel de leur discipline.

On avait parlé dès Juillet 2006 des projets de manipulation du climat qui semblaient un peu fous alors mais de plus en plus inévitables aujourd'hui ! Il est certain qu'on ne restera pas à se laisser griller sans rien faire, quand à savoir si ça marchera... Ainsi, l'effet d'un voile sur le soleil n'est pas équivalent à un effet de serre moindre, surtout au niveau des pôles la nuit, modifiant le bilan radiatif. Or la préservation des glaces polaires est un enjeu primordial. Ce sont malgré tout des phénomènes relativement courants avec les éruptions volcaniques dégageant de grandes quantités de soufre.

Soulignons que ces masses sont petites quand on les compare à la quantité de dioxyde de soufre que l'on a déjà introduites dans la basse atmosphère. Sur le plan des coûts, P. Crutzen les estime entre 25 et 50 milliards de dollars par an, ce qui reviendrait à moins de 50$ par citoyen des pays développés.

On avait aussi parlé, au mois d'octobre 2008, du brumisateur de Stephen Salter qui semble d'autant plus intéressant que "tout changement climatique est local".

S. Salter et J. Latham estiment que 1500 bateaux pulvérisant chacun 30 litres par seconde (pour un coût de 2 millions de dollars par bateau, soit 3 milliards de dollar au total) pourraient compenser le réchauffement global résultant d'un doublement du CO2.

Une autre approche vise à rendre l'eau de mer moins acide mais le plus curieux ici, c'est le projet très science-fiction d'envoyer des petits miroirs-robots autonomes au point d'équilibre entre la Terre et la Lune. Le plus fou dans l'affaire, c'est qu'on espère obtenir que différentes ondes s'annulent en retardant certains rayons par rapport à d'autres !

Pour obtenir un effet notable, il faudrait en placer des milliers de milliards à l'aide d'un canon magnétique en partie enterré et mesurant 2km de long. Il faudrait une trentaine d'années, au rythme d'un "paquet" d'un million de disques par minute environ.

Très efficaces, des moteurs à propulsion ionique emporteraient chaque lot de disques jusqu'au point de Lagrange, et ils seraient distribués à la volée, comme des cartes à jouer, pour former un nuage de 100 000 km de long, pointant vers le Soleil. Des satellites "bergers" patrouillant à proximité du nuage seraient équipés d'un système de localisation par GPS, et chaque disque serait reconduit vers le troupeau au moyen de minuscules miroirs faisant office de voile solaire s'ils tentaient de s'échapper. Les photons traverseraient les disques de nitrure de silicium, mais ceux passant par les trous auraient une petite longueur d'avance. Ainsi les photons passant par les trous et ceux traversant le matériau transparent interfèreraient destructivement !





Sciences et Avenir no 745, Dans le secret des archives de France


- L'énigme de la disparition des dinosaures

L'hypothèse d'un changement climatique à la suite d'un impact météoritique à la fin du crétacé (-65 millions d'années) ne suffirait pas à justifier à elle seule les causes de l'extinction des dinosaures.

Ces dinosaures se sont non seulement adaptés au froid, mais ont surtout su s'acclimater à la nuit polaire et donc à une alimentation moins variée et moins riche de longs mois de l'année.

La véritable raison de la disparition des dinosaures est donc encore à découvrir, car d'autres reptiles à sang froid (crocodiles, tortues, lézards) ont passé sans encombre la limite du crétacé tertiaire.

Sutout, qu'il n'ont pas tout-à-fait disparus mais il ne reste que les oiseaux. Le fait de voler ayant été décisif pour échapper au feu, au sulfure d'hydrogène, à la cendre, aux mammifères qui mangeaient leurs oeufs ?

- Parkinson, maladie auto-immune

Un dérèglement immunitaire, comme l'inflammation dans l'Alzheimer, pourrait constituer la véritable cause de la maladie de Parkinson car ce n'est pas une maladie génétique bien qu'elle dépende de l'âge (de l'inhibition des processus de réparation).

En s'infiltrant dans le cerveau, des cellules du système immunitaire, les lymphocytes T, contribueraient à détruire les neurones atteints dans la maladie de Parkinson.

Nous avons déjà montré que les neurones meurent par apoptose ou mort programmée au cours de la maladie. Et nous savons maintenant que les lymphocytes T sont bien capables de déclencher cette apoptose.

Pour arriver aux endroits précis où le cerveau est atteint, les lymphocytes T doivent recevoir un signal d'accès, à partir des vaisseaux sanguins voisins. Notre objectif est désormais de neutraliser ce signal pour bloquer la destruction des neurones par le système immunitaire.

PLUS DE 120 000 personnes sont atteintes par la maladie en France, dont 55% d'hommes.11 000 nouveaux cas environ et 3500 décès sont dus à la maladie chaque année.3% des plus de 75 ans environ sont atteints, et 1% des plus de 65 ans; elle est rare avant 40 ans.LES FORMES FAMILIALES constituent moins de 10% des cas.

- Schizophrénie et troubles bipolaires

Grâce à une très vaste enquête épidémiologique compilant les données médicales de plus de 9 millions d'individus aux liens de parenté connus, des chercheurs suédois ont découvert des déterminants génétiques communs à la schizophrénie et aux troubles bipolaires (psychose maniaco-dépressive). Ils suggèrent même dans leur article publié dans The Lancet que des liens existent entre les deux pathologies.

- Les prématurés font des adolescents à risque

Des études récentes, comme Epipage de l'Inserm, ont montré que les grands prématurés ont un risque important de troubles cognitifs et psychomoteurs au cours de la petite enfance. Les données les plus récentes des registres suédois, sur plus de 500 000 sujets, confirment, elles, que la prématurité est associée à une augmentation du risque de troubles psychiques nécessitant une hospitalisation chez l'adolescent. Le risque de psychose, de tentative de suicide ou de conduite addictive entre 8 et 30 ans est d'autant plus grand que l'âge gestationnel était faible.

Comparativement à ce que l'on observe pour des sujets nés à terme, le risque d'admission en service psychiatrique est augmenté de plus de 50% pour un âge gestationnel de 24 à 32 semaines et de 20% pour un âge gestationnel de 33 à 36 semaines. Pour les prématurés légers (âge gestationnel de 37 à 38 semaines), le risque reste supérieur de 8%.

- L'arrêt du charbon a réchauffé le climat

La baisse de l'utilisation de ce combustible dans les années 1960 en Europe de l'Ouest, et après la chute du mur de Berlin en 1989 à l'Est, coïncide avec une augmentation moyenne des températures de 0,5 °C par décennie contre 0, 27 °C sur les autres continents. «L'arrêt des émissions est responsable de 20% du réchauffement sur l'Europe de l'Ouest et de 50% sur l'Europe de l'Est», conclut Robert Vautard.






Brèves et liens




Physique


cosmologie, astronomie, physique quantique


- Le boson de Higgs détecté au Fermilab ?

On ne sait pas encore si on l'a vraiment détecté car le dépouillement des données prend des mois. Son existence étant très controversée (je fais partie de ceux qui n'y croyaient pas), ce serait une très grande nouvelle même si le boson de Higgs ne pourra être vraiment étudié qu'au LHC à des énergies supérieures. Cet article vaut surtout pour sa présentation imagée du mécanisme de Higgs d'une résistance de l'espace à l'accélération, comparée d'habitude au déplacement dans une foule :

Cette particule scalaire serait responsable de la masse des particules de l?Univers observable depuis le moment où celui-ci s?est suffisamment refroidi pour que se produise une transition de phase, analogue au passage de la vapeur à l?eau liquide. En effet, si l?on s?imagine que le champ associé au boson de Higgs était l?analogue de la vapeur d?eau dans l?Univers primordial, les quarks et les leptons pouvaient alors se déplacer comme s'ils étaient sans masse car le champ de Higgs n?offrait alors pas de résistance notable aux mouvement des particules. Tout a changé lors de son refroidissement. En poursuivant cette analogie, il est devenu l?équivalent de l?eau liquide.

On se déplace moins facilement dans un liquide que dans un gaz ténu... Pour des particules comme l?électron, cette résistance au mouvement est donc l?analogue de l?apparition d?une force de frottement. Mais au lieu d?être proportionnelle à la vitesse, elle est proportionnelle à l?accélération. Avec cette explication, très simplifiée, on peut donc se rendre compte de ce qu?est le boson de Higgs.

- La preuve de la théorie des cordes ?

Non, pas vraiment, mais quand même ! Des étonnantes similitudes de comportement (liquide parfait) entre des phénomènes aussi éloignées que le Big Bang ou des atomes ultrafroids semblent donner raison à la théorie des cordes. Il faut dire que celle-ci étant principalement une généralisation mathématique unifiant toutes les forces, on peut comprendre qu'elle mette en valeur des comportements identiques entres différents processus (y compris les supraconducteurs et l'évaporation des trous noirs!), un peu comme les fractals. Tout cela reste incompréhensible au commun des mortels.

Lors d'un récent colloque de l?American Association for the Advancement of Science (AAAS), des physiciens de trois branches différentes ont fait le point sur une spectaculaire convergence apparue il y a quelques années entre la physique des atomes ultra-froids et celle des collisions d?ions lourds, recréant les températures infernales du plasma de quarks du Big Bang. Le lien commun est la théorie des cordes...

Il semble bien que l?on soit là en présence de correspondances profondes entre des théories et des systèmes physiques très différents. D?un coté la théorie des interactions fortes entre quarks, de l?autre la physique de la matière condensé avec des atomes et finalement, faisant un lien mathématique entre eux, la théorie des cordes sous la forme de la conjecture de Maldacena.

On reste pantois devant le fait qu?un système refroidit à 10-7 K puisse renseigner sur ce qui se passe dans un système porté à 1012 K. Ce dernier étant en effet dix milliards de milliards de fois plus chaud !

Les physiciens durent se rendre à l?évidence, le plasma de quarks-gluons, encore appelé quagma, qu?ils observaient dans les collisions de RHIC se comportait comme un fluide parfait ! La « boule de feu » créée entraient alors en expansion à la façon d?un ellipsoïde d?un fluide à la viscosité presque nulle, à la façon de l?hélium superfluide donc.

Ainsi, l?évaporation d?un trou noir dans un espace-temps à 10 dimensions avec un rayonnement de corps noir se trouve reliée mathématiquement aux phénomènes se déroulant lors de la formation d?un plasma de quarks-gluons. Rapidement en effet, la boule de plasma devient une sorte de boule de mésons pi et de hadrons chauds, s?évaporant selon la même loi du corps noir mais dans un espace-temps à quatre dimensions.

Remarquablement, il existe un système physique qui doit lui aussi se comporter comme un liquide presque parfait et conduire à l?analogue de l?expérience de RHIC. Il s?agit d?un gaz d?atomes de lithium ultra-froids piégés à l?aide de lasers.

On commence donc par refroidir à l?intérieur d?un piège optique ces atomes qui forment alors des paires de Cooper, comme les électrons dans un supraconducteur. Plongées dans un champ magnétique adéquat, les interactions entre les paires d?atomes disparaissent à l'exception d'effets quantiques et le tout se comporte comme un fluide quantique parfait. Si l?on coupe les lasers, les atomes de lithium confinés en boule entrent en expansion à la façon du quagma dans les expériences de RHIC. La boule prend rapidement la forme d?un ellipsoïde.

- Le retour de l'axion

L'axion est une particule hypothétique dont on reparle régulièrement car les équations de la QCD (ChomoDynamique Quantique) semblent imposer son existence mais les expériences ont toujours échoué à la détecter. La nouvelle hypothèse sur son rôle dans les rayons gamma n'a rien de décisif mais, en physique, ce sont ces questions irrésolues qui sont les plus passionnantes.

Dans le cas des interactions fortes entre quarks transmises par l?analogue des photons, les gluons, deux termes devraient y être présents. Cependant, si le premier terme est bien constaté expérimentalement, le second ne l?est pas. Il conduit en effet à l'existence d?un moment dipolaire électrique pour le neutron? jamais observé.

Pour éliminer l?influence de ce second terme, un autre champ de particules fut postulé. Remarquablement, il pouvait servir à expliquer la présence de la matière noire. Parce que l?introduction de cette nouvelle particule résolvait le problème dont était entachée la théorie de la QCD, le prix Nobel de physique Franck Wilczek la baptisa du nom d?une marque de lessive, axion...

Cette particule, que même le Soleil doit produire, doit être très légère et interagir très faiblement avec la matière pour être passée inaperçue dans les expériences en accélérateurs. Toutefois, elle se manifesterait, si elle existait, par un phénomène remarquable. En envoyant un faisceau laser en direction d?une paroi opaque devant laquelle règne un puissant champ magnétique, une partie des photons du laser se transformeraient en axions capables de traverser aisément la paroi pour ensuite être retransformés en photons éclairant un écran derrière la paroi.

Les rayons gamma à ultra hautes énergies semblent se déplacer plus facilement que prévu sur des distances cosmologiques. Cette énigme suggère à certains théoriciens l?existence de particules analogues à l?axion. Couplées aux champs magnétiques des galaxies, ces hypothétiques particules rendraient compte de la surprenante transparence de l?Univers pour les photons gamma.

En voyageant sur de longues distances cosmologiques, la probabilité d?une création de paires de photons par les rayons gamma n?est pas négligeable et devrait conduire sur Terre à un faible flux de ces rayons, plus faible que ce que l?on observe.

Pour expliquer cette transparence trop élevée, deux groupes de physiciens ont eu l?idée de faire intervenir la conversion des photons gamma en axions dans les champs magnétiques galactiques. Cela semble de prime abord résoudre le problème.

Sauf que pas vraiment mais "On ne devrait pas tarder à en savoir plus" !

- Et la soeur caméléon de l'axion...

Particule hypothétique, l?axion constitue peut-être une partie de la matière noire. Une autre particule hypothétique, lui ressemblant beaucoup, dont la masse et l?effet sur les particules de matière normale pourraient varier en fonction de la densité de matière, pourrait, elle, expliquer l?énergie noire.

Rappelons que l?énergie noire ne semble se manifester qu?à des distances énormes, au niveau des amas de galaxies, et qu?elle accélère l?expansion de l?Univers. Elle se comporte donc comme une sorte d?anti-gravité.

Selon Khoury et Weltman, on pourrait imaginer que la particule soit massive et avec un couplage très faible au niveau du système solaire et des galaxies, mais au contraire légère et avec un couplage fort au niveau des amas de galaxies, là où la densité de matière est beaucoup plus faible. Ceci permettrait alors de réconcilier les observations. S?adaptant selon son environnement, une telle particule a donc tout naturellement été nommée une particule caméléon.

Les équations proposées par Khoury et Weltman décrivent un champ scalaire qui ressemble beaucoup à un autre invoqué pour résoudre la problème de la matière noire, en l'occurrence l'axion.

Il s?agit toujours de la technique consistant à faire passer un faisceau laser dans un lieu où règne un fort champ magnétique. En l?occurrence, en pénétrant dans une chambre à vide aux parois massives plongée dans un champ magnétique intense, les photons du laser se convertiraient en partie en particules caméléons massives. Ce faisant, à cause de la conservation de l?énergie, elles ralentiraient fortement et resteraient un certain temps dans la chambre à vide. Or, si l?on coupe le faisceau laser mais que le champ magnétique existe toujours, les particules peuvent redevenir des photons que l?on peut détecter avec un photomultiplicateur à la sortie de la chambre à vide.

- Des neutrons qui tournent autour du noyau

La structure en halo du noyau exotique 11Be révèle un neutron orbitant selon les principes de la mécanique ondulatoire autour d'un noyau de 10Be. Le rayon de l'orbite, 7 femtomètres, est presque 3 fois supérieur à celui du noyau central.

Bien que la description probabiliste sous la forme de fonctions d?onde rende compte de la structure de tels halos de neutrons, leur existence même est paradoxale et doit provenir de propriétés encore mal comprises des forces résiduelles entre quarks et gluons, responsables des liaisons entre protons et neutrons dans les noyaux.

En effet, ces neutrons se trouvant souvent hors de la zone ou classiquement s?exerce la portée des forces nucléaires mésoniques, ils ne devraient pas être liés aux noyaux et pourtant ils le sont !


- Une nouvelle vue des restes de la supernova de Tycho

Elle montre la scène plus de quatre siècles après l'explosion brillante de l'étoile dont Tycho Brahe et d'autres astronomes de cette époque ont été les témoins.

- La Lune manque d'eau

Dans une série de quatre articles, les chercheurs japonais font le bilan des observations et des mesures effectuées grâce à la sonde Kaguya-Selene, la plus importante mission lunaire depuis le programme Apollo, lancée en 2007. Comme le prédisait la théorie de sa formation, la Lune semble bien très pauvre en eau.

Il y a 4,533 milliards d'années, soit environ 34 millions d'années après la formation de la Terre, une petite planète de la taille de Mars (6.500 km de diamètre) aurait heurté la Terre. L?impact se serait fait tangentiellement, arrachant une partie du manteau terrestre. La violence du choc aurait conduit à la fragmentation complète et à une vaporisation importante de ce corps céleste qui a été baptisé Théia.

Probablement déjà différentié, le noyau ferreux de Théia se serait incorporé à celui de la Terre et un océan de magma aurait recouvert notre planète. Pendant ce temps, une partie du matériau du manteau terrestre et des restes de Théia seraient restés en orbite autour de la Terre où ils auraient fini par s?accréter pour former notre satellite.

Or, cette absence d'eau est précisément ce à quoi on doit s?attendre si la Lune provient bien de l?accrétion du matériau de Théia. Portée à de hautes températures par le choc, cette planète a dû perdre ses composants volatils dont, notamment, l?eau.

- Mesure de Titania : les astronomes amateurs plus forts que Voyager !

J'ai mis la brève à cause de l'image, même si le rôle des amateurs dans la science est à souligner, surtout en astronomie (mais pas seulement).

En 2001, une centaine d?astronomes amateurs et quelques professionnels ont suivi l?occultation d?une étoile particulièrement brillante, SAO 164538, par Titania, l?un des satellites d?Uranus. Résultat étonnant : ces observations ont permis de surpasser en précision la détermination du diamètre de cette lune effectuée lors de son survol par la sonde Voyager 2. Mieux encore, de nouvelles bornes sur la présence d?une éventuelle atmosphère ont aussi été obtenues.


- Le graphane, du graphène avec de l'hydrogène

Aujourd?hui, les deux co-découvreurs du graphène en 2004, Andre Geim et Kostya Novoselov, viennent d?étendre encore le champ des applications du graphène en trouvant le moyen de lui ajouter des atomes d?hydrogène. Par analogie avec les alcanes, les molécules de carbone hydrogénées comme le méthane ou le propane, on appelle ce nouveau matériau du graphane.

Ce matériau avait était prédit théoriquement il y a quelque temps par Jorge Sofo. La structure produite rappelle celle du diamant et comme on s?y attendait, le graphane est aussi un isolant. Les circuits électroniques sont des assemblages de conducteurs et d?isolants et il est intéressant de voir la perspective dans un avenir proche d?obtenir à volonté des composants de ce genre à partir d?un seul matériau de base. Les chercheurs pensent ainsi partir d?un feuillet de graphane qui pourrait être en quelque sorte gravé avec une pointe appropriée libérant les atomes d?hydrogène. On aurait ainsi de véritables circuits conducteurs en graphène tracés sur du graphane. Plus généralement, le graphane pourrait porter des zones conductrices, semi-conductrices et isolantes. On n?en est pas encore là...

Une autre application intéressante est que le processus de fixation des atomes d?hydrogène à l?aide d?un courant de gaz et de décharges électriques sur le graphène peut être inversé simplement en chauffant le graphane. En puissance, on aurait là un matériau permettant de stocker dans un faible volume de grandes quantités d?hydrogène facilement libérable. Ce serait donc une clé importante pour des voitures à hydrogène sûres et fiables. Le problème est que si l?on peut fabriquer facilement de la poudre de graphène, des feuillets de quelques centimètres carrés coûtent des sommes astronomiques dépassant largement le million de dollars.


Climat


Climat, écologie, énergies


- L?Australie, première nation victime du changement climatique ?

La vague de chaleur sans précédent qui frappe le sud de l?Australie manifeste-t-elle les prémices d?une évolution climatique rendant à terme la situation intenable sur ce continent qui est déjà l?une des régions les plus sèches du monde ? Une étude scientifique qualifie l?écosystème australien de « potentiellement le plus fragile » face à cette menace.

Des feuilles qui tombent des arbres en plein été, des voies ferrées tordues par la chaleur, des habitants se réfugiant dans leur lit avec des thermos remplies d?eau glacée, voilà le spectacle qu?offrait l?Australie durant ces derniers jours où elle subit la pire canicule que le pays ait connue.

Le froid relatif ici et la canicule là-bas pourraient être reliées à La Niña ?

- La Niña faiblit, retour des grandes chaleurs ?

Le phénomène climatique La Niña et son pendant El Niño s?inscrivent dans un vaste ensemble de mouvements atmosphériques et hydrologiques qui intéressent l?ensemble du globe terrestre. En partie responsable de la vague de froid actuelle sur l'Europe, il est en train de faiblir.

« Comme les paramètres de La Niña sont en train de faiblir, les prévisions les plus probables sont neutres pour la période mars-mai », précise l?OMM dans un communiqué, ajoutant que ceux-ci devraient atteindre un point d?équilibre de mars à mai 2009, ce qui rend les prévisions futures très incertaines.

Il fera sans doute de nouveau bien trop chaud, en espérant que cela fasse taire les négationnistes qui n'y connaissent rien (mais pas les très rares sientifiques dissidents dont on a besoin pour éprouver les hypothèses).

- Les conséquences seraient très sous-estimées

Il faut bien dire que la partie semble perdue d'avance même si on inversait la tendance. D'où les tentatives désespérées de voiler le ciel...

Plusieurs conséquences du réchauffement climatique en cours s?avèrent bien plus critiques que ce qui avait été prévu à l?origine, amenant les scientifiques à revoir l?évaluation des risques.

En conclusion, il est de plus en plus évident que même les plus légères augmentations de la température moyenne au-dessus des valeurs de 1990 peuvent dérégler le système climatique dans son ensemble avec le risque d?incidences très importantes s?étalant sur plusieurs siècles, comme la fonte accélérée des glaces du Groenland avec de multiples conséquences irréversibles sur l?environnement (réchauffement en cascade par réduction de l?effet d?albédo, injection d?eau douce dans la mer entraînant la suppression, voire l?inversion de courants marins, hausse du niveau océanique, etc.).

Selon le rapport, il y a nécessité absolue de limiter le réchauffement climatique à deux degrés par rapport aux moyennes de 1990 sous peine de modifications climatiques graves et irréversibles.

Il y a seulement une semaine, Christopher Field, directeur du Department of Global Ecology de la Carnegie Institution de Washington, avait déclaré lors de la réunion annuelle de l'Association américaine pour le progrès de la science que l?augmentation des rejets de CO2 dans l?atmosphère était passée de 0,9 % par an dans les années 90 à 3,5 % par an depuis l?an 2000.

L?étude actuelle avait été précédée de deux autres, soulignant déjà la sous-estimation du risque climatique.


- Les forêts tropicales absorbent davantage de CO2 qu'on ne le croyait

Confirmation de ce qu'on avait déjà vu, le bilan des forêts du nord pouvant être négatif au contraire des forêts tropicales qui sont notre poumon.

Une étude internationale vient de démontrer que les forêts humides stockent plus de carbone qu'elles n'en libèrent. Elles absorberaient actuellement près d'un cinquième des émissions humaines de gaz carbonique.

Manifestement, le problème se pose différemment selon la latitude. Pour les régions au climat tempéré, une étude récente montrait même qu'un reboisement pourrait réchauffer l'atmosphère.

Selon les auteurs, l'ensemble des forêts tropicales du monde absorberaient environ 18% des émissions de gaz carbonique d'origine humaine.

L'un des co-auteurs, Lee White, a pragmatiquement calculé la valeur financière de ces 4,8 millards de tonnes, compte tenu d'un « prix réaliste de la tonne » : 13 milliards de livres par an, soit environ 15 milliards d'euros. La lutte contre la déforestation paraît donc, encore plus qu'on ne le pensait, un moyen efficace de réduire l'impact des activités humaines sur le climat planétaire.


- L'océan était peut-être plus haut de 21 mètres il y a 400.000 ans !

D'une part cela signifie que les températures étaient beaucoup plus élevées il y a 400 000 ans et qu'on pourrait les atteindre à nouveau mais aussi qu'on risque une montée des mers bien supérieure aux prévisions actuelles. A l'opposée, les trous bleus des Bahamas représentés ici, prouvent que le niveau de l?océan était de 100 à 120 mètres plus bas que de nos jours pendant la dernière glaciation, la montée des eaux suite au réchauffement ayant produit plusieurs déluges mémorables...

Un ornithologue et un géologue américains pensent avoir trouvé des preuves convaincantes de ce qu?ils avançaient il y presque 10 ans. Des dépôts découverts dans une carrière de calcaire des îles Bermudes montreraient que le niveau des océans était probablement plus élevé de 21 mètres il y a environ 400.000 ans.

On aurait tort de considérer comme absurde la possibilité de la variation du niveau des océans d'une telle ampleur. Nous avons des preuves indiscutables que la Nature a fait bien mieux pendant la dernière glaciation. En effet, les trous bleus des Bahamas sont des dolines, creusées à cette époque à l'air libre par l'érosion, et certaines contiennent même des stalactites, comme on peut le voir dans l?un des films du commandant Cousteau. Ils indiquent que le niveau de l?océan était alors de 100 à 120 mètres plus bas que de nos jours.

- L'effet de la tectonique des plaques sur le climat

Le rôle de la tectonique des plaques dans les modifications du climat et l'ensemencement des mers est compris depuis peu. Il s'agit d'essayer d'en faire l'histoire.

Ainsi, à partir de 50-40 Ma, la subsidence (abaissement) des seuils continentaux a rendu possible la mise en route d'une proto-circulation circumpolaire Antarctique, ce qui coïncide avec les enregistrements isotopiques montrant le début du refroidissement global dès cette époque. Puis sur chaque seuil, des dorsales océaniques ont fonctionné après la distension continentale, ouvrant franchement le passage Tasmanie-Antarctique à partir de 34 Ma, puis le Passage de Drake à partir de 29 Ma.

Les auteurs examinent les effets d'une telle constriction sur la circulation océanique globale et envisagent une diminution de l'efficacité du courant circumpolaire Antarctique, entrainant à son tour un ralentissement de la circulation thermohaline se traduisant par un réchauffement des eaux de fond océanique, bien visible sur l'enregistrement isotopique.

- MARGO: Améliorer la fiabilité des modèles climatique

C'est l'enjeu prioritaire, d'avoir des modèles plus fiables, ce qui est une gageure car on a affaire à des systèmes chaotiques imprévisibles où l'oubli d'un facteur secondaire peut tout changer. S'il y a imprévisibilité, il y a malgré tout des bornes et des cycles tout ce qu'il y a de plus prévisible, comme le fait qu'il fait plus froid en hiver, le climat étant plus stable que la météo.

Reconstruire les climats passés pour mieux comprendre le présent et prévoir le futur, tel est l'objectif principal du projet MARGO, dont les résultats viennent d'être publiés dans Nature Geoscience. Pour y parvenir, une collaboration internationale réunissant notamment des chercheurs français a mis au point une reconstitution des températures de l'océan au cours du dernier maximum glaciaire, survenu il y a environ 20 000 ans, avec une fiabilité et une précision sans précédent. Grâce à cet ensemble unique de données, les chercheurs ont pu identifier certaines faiblesses des modèles climatiques utilisés par le GIEC. MARGO constitue donc un outil précieux permettant de parfaire ces modèles et mieux anticiper les changements à venir.

- Un jeu gratuit, Clim'City

Le jeu ClimCity, basé sur le très connu SimCity, est donc un jeu de simulation en ligne et gratuit du développement d?une ville dans le contexte du réchauffement climatique. Dans le cas présent, l?élément décisif est en effet la réduction des émissions de CO2 afin de ménager un climat déréglé. Imaginé par Cap Sciences, le centre de culture scientifique d?Aquitaine, le projet a réuni plusieurs acteurs publics comme l?Ademe et la Région Aquitaine. Avec Clim?City, le joueur dispose de 50 ans et de 250 actions pour sauver la planète du réchauffement climatique et de ses conséquences. Et ce n?est pas de trop. Le jeu est complexe et il est très difficile de gagner, mais comme l?admet le concepteur, « ça fait partie de la prise de conscience »?


Biologie


évolution, génétique, biodiversité, éthologie, anthropologie, neurologie


- Complexification par redondance

Il semblerait que la duplication de gènes soit à l'origine de l'évolution et de la diversification des primates au moins dont l'ancêtre aurait 12 millions d'années, mais il n'est pas exclu que ce soit un mécanisme plus général, non pas seulement une complexification par perte de redondance (comme le théorisait Henri Atlan) mais une redondance qui permet ensuite une complexification en introduisant des variations adaptatives. Non seulement la redondance permet d'être plus résistant à une altération du gène mais elle favorise son évolution. On sait en effet que pour les organismes complexes la probabilité qu'une mutation génétique soit bénéfique est presque nulle, ce pourquoi le mécanisme de l'évolution se réduit inévitablement au bricolage, avec une bibliothèque de fonctions donnée, en agissant sur les gènes architectes et des facteurs de taille ou de temps mais la réplication offre une voie plus ouverte. On pourrait en tirer des conséquences pour les organisations où la redondance, le doublement de certains services, pourrait constituer une méthode douce de transition et d'évolution par différenciation ?

- L'auto-organisation des ribosomes

Le ribosome, c'est la vie, c'est la production de protéines par des ARNs. C'est même la taille du ribosome qui limite la taille de cellules vivantes qui ne peuvent être nanométriques. C'est sans doute le miracle de la vie que le ribosome s'auto-assemble mais c'est le résultat d'une sélection, ce n'est pas une propriété naturelle mais la rétroaction de l'effet sur la cause.

Le ribosome est une véritable machine moléculaire chargée de décrypter le code génétique porté par l?ARN messager et de synthétiser les protéines correspondantes. Ces protéines assurent toutes les fonctions, y compris la reproduction du génome lui-même.

Selon les normes des molécules biologiques, les ribosomes sont immenses. Et vu leur taille, les scientifiques se demandaient s?ils pouvaient provenir d?un processus d?assemblage spontané comme les autres molécules primitives simples. C?est ce qu?affirme le Pr Steinberg dans la revue Nature de cette semaine. Selon lui, le ribosome est organisé selon un ensemble de règles structurelles simples et il fallait qu'il soit assemblé à partir de motifs structuraux fondamentaux dans un ordre très spécifique

La construction du ribosome s'est probablement faite selon une série ordonnée d'étapes, pour former la structure trouvée dans la première cellule vivante et qui n?a pratiquement pas changé depuis . « Même si le ribosome est une structure complexe, il présente une hiérarchie très nette qui s'est dégagée des principes chimiques fondamentaux ».

- Les animaux descendent des éponges

Nous ne serions donc que des éponges, imprégnés du monde extérieur, absorbant sa substance de toutes les pores de notre peau et par tous nos sens.

Les plus anciennes traces de vie animale auraient été mises en évidence par des chercheurs dans des sédiments vieux de 635 millions d?années forés sous la péninsule arabique, dans le bassin d?Oman. Le biomarqueur identifié place des éponges primitives aux racines de la vie animale.

Ils ont cherché la trace d?un stéroïde particulier (24-ipc) dont l?unique source serait certaines espèces d?éponges (Demosponges). Or en suivant la piste du 24-ipc dans les sédiments, les chercheurs sont remontés loin, avant la faune d?Ediacara, avant même la fin de la glaciation qui aurait transformé la Terre en «boule de neige» période a priori peu propice au développement de la vie.

« Nos découvertes suggèrent que l'évolution des animaux multicellulaires a débuté bien plus tôt que nous le croyions. Nos théories convergent à présent vers une divergence de la faune multicellulaire complexe qui aurait débuté sur le fond océanique à faible profondeur à une période comprise entre 635 et 750 millions d'années ».

Voir aussi Futura-Sciences.

- Un dinosaure omnivore était l'ancêtre des diplodocus

Un squelette d'un dinosaure très particulier a été découvert en 2006 dans la célèbre Vallée de la Lune du Parc naturel d?Ischigualasto en Argentine. Panphagia protos, dont un article de Plos One révèle les caractéristiques, est l?un des chaînons manquants entre les dinosaures carnivores et les dinosaures herbivores. C?était il y a environ 228 millions d?années...

Malgré des caractéristiques de carnivore, ses dents et certains de ses os l?apparentaient clairement aux sauropodes, les dinosaures herbivores géants. C?est pourquoi les deux chercheurs lui ont donné le nom de Panphagia protos, Panphagia signifiant omnivore en grec et protos, le premier.

Il semble en effet que l?explication la plus probable est qu?il s?agissait d?un dinosaure omnivore capable de se nourrir de végétaux en cas de disette. Ce serait donc un des ancêtres directs des sauropodomorphes, un sous-ordre des saurischiens qui comportaient les dinosaures herbivores quadrupèdes et bipèdes comme les diplodocus et les brachiosaures.

- Les ptérosaures respiraient comme les oiseaux !

Un bel exemple de convergence, c'est-à-dire de sélection des mêmes mécanismes par un environnement qui sculpte pareillement des organismes différents (faisant par exemple ressembler les dauphins à des poissons).

Lorsqu?on pense au monde des dinosaures et plus précisément aux animaux volants de cette époque, deux exemples viennent tout de suite à l?esprit : l?archéoptéryx et le quetzalcoatlus. Alors que l?archéoptéryx peut bien être considéré comme un dinosaure et qu?il descend des théropodes, il ne peut en être de même pour les ptérosaures de l?époque, comme quetzalcoatlus, un reptile volant de 12 mètres d?envergure dont les premiers restes ont été découverts en 1971 au Texas.

Malgré tout, si l?on savait déjà que certains dinosaures respiraient comme les oiseaux, Leon Claessens, professeur assistant en biologie au College of the Holy Cross de l?université de Leicester, et Patrick O?Connor, professeur assistant en sciences biomédicales à l?université de l?Ohio, viennent de montrer que certains ptérosaures possédaient aussi un système respiratoire semblable à ceux des oiseaux modernes.

- Découverte d?un serpent géant

Au Nord de la Colombie, sur le site de Cerrejon (une mine de charbon à ciel ouvert) des chercheurs de l?institut Smithsonian de recherche tropicale du Pana et de l?université de Floride ont découvert des vertèbres fossiles d'un serpent géant qui vivait il y a 60 millions d?années environ, dans la forêt tropicale colombienne. La taille des vertèbres de Titanoboa cerrejonensis indique un poids probable supérieur à une tonne pour une longueur d?environ treize mètres.

Selon les chercheurs, le Titanoboa pour atteindre cette dimension devait vivre dans un environnement où la température moyenne annuelle oscille entre 30 et 34°c. Les forêts tropicales devaient être à l'époque de trois à quatre degrés plus chaudes qu'elles ne le sont aujourd'hui. Cette estimation qui correspond à la prédiction des modèles paléoclimatiques permet de rejeter l?hypothèse selon laquelle la forêt tropicale agit comme un « thermostat » et prévoit que les températures tropicales restent relativement stables alors que d'autres parties du monde se réchauffent.


- Quand les baleines naissaient sur la terre ferme

Les fossiles d?une femelle et d?un mâle mis au jour en 2000 et en 2004 au Pakistan, par l?équipe du paléontologue américain Philip Gingerich (université du Michigan), sont équipés de grosses dents parfaites pour la pêche sous-marine. De plus leurs quatre membres sont bien adaptés à la nage mais pas à de longs déplacements sur la terre ferme. Même si ces pattes pouvaient supporter le poids de leur corps, elles ne permettaient sans doute pas à ces archéocètes d?aller bien loin du rivage.

Pourtant, c?est hors de l?eau que leurs petits voyaient le jour, ont découvert les chercheurs. La femelle a en effet été fossilisée avec un f?tus dans son ventre, orienté de telle sorte que la tête sorte la première, comme pour les mammifères terrestres, soulignent Gingerich et ses collègues, qui publient leurs travaux dans la revue PLoS One. La femelle devait donc probablement venir sur le rivage pour mettre bas.

- La recette de la seiche, à la façon des dauphins !

En Australie, des dauphins préparent les seiches avant de les manger, selon un rite culinaire peut-être enseigné aux jeunes et consistant à éliminer l'encre et l'os. Ce comportement a pu être minutieusement observé en pleine eau, une chance rarissime dont a pleinement profité une équipe de zoologistes.

Comment tuer une seiche géante et la préparer pour en faire un bon repas : Foncer sur l'animal (A). Le frapper violemment en s'aidant éventuellement du fond sableux (B). Remonter la seiche (C). La secouer énergiquement jusqu'à ce que toute l'encre soit sortie (D). La transporter vers un fond sableux et la frotter pour déchirer la peau dorsale et extraire l'os (E). Servir immédiatement (F).


- Un poisson au crâne transparent !

Des océanographes chanceux ont observé et même remonté à bord un étonnant poisson abyssal, dont le crâne est transparent. Ses yeux peuvent regarder vers le haut, à travers le crâne, donc, mais aussi vers l'avant pour gober ses proies.

Vu de près, Macropinna microstoma exhibe son crâne transparent qui laisse voir ses deux yeux ? les demi sphères vertes. Les protubérances au-dessus de la bouche sont des organes olfactifs.

On peut voir une vidéo.

- Surmortalité des abeilles : plus de 40 causes !

J'avais souligné déjà la multiplicité des causes dans "La maladie de la disparition", il y a 2 ans, ce qui serait confirmé, avec un plus grand rôle sans doute d'un acarien mortel (Varroa destructor) qui ne serait pas assez traité. L'association avec un virus est peut-être sous-estimé ici. A noter que d'autres études s'étonnent que cette surmortalité n'ait pas encore d'impact décelable dans la pollinisation.

L?Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) vient d?en publier les résultats dans un rapport, sous le titre « Mortalités, effondrements et affaiblissements des colonies d'abeilles », qui désigne cinq catégories de responsables et une quarantaine de causes distinctes. La place de choix revient aux agents biologiques, c?est-à- dire les divers prédateurs, parasites, champignons, bactéries, virus. Et en particulier au Varroa destructor.

Pierre Testud, du réseau Biodiversité pour les abeilles, se réjouit de voir le varroa spécifiquement désigné, car il est une des causes principales de mortalité, alors qu?un traitement existe mais n?est appliqué que par un apiculteur sur quatre.

La dégradation de l?environnement, ainsi que la perte de biodiversité induite par l?agriculture intensive entre aussi pour une part importante dans la surmortalité en privant les abeilles de plantes à butiner.


- Erectus marchait comme nous

Dès qu'Erectus a pu marcher comme nous, il est allé au bout du monde !

L'analyse d'empreintes de pied laissées dans un sable fin près d'Ileret, au Kenya, suggère que l'un de nos ancêtres avait déjà, il y a plus de 1,5 million d'années, une démarche moderne.

Les empreintes d'Ileret étudiées par balayage laser montrent qu'elles ont toutes les marques du pas humain moderne : un pied arqué, un gros orteil dans le prolongement du reste du pied et un transfert caractéristique du poids du talon vers le métatarse et le gros orteil durant la marche. La taille, l'espacement entre les pas et la profondeur des empreintes qui permettent respectivement d'estimer la démarche, la foulée et le poids de leurs auteurs sont tous dans les normes des humains modernes.

Erectus est le premier homme préhistorique à s?être déplacé sur de grandes distances, jusqu?à migrer hors d?Afrique. Sa bipédie « moderne » explique sans doute cette capacité.

- Pas de trace de croisements dans l'ADN de Néandertal

Cela confirme les hypothèses de "L'émergence de l'humanité". S'il y a eu disparition de Néandertal sans mélange, c'est sans doute que le mélange était impossible mais il y a bien eu compétition entre les espèces, sinon "génocide" ou anthropophagie (la cause la plus probable me semblant l'extermination par l'homme des grands mammifères, nourriture principale de Néandertal). L'absence de lactase semble indiquer que Néandertal ne pouvait digérer le lait mais c'est un caractère bien plus tardif de sapiens, datant seulement du Néolithique. On n'a décrypté pour l'instant que 60% du génome de Néandertal et les conclusions actuelles devront être confirmées, la comparaison des génomes affinée. C'est en fait un appel à financements...

Voir aussi Technology Review.


- Daniel Tammet, autiste savant, tente de percer les mystères du cerveau humain

Il n'a pas l'air tellement autiste et paraît même très sympathique mais il est très étonnant.

Aîné d'une famille londonienne modeste de neuf enfants, Daniel Tammet, âgé de 30 ans, s'est fait connaître en 2004 pour avoir énuméré de mémoire et pendant cinq heures, les 22.514 premières décimales du nombre pi (3,1415).

Pourtant, ses talents ont aussi leurs revers.

"Je me perds très facilement, j'ai toujours besoin d'être accompagné, je ne peux pas conduire parce qu'il m'est très difficile de voir quelque chose dans son ensemble", énonce-t-il.

"J'ai aussi des difficultés à me souvenir des visages", une "tâche cognitive très complexe" que chacun effectue sans s'en rendre compte, sourit-il.

Il critique aussi l'idée que les génies auraient un cerveau-ordinateur "quasi inhumain". "En réalité, le cerveau, les compétences, le talent, le génie sont liés à l'humanité de chacun et à l'amour", dit-il, énigmatique.

"Mozart a fait ce qu'il a fait parce qu'il avait un amour de la musique. Einstein aussi parlait de la beauté de ses équations, moi je ne compresse pas les nombres, je danse avec eux, c'est lié à une sensibilité, si on n'a pas d'amour, on n'a pas de génie", tranche-t-il.

- Les différences d'activité cérébrale pour le langage liées au sexe ?

Les voies de la perfection ne sont pas tout-à-fait les mêmes entre hommes et femmes, même s'il n'y a qu'une seule science (et un monde commun).

Les hommes activent davantage que les femmes les zones cérébrales classiques du langage. Par ailleurs, quel que soit le sexe de la personne, les participants ayant une performance verbale faible activent davantage une zone cérébrale (le cingulaire antérieur) tandis que ceux montrant une performance verbale élevée activent plus le cervelet.

- Le groupe d'hommes ayant de hautes performances en fluidité verbale activent davantage que les trois autres groupes de participants deux zones cérébrales (le précunéus droit et le cortex préfrontal dorsolatéral gauche) et plus faiblement une autre zone (le gyrus frontal inférieur droit),

- Chez les femmes ayant des performances faibles en fluidité verbale, les chercheurs ont observé une activation plus importante du cingulaire antérieur gauche que chez les femmes ayant des performances élevées.

En dissociant pour la première fois les effets du sexe et de la performance sur l'ampleur des activations cérébrales, cette étude montre soit un effet exclusivement lié au sexe de la personne, soit un autre effet exclusivement lié à la performance, soit un effet lié aux deux facteurs dans des régions cérébrales différentes.

- La douleur de l'envie

Les douleurs psychiques sont ressentis dans le corps, physiquement.

Les chercheurs ont trouvé que le sentiment de l'envie stimulait le cortex cingulaire antérieur dorsal, la même région associée à la douleur physique, tandis que la schadenfreude activait le striatum ventral, chargé de traiter la gratification.

Ils ont aussi observé que ces signaux "gratifiants" étaient plus forts lorsque la personne enviée par le sujet rencontrait des problèmes. Ces résultats démontrent pour la première fois la relation dynamique existant entre douleurs et plaisirs sociaux et suggèrent aussi que le cerveau humain pourrait plus traiter les expériences sociales abstraites comme des expériences physiques que tout ce que l'on a pu croire auparavant.


Santé


génétique, traitements, nutrition, hygiène


- Grippe, vers un traitement universel ?

Si cela se vérifie, c'est incontestablement une grande nouvelle qui pourrait éradicer la grippe mais il faudrait s'inquiéter des conséquences tant les virus font partie de notre génome peut-on dire, en tout cas de notre co-évolution. Ainsi, on pense que les virus nous nettoient de certaines cellules cancéreuses et on sait que l'hygiénisme déséquilibrant le système immunitaire est responsable de nombreuses maladies auto-immunes...

Des chercheurs ont isolé des protéines, recrées en laboratoires, capables de neutraliser plusieurs souches différentes de grippe saisonnière ainsi que les virus pouvant provoquer des pandémies comme celui de la grippe aviaire.

Ces protéines sont en fait des anticorps dits monoclonaux car ils dérivent d?une même lignée cellulaire. Ils agissent, et c?est une découverte aussi, en empêchant le virus de changer de forme, sans cette métamorphose celui-ci ne peut pénétrer dans les cellules. Pour ce faire, ces anticorps se lient à une protéine qui se trouve à la surface du virus de la grippe appelée hémagglutinine (HA). Or l?HA a une structure génétique relativement stable d?une souche à l?autre ce qui rend ces anticorps efficaces contre plusieurs souches.

Voir aussi Futura-Sciences.

- Pollution et mortalité : un lien prouvé à l'échelle de la France entière

Les auteurs se sont intéressés à trois indicateurs de pollution : le dioxyde d?azote (NO2), le dioxyde de soufre (SO2) et l?ozone (O3). Leurs niveaux respectifs ont été régulièrement relevés entre 2000 et 2004. Les résultats ont ensuite été comparés aux registres de mortalité de neuf villes : Bordeaux, Le Havre, Lille, Lyon, Marseille, Paris, Rouen, Strasbourg et Toulouse.

Il en ressort que plus les taux de pollution sont élevés, plus les risques d?hospitalisation et de mortalité « à court terme » sont importants. « Le risque de décès toutes causes ou pour causes cardiovasculaire et cardiaque est significativement associé à l?ensemble des indicateurs de pollution étudiés ».

- Trop de travail nuit à la santé

Une étude publiée par l?American Journal of Epidemiology indique que ceux qui travaillent plus de 55 heures par semaine ont de moins bonnes facultés mentales que ceux qui travaillent huit heures par jour.

Les auteurs d?études associent ce résultat aux problèmes de sommeil, de dépression et aux risques de maladies cardiovasculaires dont souffrent ceux qui travaillent de longues heures.

- Auto-médication contre l'obésité

Alli n?est pas un médicament nouveau : c?est en quelque sorte un demi-cachet de Xenical (orlistat), un médicament contre l?obésité vendu uniquement sur ordonnance. GSK a passé un accord laboratoire suisse Roche pour en faire une version dosée à 60 mg au lieu de 120 mg pour le Xenical. Il s?agit d?un inhibiteur des lipases gastriques qui réduit l?assimilation des graisses ingérées lors d?un repas. Il est destiné aux personnes obèses (12,4% de la population française) ou en surpoids (29%).

Il ne s?agit en aucun cas d?une aide pour affiner sa silhouette avant l?été, encore moins d?une pilule miracle : la prise de l?orlistat doit obligatoirement être accompagnée d?un régime hypocalorique, pauvre en graisses, et d?exercice physique pour aider à la perte de poids.

Pour Rue89, c'est surtout une pilule qui vous punit quand vous mangez de la graisse en vous donnant la diarrhée ! Cela n'empêche pas qu'il est aussi dangereux d'être obèse que de fumer.

- Cancer du poumon : la pauvreté et pas seulement le tabac

L?incidence du cancer du poumon est généralement plus fréquente au sein des classes sociales défavorisées. La consommation plus élevée de tabac de ces populations ne permet pas d?expliquer une telle différence.

Le cancer du poumon représente la 1ère cause de mortalité en Europe chez les hommes et la troisième chez les femmes. Il existe une association forte entre le risque de survenue d?un cancer du poumon et le niveau d?éducation, avec les taux les plus forts généralement observés au sein des classes sociales défavorisée.

Après avoir pris en compte la consommation de tabac dans chaque classe sociale, l?excès de risque des classes sociales défavorisées reste significatif (2,3 pour les hommes et 1,6 pour les femmes). Les chercheurs concluent que les différents niveaux de consommation de tabac permettent d?expliquer un peu plus de la moitié des cancers supplémentaires mais certainement pas leur totalité.

- Effets cancérigènes de l'alcool, de la viande et des béta-carotènes

L'Institut national du cancer et la direction générale de la santé viennent de publier une brochure stigmatisant certaines pratiques nutritionnelles favorisant l?apparition de cancers. L?alcool y tient une place de choix.

La brochure indique aujourd?hui : « l'augmentation de risque est significative dès une consommation moyenne d'un verre par jour. » Elle conclut par cette recommandation : « la consommation d'alcool est déconseillée, quel que soit le type de boisson alcoolisée (vin, bière, spiritueux, etc.). » Il est désormais bien loin le temps où le corps médical tolérait (voire recommandait?) « trois verres de vin par jour pour les hommes, deux pour les femmes ».

L'étude date en fait de 2007 et ne s'intéresse qu'au cancer sans prendre en compte les bienfaits sur d'autres plans qui peuvent être supérieurs dans certains cas où les risque de cancer sont tès faibles, même si on ne peut nier les ravages de l'alcool. Il y a des études qui montrent le contraire et ce type de conclusion est absurde au regard du célèbre French paradox, mais c'est comme pour les anti-oxydants, on ne peut généraliser : il faut distinguer au moins entre jeunes et vieux. Il semble effectivement que des petites quantités d'alcool mais surtout de vin sont très bénéfiques lorsqu'on prend de l'âge. Le resvératrol contenu dans le vin est même le seul véritable traitement anti-âge à l'heure actuelle. Il est vrai que, disponible en pharmacie, il n'y a plus besoin de boire du vin... Pour le béta-carotène, c'est plus nouveau.

Apprécié dans certains aliments (surtout comme colorants?) et souvent utilisé comme facteur de bronzage, le bêta-carotène n?est pas aussi inoffensif qu?on pourrait ? ou voudrait ? nous le faire croire. Ses propriétés antioxydantes sont bien réelles et son utilisation comme complément alimentaire est souvent recommandée. On le trouve dans de nombreux végétaux, comme les poivrons, les carottes, l?épinard, la laitue, la tomate, la patate douce, le brocoli, le cantaloup (un melon), la courge et l?abricot. Mais son utilisation n?est pas sans risque, selon l?INCA, qui dénonce leur absorption totalement inutile comme complément alimentaire puisqu?une alimentation équilibrée suffit amplement à pourvoir au besoin. Par contre, une utilisation à forte dose (20 à 30 mg/jour) non seulement ne présente aucun effet protecteur contre le risque de cancer, mais encore, augmente significativement le risque de cancer du poumon en potentialisant les effets du tabac chez les fumeurs.

La consommation de viande reste autorisée, voire conseillée (le manque de fer, dont la viande est riche, est la carence la plus fréquente), mais moyennant certaines précautions. Ainsi, l?INCA fixe une limite recommandée à 500 grammes de viande rouge par semaine, mais demande de compléter l?apport de protéines avec une alternance de viandes blanches, de poissons, de légumineuse et d??ufs. En revanche, les charcuteries, en particulier grasses ou très salées, sont à proscrire autant que possible.

Le rapport de l?INCA précise que le risque de cancer colorectal est accru de 29% par tranche de 100 grammes/jour, et de 21% pour 50 grammes supplémentaires de charcuteries quotidiennes.

- Confirmation de l'effet anticancérigène de la vitamine C

Bien qu'il prenait de fortes doses de vitamines C, Linus Pauling est mort d'un cancer... mais à plus de 90 ans !

L?idée que l?acide ascorbique puisse avoir des vertus anticancéreuses n?est pas nouvelle. En son temps, Linus Pauling (le « papa » de la vitamine C, prix Nobel de Chimie 1945) avait suggéré un tel rôle pour des doses élevées supérieures à 2 grammes par jour. Pourtant les études menées depuis aussi bien chez l'animal que chez l'homme ont donné des résultats contradictoires.

« Nous apportons aujourd?hui la preuve des propriétés anti-prolifératives et donc anticancéreuses de l?acide ascorbique » explique Michel Fontès directeur du laboratoire Thérapie des Maladies Génétiques de l?Université de la Méditerranée à Marseille. Son équipe a en effet pu démontrer que l?acide ascorbique avait une action inhibitrice sur les gènes impliqués dans la prolifération cellulaire.

Un premier essai sur des souris porteuses de tumeur a montré, sur un modèle animal de cancer, qu'un traitement par injection augmentait fortement la survie des souris, réduisait la croissance de la tumeur et inhibait la formation de métastases. "Les cellules cancéreuses semblent avoir une appétence particulière pour la vitamine C qui provoque leur destruction. Les meilleurs résultats ont été obtenus chez les souris qui avaient reçu les plus fortes doses".

- Un test urinaire pourrait suffire à repérer un cancer de la prostate

En fait, le cancer à la prostate étant d'évolution lente, des médecins prétendent qu'il ne sert à rien de le dépister (surtout si le traitement est la réduction de la testostérone), mais quand même, la "sarcosine" manifestation d'un cancer qui nous ronge...

La présence d'un acide aminé, la sarcosine, témoignerait de la présence d'une tumeur de la prostate. Cette découverte ouvre l'espoir d'un dépistage facile et rapide, après une simple analyse d'urine. En outre, le rôle de cet acide aminé dans le déclenchement ou l'évolution de la tumeur pourrait mener à de nouvelles voies thérapeutiques.


Technologie


biotechnologies, énergie, nanotechnologies, robotique, informatique


- OGM : "L?industrie fait obstacle à la recherche !"

Dans une réclamation inhabituelle, un groupe de scientifiques universitaires affirment que les compagnies de biotechnologies les empêchent de pouvoir mener des recherches complètes sur l?efficacité et les impacts des plantes modifiées génétiquement, commercialisées par l?industrie.

« Les gens ont peur d?être mis sur des listes noires. Si votre seule tâche est de travailler sur des insectes du maïs, que vous avez besoin des dernières variétés de maïs et que les compagnies décident de ne pas vous les donner, vous ne pouvez pas travailler ».


- L'hybride à air comprimé, la solution ?

La voiture à air comprimé française paraissait bien sympathique mais trop limitée. Les voitures hybrides paraissaient l'avenir mais beaucoup trop chères. La solution pourrait être des voitures hybrides à air comprimé supprimant les batteries et permettant d'avoir des moteurs plus petits car l'air comprimé pourrait participer aux accélérations. Certes, ce n'est pas l'idéal. Notamment, on garde ainsi toute la transmission mécanique avec leurs pertes, alors qu'un véhicule électrique pourrait l'éviter, mais c'est sans doute un compromis viable à court terme (à condition d'y ajouter la possibilité d'une compression électrique sur secteur, au garage, afin de réduire au minimum la consommation d'essence dans l'usage quotidien).

- Un concentrateur solaire bon marché

- Des nanotubes poduisent du méthane avec du soleil, de l'air et de l'eau

Il y a déjà longtemps que j'ai soutenu que le méthanol était le meilleur substitut au pétrole, malgré son acidité, et bien plus pratique que l'hydrogène sous forme gazeuse. Cette nouvelle méthode est encore expérimentale, avec un rendement trop faible et la présence de platine dans l'expérience constitue un obstacle en terme de coûts, mais on pourrait s'en passer. C'est donc une piste très encourageante pour l'avenir.

Dans leur expérience, les chercheurs ont rempli des tubes en acier d'air et de vapeur d?eau, leurs extrémités étant recouvertes d?un film constitué de ces nanotubes. Par-dessus, un hublot de quartz laissait passer la lumière. Ces chambres ont ensuite été exposées à l?extérieur de juillet à septembre 2008.

Lorsque la lumière frappe les nanotubes, ceux-ci libèrent des particules chargées qui coupent en deux les molécules d?eau, comme dans une électrolyse, libérant des radicaux hydroxyles (OH-) et des ions d?hydrogène (H+). Ces derniers se combinent pour former de l?hydrogène gazeux (H2). Les chercheurs n?expliquent pas encore ce qui se produit ensuite, mais pensent que le dioxyde de carbone (CO2) contenu dans l'air se divise également en oxygène et en monoxyde de carbone (CO), lequel réagit avec l?hydrogène gazeux en donnant du méthane (CH4) et de l?eau (H2O).

Un mètre carré de film constitué des nanotubes actuels sur lequel serait concentrée la lumière du Soleil pourrait fournir 500 litres de méthane en huit heures. Même si la réaction de catalyse est encore relativement lente, le chercheur estime que de nouvelles améliorations pourront encore amplifier les taux de conversion d?un facteur de plusieurs milliers. « Je crois que ce procédé peut être commercialement viable en l?associant à une importante source de dioxyde de carbone, comme une centrale au charbon ».

- Japan Prize : Nanotechnologies au Japon

Ces technologies de l'infiniment petit vont très loin qui permettront par exemple de fabriquer... des coeurs humains, en imprimant des couches de cellules vivantes. Le raisonnement est basique: un organe n'est jamais qu'un assemblage très ordonné de cellules. Reste qu'il est a priori difficile de le reproduire compte tenu de la taille minuscule desdites cellules, de leur diversité, de leur nature vivante et de leur positionnement complexe. Mais un chercheur japonais, Makoto Nakamura, a découvert que les gouttes d'encre bombardées sur du papier par une imprimante à jet avaient à peu près les mêmes dimensions que des cellules, et que l'impression d'une photo en millions de couleurs n'était pas moins compliquée.

- Des circuits électroniques réalisés avec des neurones

Ces chercheurs ont d?abord commencé par démontrer que l?on pouvait faire croître des neurones le long d?une fente dans une plaque de verre et les stimuler non pas grâce à un champ électrique (ce qui a déjà été fait) mais à l'aide d'un champ magnétique.

Pour fonctionner, un circuit de neurones doit être tel que chacun d'eux soit connecté à un grand nombre d'autres neurones, par le buisson de dendrites (qui assurent la réception des données) et par l'axone (qui envoie ses signaux à d'autres neurones). Les chercheurs se sont aperçus que dans leur dispositif, il existait un seuil pour le nombre d?axones si on veut réaliser des portes logiques. Il en faut au moins une centaine, organisés en faisceaux.


- Transmission sans fil d'énergie électrique sur de longues distances

Lors d'une récente conférence, Intel a fait la démonstration d'un système capable d'expédier une puissance électrique faible à distance, selon le même principe que celui des chargeurs de batterie sans fil. Mais avec une portée de plusieurs kilomètres...

La puissance était émise par une antenne classique d'un émetteur de télévision. A 4,1 kilomètres de là, elle a pu être récupérée par une antenne d'environ vingt centimètres sur trente, sous forme électrique. La puissance reçue était de 60 microwatts (l'histoire ne dit pas quelle puissance a été émise), sous une tension de 0,7 volt.

Alanson Sample estime qu'il est possible, sur cette distance, d'atteindre la puissance maximale théorique de 200 microwatts, donnée par l'équation des télécommunications (Friis transmission equation en anglais). Avec un tel éloignement, la puissance transmise restera donc, quels que soient les progrès à venir, extrêmement faible.


- Samsung mise sur le soleil

Au dos de l?appareil, une série de capteurs lumineux permet de recharger la batterie dès que les conditions de luminosité sont suffisantes et sans qu?il soit nécessaire d?être dehors, une bonne lumière artificielle suffît. Selon Samsung, une heure et demie de charge permettent de téléphoner environ une demi-heure et il faut compter entre dix et quatorze heures pour recharger complètement la batterie.

A noter que Samsung lance enfin l'usb sans fil ou Wireless USB (WUSB), et que d'ici 2012, tous les chargeurs devraient être enfin compatibles, au format micro-USB sous le nom d'UCS pour Universal Charging Solution....

- Un mobile solaire pour les pays en développement

Alors que Samsung a présenté un mobile à cellules photovoltaïques et en a fait un modèle de luxe, un fabricant chinois (ZTE) vient d'en annoncer un autre, mais à très bas coût et uniquement destiné aux pays en développement, où l'électricité est une denrée rare.

Le fabricant chinois ne commercialisera pas le Coral-200-Solar sur tous les marchés, mais se concentrera sur les pays en développement. L'appareil sera dans un premier temps distribué par l'opérateur Digicel en Haïti, en Nouvelle-Guinée et dans les îles Samoa, à un prix abordable. Il serait, selon certaines rumeurs, vendu à moins de 40 dollars (32 euros).

- Convergence entre téléphone et PC

C'est un peu inspiré du iPod. On peut se demander si une liaison WiFi ne suffirait pas ?

Enfiché dans un socle servant d'interface, un mobile pourrait être relié à de multiples périphériques, écran, clavier ou imprimante, ou encore à un réseau local. L'appareil n'existe pas encore mais Microsoft vient d'en déposer le brevet.

- On reparle de l'ordinateur à 10 ?

On en avait déjà parlé, on n'en sait pas beaucoup, juste cette image : une unité centrale avec disque dur et wifi pour connecter les périphériques. La base pourrait en être un téléphone mobile.

Après la Tata Nano, la voiture la moins chère du monde, l?Inde s?attaque à l?ordinateur et prévoit de commercialiser avant la fin de l?année un laptop à 500 roupies (un peu moins de huit euros) dans le cadre d?une « mission nationale pour l?éducation ». Ce projet prévoit la mise en place d?un réseau d?ordinateurs portables à partir duquel les étudiants pourront accéder à des conférences, des cours en ligne et à une aide personnalisée à partir de n?importe quel point du territoire.

Le Sakshat a été conçu par des étudiants de l?Institut Of Technology de Vellore et par des chercheurs de l'Institut indien des sciences de Bangalor et de l'Institut indien de technologie de Madras. Il serait équipé de 2 Go de mémoire vive et d?une connectivité sans fil.

- Marvell SheevaPlug : un ordinateur dans une prise de courant

Une entreprise américaine, Marvell, fabricante de circuits électroniques (et notamment de processeurs), propose un ordinateur complet prenant la forme d'un simple boîtier enfichable sur une prise électrique. Embarquant Linux, cet ordinateur minimaliste, vendu 100 dollars, est destiné à se connecter à un réseau pour partager un périphérique, par exemple une mémoire de stockage.


- RFiD 2.0 : des puces ou des ordinateurs ?

Et si les étiquettes intelligentes (les puces RFiD) se mettaient en mode ?2.0?, et devenaient plus participatives et ouvertes aux usages des gens - selon la définition du web 2.0 qu?on en retient ? Plusieurs projets en revendiquent l?épithète.

?Nous sommes au début d?une nouvelle vague dans l?utilisation de la RFiD. La première visait à remplacer les codes-barres. La seconde étend considérablement l?horizon. Considérer les puces RFiD comme des ordinateurs, et s?assurer que les utilisateurs disposeront d?un contrôle complet et exclusif de leurs données et communications, rendra possibles de très nombreuses applications dans de nombreux secteurs. L?industrie de la RFiD doit donc résoudre dès aujourd?hui les problèmes de vie privée et de sécurité auxquels ils sont confrontés?.

- Une puce pour télécharger sans fil un DVD en moins d'une seconde !

Une nouvelle puce RF conçue à partir de transistors CMOS, capable de transmettre des signaux sans fil à 60 GHz, a été développée par les professeurs Joy Laskar et Stephane Pinel.

Le design de cette puce pourrait dynamiser la commercialisation des applications sans fil ultra rapides et à courte portée, car la technologie CMOS est à la fois peu coûteuse et faible en consommation. Selon Lark "A ce jour, cette technologie offre le plus faible besoin en énergie par bit transmis en sans fil, à un taux de transmission supérieur au gigabit". Selon le GEDC, elle consomme moins de 100 milliwatts. Par ailleurs, les chercheurs ont déjà réussi le transfert de données à des taux sans précédent: 15 Gbps à une distance de 1 mètre, 10 Gbps à une distance de 2 mètres et 5 Gbps à une distance de 5 mètres.

- Pachube : l'internet des objets

Pachube (prononcez patch bay) peut paraître un projet un peu fou. Il est conçu comme un service web qui vous permet de connecter et partager en temps réel les données d?un capteur, quel qu?il soit. L?idée de Pachube est de faciliter l?interaction entre les environnements physiques et virtuels, les données d?un capteur physique pouvant alimenter un site web ou un objet dans Second Life et inversement. Ainsi, Pachube permet d?encastrer des données dans une page web à la manière d?un widget, que ce soit pour y donner accès ou pour transformer un blog en capteur de données.

Pachube n?est pas simplement un projet de réseau social pour les données issues de capteurs, assène son initiateur, mais plutôt un terreau d?applications, pour connecter les objets et les données entre eux.

Il fait le pari que c?est dans la multitude des services, puis dans leur interconnexion, que résidera la valeur. Une sorte de ?web 2.0 des objets?.


- Graspables : Quand l?objet sait comment il est tenu

Il devient téléphone quand vous le mettez à votre oreille, appareil photo quand vous le tenez devant vos yeux, télécommande quand vous le dirigez vers quelque chose !

- QB1: l'ordinateur attentif à vos désirs

Concrètement, QB1 se présente sous une forme géométrique sobre et articulée, revêtue de tissu noir. Dès qu'il repère un utilisateur, son écran se tourne vers lui. Pour interagir, ni clavier, ni souris: on navigue simplement par des gestes. QB1 peut prendre en compte simultanément les gestes de deux mains. Et plus l'utilisateur s'approche, plus il lui propose d'informations.

La première application présentée est un jukebox. QB1 répond à distance aux désirs de l'utilisateur: choix de disques et de chansons, modification du volume Mais il sait aussi reconnaître l'utilisateur et s'adapter progressivement à lui pour lui faire des suggestions toujours plus pertinentes. Le système combine à cet effet plusieurs techniques d'intelligence artificielle, chacune étant adaptée à un type de prédiction particulière.


- 10 Emerging Technologies 2009

Comme tous les ans, la prospective du MIT :

Intelligent Software Assistant - génome à $ 100 - mémoire nanométrique - Machines biologiques - diagnostic de papier - batterie liquide - nouveau réacteur nucléaire - Nanopiezoelectronics - Nouvelle méthode HashCache de stockage sur le web - contrôle à distance des réseaux.

1. Déchargée, 2. en charge, 3. chargée

Magnésium : bleu. Electrolyte : vert. Antimoine : jaune.

Ce qui fait l'intérêt de cette batterie liquide, c'est qu'elle est destinée au stockage de quantités énormes d'éléctricité, par exemple celle d'une ville comme New York.

Voir aussi sur internetactu.

- De la vidéo dans les lunettes dès 2010

La société Optinvent a mis au point une technologie permettant d'afficher de la vidéo grâce à un équipement incorporé dans des lunettes transparentes. Il est ainsi possible de voir autour de soi tout en regardant un film comme vous le feriez dans votre salon en fixant l'écran du téléviseur tout en restant non coupé de votre environnement.

L'écran virtuel est superposé sur l'environnement. L'utilisateur a la sensation d'un écran flottant devant les yeux, il voit parfaitement ce qui se passe sur cet écran mais il est également conscient de la réalité autour. Cela évite le problème posé par des lunettes vidéo occultantes qui peuvent faire perdre les repères à l'utilisateur et sont susceptibles d'entraîner des effets secondaires tels que "le mal de mer". Les lunettes ainsi équipées pourraient être commercialisées dès l'année prochaine.

Dans chaque branche des lunettes est intégré un boîtier contenant un microdisplay, écran très petit d'environ 1,5 cm recevant l'image, et la technologie "clear vu" qui va prendre cette image et la mettre en forme, elle va être "collimatée" avec un jeu de lentilles optiques spéciales. Cela va latéralement de l'arrière vers les verres des lunettes qui servent de guide optique.

- Ces inventions qui vont cartonner

Du papier qui s'imprime et s'efface, une pâte qui répare les os, des matériaux qui se réparent tout seuls ou encore une pomme qui lutte contre les rides... Ce n'est pas de la science-fiction mais bel et bien des innovations qui devraient débarquer d'ici quelques années.

Plusieurs choses dont on avait déjà parlé, d'autres qui sont exagérées, d'autres qui sont encore de la science-fiction malgré tout comme la cape d'invisibilité...

- Des gadgets "verts"

Ce ne sont que des gadgets, pour produire ou économiser de l'électricité la plupart du temps, rien de fondamental...


- New Songdo City (Corée du Sud) : la ville numérique

Ce n'est qu'une ville nouvelle sans âme comme il y en a tant, mais entièrement câblée et numérisée.

New Songdo City est une ville nouvelle en Corée, créée de toutes pièces comme vitrine d'un mode de vie 100 % numérique dans un univers d'objets intelligents interactifs grâce à la technologie RFID. Une carte à puce y servira par exemple de clé de maison, de pass pour utiliser un vélo en libre service ou emprunter des livres à la bibliothèque, à prendre le métro, à payer le parking ou de petits achats...

<- Revue des sciences précédente



Fonte: http://jeanzin.free.fr/index.php?2009/03/01/172-revue-des-sciences-03-09

Une monnaie locale pour la Guadeloupe ! - 17Jul2018 18:56:24

La gwadloup cé tan nou, la gwadloup cé pa ta yo
Les Guadeloupéens nous montrent la voie d'un retour des mouvements sociaux et de la lutte des classes mais surtout d'une réappropriation par les citoyens de leur propre pays et d'un retour aux fondements de la démocratie. Leurs revendications apparaissent à l'évidence légitimes, faisant apparaître la nécessité d'un gouvernement démocratique local, sans quitter pour autant la communauté nationale. Voilà de quoi ranimer l'aspiration révolutionnaire au modèle fédératif conciliant localisme et solidarité nationale.

Il y a un élément qui ne fait pas partie du programme pour l'instant et qui pourtant semble pouvoir résoudre pas mal de problèmes dans le contexte actuel : la création d'une monnaie guadeloupéenne. Il ne s'agit pas de créer une devise nationale concurrente à l'Euro mais une monnaie locale, monnaie complémentaire et non convertible, monnaie de consommation dite aussi monnaie fondante (car elle perd de la valeur avec le temps contrairement à l'épargne). C'est le meilleur instrument, surtout dans une île, pour favoriser les échanges locaux, les circuits courts et réduire la dépendance des produits importés.

Il est sans doute déjà un peu tard pour s'en préoccuper car les désordres monétaires nous menacent à courte échéance maintenant (qu'ils viennent des pays de l'Est ou de l'effondrement du dollar) mais dans ce contexte, il n'y a pas que les îles qui pourraient tirer profit de monnaies locales. Il faut savoir du moins que ça existe, que c'est possible, que les instruments en sont prêts et qu'une monnaie comme le SOL peut être expérimentée rapidement avec cartes à puce, lecteurs de carte et programmes associés !

La crise pourrait se révéler une chance pour la Guadeloupe, et ses handicaps devenir des atouts décisifs du fait qu'elle se trouve assez bien placée pour réunir les 3 instruments d'une production alternative relocalisée : revenu garanti, monnaies locales, coopératives de travailleurs autonomes. Bien que très insuffisant, le RSA généralisé pourrait servir de base à un véritable revenu garanti. Les avantages d'une monnaie locale, étant donnée la situation, devraient pousser à une expérimentation rapide. Reste, pour être viable et faire système, à construire des coopératives municipales comme instruments de valorisation des compétences et de développement humain. Sans doute le plus difficile mais qui ferait de la Guadeloupe l'avant-garde de l'altermondialisme et d'un nouveau système de production à l'ère de l'information de l'écologie et du développement humain!

Il faudrait d'abord introduire cette idée de monnaie locale comme outil pour la relocalisation de l'économie et moyen de se soustraire à la mondialisation marchande, en insistant sur le fait que ce n'est qu'une monnaie complémentaire qui ne remplace pas l'Euro et n'est pas convertible théoriquement mais ne nécessite aucune fermeture au marché. Il faut absolument que la gestion de la monnaie locale soit confiée à une instance démocratique comme une municipalité mais qui peut être étendue à l'ensemble de l'île. Cette monnaie locale peut être créée ex nihilo au début, et donc distribuée en plus des revenus monétaires, d'autant plus qu'il y a un fort chômage puisqu'elle incite à l'emploi des compétences disponibles localement. D'une certaine façon, la monnaie locale réduit aussi les prix pour les résidents par rapport aux touristes en permettant de payer un pourcentage du prix en monnaie locale (sorte de rabais), ou d'en acquérir par ses achats (sorte de points de fidélité). C'est, enfin, une monnaie qui ne crée pas d'inégalités car on ne peut l'accumuler puisqu'elle perd de la valeur avec le temps. Les effets se feraient très vite sentir.

Tout cela est bien trop exotique encore mais on sera peut-être obligé bientôt de tous s'y mettre car l'effondrement du système monétaire est de plus en plus probable ! Il faut bien dire que la situation de la Guadeloupe semble idéale pour tenter l'aventure dès maintenant, notamment cet élan populaire et l'expression d'une solidarité retrouvée, mais comment en convaincre ?

''La gwadloup cé tan nou - la gwadloup cé pa ta yo
yo bisyon fé sa yo vlé - a dan péyi en nou''

- Interview (audio) sur les monnaies locales :



Fonte: http://jeanzin.free.fr/index.php?2009/02/24/171-une-monnaie-locale-pour-la-guadeloupe

André Gorz, un penseur pour le XXI° siècle - 17Jul2018 18:56:24

André Gorz bénéficie d'une gloire posthume étonnante par rapport à son audience relativement confidentielle jusqu'ici. C'est à l'évidence dû en grande partie à son dernier livre Ecologica, recueil de textes sur l'écologie politique qu'il a rassemblés juste avant son suicide le 22 septembre 2007. En particulier son tout dernier texte, publié dans EcoRev' et repris dans Ecologica, "La sortie du capitalisme a déjà commencé" parait largement prémonitoire puisqu'il annonce l'effondrement du capitalisme financier. D'autres pourraient se prévaloir d'avoir vu venir la crise avec plus de précisions sur les mécanismes de son déclenchement, mais aucun ne propose comme lui les voies d'une sortie du capitalisme, alternative dessinée en 1997 dans "Misères du présent, richesse du possible" et qui fait sa valeur irremplaçable dans le contexte actuel.

Le livre qui vient de sortir aux éditions "La Découverte", André Gorz, un penseur pour le XXI° siècle, regroupe des contributions très disparates d'anciens interlocuteurs d'André Gorz, rassemblées par Christophe Fourel (Patrick Viveret, Jean Zin, Carlo Vercellone, Denis Clerc et Dominique Méda, Marie-Louise Duboin, Jean-Baptiste de Foucauld, Philippe Van Parijs), témoignant de la diversité de ses influences et même des lectures contradictoires qu'on peut faire de son oeuvre.

L'introduction de Christophe Fourel permet de suivre son itinéraire intellectuel, de Sartre et du marxisme à l'écologie politique, montrant à quel point il avait vu juste dans le caractère intenable d'un capitalisme basé sur la spéculation. André Gorz insiste sur le fait que le capitalisme cognitif ou financier est contradictoire, perdant toutes ses bases dans l'économie immatérielle (travail, valeur, propriété). En effet, de façon strictement marxiste, il réfutait que la finance puisse créer de la valeur en elle-même sans passer par l'amélioration de la productivité du travail.

La question de la sortie du capitalisme n?a jamais été plus actuelle. Elle se pose en des termes et avec une urgence d?une radicale nouveauté. Par son développement même, le capitalisme a atteint une limite tant interne qu?externe qu?il est incapable de dépasser et qui en fait un système qui survit par des subterfuges à la crise de ses catégories fondamentales : le travail, la valeur, le capital.

L?économie réelle devient un appendice des bulles spéculatives entretenues par l?industrie financière. Jusqu?au moment, inévitable, où les bulles éclatent, entraînent les banques dans des faillites en chaîne, menaçant le système mondial de crédit d?effondrement, l?économie réelle d?une dépression sévère et prolongée.

Patrick Viveret est un ami que j'estime beaucoup, notamment pour sa remise en cause des indicateurs de richesse mais surtout pour avoir porté le projet SOL de monnaie alternative qui me semble véritablement révolutionnaire et de la plus haute importance dans la période qui s'ouvre. Il n'empêche que je désapprouve sa conception émotionnelle et religieuse de la politique. Je trouve même relativement choquante la récupération politique du suicide de Gorz avec Dorine, sa compagne malade, suicide qu'on peut dire annoncé dans le magnifique "Lettre à D.". Mais, non, "toutes les difficultés de l'humanité" ne sont pas "pour l'essentiel, fondamentalement liées à sa difficulté d'aimer" (p51), c'est absurde et il n'y a aucune chance que ça s'arrange du côté de l'amour. L'amour ne peut être pensé comme question politique. La philia qui nous tient ensemble, la fraternité ou la solidarité plutôt sont bien des questions politiques mais certainement pas l'amour même s'il y a des similitudes entre coup de foudre et insurrection (voir Alberoni). Si le désir de reconnaissance, plus que l'amour, est effectivement un moteur de l'histoire, c'est d'y déployer ses contradictions. La nuance est de taille, car ce n'est certainement pas par "manque d'intelligence du coeur" que les révolutions tournent mal (ou que "les histoires d'amour finissent mal, en général"), position qui permet de juger les autres de haut mais n'a aucune base anthropologique. La conception gorzienne du sujet comme mauvais sujet est à mille lieux de ce moralisme normalisateur et surtout il est dangereux et illusoire de croire qu'il suffit d'éliminer les méchants, de changer simplement les hommes pour que ça se passe mieux alors que ce sont les structures qu'il faut changer (sans en attendre de miracles). Il faut dire que nous avons une lecture diamétralement opposée du "Traître" qui inaugure l'oeuvre de Gorz et de "Lettre à D." qui la clôture. En effet, je vois dans "Le Traître" une tentative héroïque d'atteindre à l'authenticité, jusqu'au malaise et au vide insupportable, sa dernière lettre d'amour me paraissant plutôt une façon de tirer le rideau et de recouvrir la cruelle vérité par un discours de bienséances qui ne soit pas aussi trompeur qu'une vérité trop brutale. C'est le triomphe de l'amour si l'on veut, mais dans l'aveu d'y avoir été absent.

Je m'attache, dans mon propre texte, André Gorz, pionnier de l'écologie politique, à restituer la véritable position politique d'André Gorz et l'alternative écologiste qu'il défendait dans "Misères du présent, richesse du possible". Il me semble que cette petite synthèse peut être utile pour les écologistes anti-capitalistes, même si elle reflète surtout mes propres positions, sans aucun doute, ce que j'ai retiré de son oeuvre pour le projet écologiste. Je ne prétends pas être un fidèle disciple même si je partage les grandes lignes d'une écologie politique humaniste, existentialiste si l'on veut, centrée sur la qualité de la vie et l'autonomie. Par contre, je m'éloigne de plus en plus des théories de l'aliénation, la notion d'homme total ou même d'authenticité me paraissant désormais complètement dénués de sens, pur flatus voci, et devant être remplacés par des concepts plus modestes et concrets comme ceux de domination et d'exploitation, du côté négatif, ou d'autonomie et de développement humain du côté positif. Une première version de l'article est disponible sur le blog depuis le 21 juin 2008 (traduit même en espagnol !).

Rien à redire à l'article de Carlo Vercellone, L'analyse "gorzienne" de l'évolution du capitalisme où il montre que pour Gorz, contrairement à Yann Moulier-Boutang par exemple, le capitalisme cognitif est la fin du capitalisme.

Denis Clerc et Dominique Méda tournent surtout autour de leurs propres contradictions sur la "valeur travail", passant à côté du travail autonome qui se généralise. Cela donne une idée des difficiles conversions idéologiques nécessaires pour comprendre les évolutions du travail depuis quelques dizaines d'années. On peut être d'accord avec eux que l'automatisation ne crée pas le chômage, dont les causes sont monétaires on le voit bien, mais c'est quand même ce qui tue l'emploi industriel et pousse à la sortie d'un salariat précarisé.

Ce qui est intéressant dans le récit de Marie-Louise Duboin sur les rapports de Gorz avec l'économie distributive, c'est qu'on voit bien qu'il abandonnera une critique trop radicale de la technique et de l'automatisation afin de réduire le travail hétéronome et favoriser le travail autonome. C'est d'ailleurs à cause de cela que certains doctrinaires de la décroissance osent le qualifier de productiviste ce qui est insensé au regard de l'alternative qu'il défend !

La contribution de Jean-Baptiste de Foucauld aussi témoigne de la confusion des débats autour du travail, débats dans lesquels André Gorz apportait des éléments incontournables même si c'est peu de dire qu'ils étaient difficilement pris en compte. Là, il est un peu comique de voir un grand commis de l'Etat qui n'aime pas les mesures étatiques, encore moins le revenu garanti considéré comme le diable (une démission!). L'utopie qu'il défend encore d'un "temps choisi" néglige le fait que le temps ne peut être choisi quand le travail n'est pas autonome et surtout il ne prend pas en compte le fait que le travail ne peut plus se mesurer en "temps de travail" dans une production immatérielle largement non-linéaire !

Pour sa part, Philippe Van Parijs n'arrive pas à sortir du point de vue de l'individualisme méthodologique et témoigne du plus grand mal à lier écologie et autonomie alors qu'on ne peut les dissocier puisque l'autonomie est à la base de la vie et des systèmes complexes, de l'articulation du local au global. C'est pour cela qu'on a besoin d'autonomie à l'ère de l'information reliant écologie et développement humain. De même, en l'absence d'une conception systémique, il isole beaucoup trop l'allocation universelle, se préoccupant plus qu'elle soit juste que productive !

Passer ensuite à l'interview de Gorz par les syndicalistes allemands, L'homme, un être qui a à se faire ce qu'il est, c'est une bouffée d'air... Le texte sur Kafka est plus un document qui n'intéressera que les spécialistes.

Sommaire

- Itinéraire d'un penseur, Christophe Fourel, p13
- De Kay à Dorine, penser les enjeux émotionnels de la transformation sociale, Patrick Viveret, p37
- André Gorz, pionnier de l'écologie politique, Jean Zin, p 57
- L'analyse "gorzienne" de l'évolution du capitalisme, Carlo Vercellone, p77
- Emploi et travail chez André Gorz, Denis Clerc et Dominique Méda, p99
- André Gorz et l'économie distributive, Marie-Louise Duboin, p123
- Gorz et le temps choisi, un débat inachevé, Jean-Baptiste de Foucauld, p145
- De la sphère autonome à l'allocation universelle, Philippe Van Parijs, p161

Textes inédits d'Angré Gorz :
- L'homme, un être qui a à se faire ce qu'il est, p179
- Kafka et le problème de la transcendance, p198
- Nous sommes moins vieux qu'il y a 20 ans, p230


Mes articles sur André Gorz :
- L'écologie politique, une éthique de libération 21/06/08
- André Gorz - la richesse du possible 08/10/07
- André Gorz, une écologie politique 25/09/07



Fonte: http://jeanzin.free.fr/index.php?2009/02/19/170-andre-gorz-un-penseur-pour-le-xxi-siecle

Changer la vie, sans rire ! - 17Jul2018 18:56:24

Changer la vie, sans rire! Qu'ont-ils fait de nous ces pantins cravatés et sans fiel ? Je réclame le droit de réponse et décrète, au nom de tous les offensés, la révolution poétarienne (REVOCU, 1987).

Depuis l'effondrement du capitalisme financier et le retour des grandes mobilisations sociales, après ces longues années d'hiver, on se précipite de tous côtés à reparler de "changer la vie". Certes, il y a du pain sur la planche et l'on sera bien obligés de changer, ne serait-ce que pour des raisons écologiques, mais, pour atteindre nos objectifs, il vaudrait mieux ne pas se tromper de cible et promettre plus qu'on ne pourra tenir.

Ce serait un véritable changement de résister à la tentation de trop belles utopies et un progrès décisif pour la crédibilité de l'alternative car promettre de changer la vie, cela n'a rien d'original, il semble qu'on n'ait fait que cela depuis des temps immémoriaux. Il n'y a pas que le Parti Socialiste mitterandien pour avoir osé en faire une promesse électorale, tous les poètes communistes se sont attachés à nous vanter des lendemains qui chantent où tous les coeurs s'étreignent dans une société réconciliée, sans parler des libéraux qui nous font sans cesse la réclame de marchandises sensées pouvoir nous changer la vie (individuellement cette fois) !

Plus les lendemains sont flous et plus on peut délirer dessus, c'est sûr, en laissant croire que tout s'arrange à la fin. C'est, en tout cas, ce qu'on voudrait croire au nom du nécessaire optimisme de l'action dit-on, car il ne fait pas de doute qu'il va falloir changer le système, mais justifiant ainsi une propagande excessive où toute vérité se perd, vite à nos dépens. Il est crucial de savoir garder la bonne mesure.

En dehors de l'absence désespérante de véritables projets alternatifs, le plus incompréhensible c'est l'air de nouveauté que se donnent les prophètes d'un "homme nouveau" qui n'est déjà plus de la première fraîcheur, c'est le moins qu'on puisse dire. C'est le fond de commerce aussi bien des sagesses et des religions que des idéologies politiques ou des psychothérapies, dont on attend à chaque fois une résurrection qui nous sauve de nous-mêmes et nous délivre du mal. Qu'il vienne, qu'il vienne, le temps dont on s'éprenne ! Bien sûr, rien de tout cela ne se produit durablement car, hélas, c'est le bien qui est la cause du mal alors que "la vraie vie est absente" et le manque au coeur de l'être...

Il n'est pas très difficile d'expliquer la merveilleuse constance de cette profonde nostalgie qui nous exile du monde, confrontée à son inhumanité, mais comprendre, c'est déjà ne plus s'y laisser prendre. Ce qui n'est pas une raison pour rester les bras croisés et se laisser faire sans réagir. Il y a des luttes à mener, des enjeux vitaux, des injustices à réparer, des réponses à donner, des problèmes à régler, des règles à changer et il y a besoin pour cela de plus de rationalité et d'intelligence collective que d'exaltation des foules. Ce n'est pas tout ou rien. Il faut changer de vie, sans aucun doute, en mieux si possible, en plus écologique en tout cas, mais cela ne peut changer fondamentalement notre être au monde où le désir s'égare, l'amour se déchire et le réel s'éprouve dans l'obstacle qu'il nous oppose, dans un apprentissage sans fin : "le temps d'apprendre à vivre, il est déjà trop tard"...

Il y a de bonnes raisons d'être optimistes sur le retour des solidarités sociales et le renversement des rapports de force où les vaincus d'hier auront enfin leur revanche longtemps attendue. Cela vaut le coup de se battre dans la période qui s'ouvre, le sort du monde est entre nos mains comme jamais mais ce n'est pas une raison pour s'imaginer une fin de l'histoire au moins prématurée. Il y aura de bons moments, de grands moments même, mais beaucoup de déceptions aussi, de dérives, d'échecs, de trahisons. La vie quoi. On peut juste espérer améliorer un peu les choses. Il ne faudrait pas en faire trop, ni dans un sens ni dans l'autre. Certes, ne pas trop charger la barque et noircir le tableau d'une vie de peines, mais de joies aussi qui ne sont jamais très loin de l'équilibre. Rien ne pourra ternir le souvenir de mille illuminations éprouvées et de moments de grâce aussi précieux que rares, mais ce n'est qu'une face de la farce, j'en témoigne ("que pleurent dans la nuit nos coeurs à l'unisson"). De toutes façons, là n'est pas la question quand il est question de politique et d'enjeux très concrets, d'enjeux vitaux même. La véritable poésie n'est pas dans le rêve facile et l'amour aveugle, elle est dans l'action qui donne sens au monde, qu'elle transforme déjà en brisant le silence, donnant un terme à nos communes souffrances restées trop longtemps informulées (intériorisation coupable).

Il est probable qu'on ne puisse éviter dans les combats politiques de promettre la lune aux "foules sentimentales" mais ce n'est sûrement pas aussi essentiel que ne le prétendent les communicants ou que peuvent l'imaginer ceux qui croient que ce sont les idées qui mènent le monde et qu'à donner force à une idée, on finit par la réaliser ("loi du coeur" qui peut mener à la folie). On peut en avoir parfois l'illusion mais ce n'est pas du tout comme cela que les choses se passent réellement, on le voit bien dans notre actualité. On peut défendre les plus belles idées et même faire preuve du plus grand fanatisme, d'une volonté farouche et intrépide, cela ne débouche sur rien du tout quand les temps ne sont pas venus alors que, lorsque la crise est là et que le peuple se soulève, il n'est plus question que de choisir son camp. Le plus important alors, n'est pas le groupe en fusion qui se constitue dans l'allégresse mais de faire preuve du plus grand réalisme et de tenir compte des leçons de l'histoire pour ne pas répéter les mêmes erreurs. L'idéalisme exacerbé n'est d'ailleurs qu'un symptôme de nos défaites et de notre impuissance depuis près de 30 ans. Ce sera vite oublié quand il faudra s'occuper des choses sérieuses et de notre véritable faiblesse qui est l'absence d'alternative depuis la chute du communisme et pas du tout la toute-puissance supposée du système jusque sur nos esprits. Le problème, ce n'est pas l'autre, c'est nous.

Bien sûr, chacun ne tire pas les mêmes leçons de l'histoire, en particulier des horreurs du stalinisme ou de la révolution culturelle. Certains vous diront sans rire que c'est par manque d'amour que ces systèmes ont échoué alors qu'on pourrait dire au contraire que c'est sans doute par excès d'amour qu'ils sont devenus totalitaires ! De toutes façons ce n'est en rien une explication, plutôt une façon de faire croire qu'il y aurait une solution imaginaire immédiate et de dénier les causalités effectives dans le déroulement des faits. C'est surtout dénier les leçons de l'histoire, comme si la religion d'amour n'avait pas déjà démontré tous les ravages commis en son nom ! Tous les pouvoirs personnels mobilisent l'émotion des foules et l'amour de la patrie, se présentant en vaillants combattants du mal comme si le mal n'était pas inséparable du bien mais qu'il y avait des bons et des méchants. Les foules hypnotiques se rassemblent dans l'amour du chef qui prend la place de l'idéal du moi, nourrissant le culte de la personnalité. Ce n'est en rien nouveau, mais toujours aussi dangereux, opposant l'amour du maître et celui de la démocratie. Plus généralement, la conception idéalisée de l'amour se heurte à sa réalité bien plus sordide, avec ses ombres et ses lumières (que j'ai explorées dans "L'amour libre"), des chagrins d'amour aux violences conjugales. Nous n'avons pas à nourrir de nouveaux mensonges, une nouvelle religion, de nouvelles idoles ("ni Dieu, ni César, ni tribun"). Il nous faut rester du côté des lumières et de la recherche de la vérité avec le plus de justesse possible ("La question de l'attribution à la pensée humaine d'une vérité objective n'est pas une question de théorie, mais une question pratique", Thèses sur Feuerbach).

Une autre vision extraordinaire du changement social voudrait qu'il résulte de changements individuels, ce qui est un aveuglement millénaire lui aussi puisqu'il est partagé par les religions sacrificielles et l'économie libérale ! C'est au nom des mêmes fausses évidences que Montaigne nous fait croire que notre servitude serait volontaire, ce qui est d'une rare bêtise alors que l'ordre établi nous est imposé par les faits et notre fonction par le système où nous nous insérons. Marx a montré comme le système de production s'autonomise de ses acteurs qui y sont subordonnés, actionnaires comme salariés, tout comme dans le fétichisme des sociétés originaires. On s'est imaginé devoir dépasser ce fétichisme de la monnaie, inutile rêverie, nous sommes toujours des sauvages. Le structuralisme a montré comme des logiques souterraines, des rapports de parenté s'imposaient aux acteurs à leur insu. La façon dont un système contraint les individus n'a rien de mystérieux pourtant. Ce n'est pas de la manipulation des esprits, plutôt de l'ordre du code de la route et des flux qui nous entraînent comme les modes du moment. La situation présente montre bien que la crise ne dépend pas du tout de nous individuellement mais de sa gestion globale uniquement, c'est la même chose pour l'écologie quoiqu'un peu moins vrai peut-être. En tout cas, l'individualisme libéral est une idéologie collective qui a beaucoup surestimé le rôle de l'acteur en mettant en valeur quelques vedettes. S'il n'y a pas de "procès sans sujet", la subjectivité vouée à sa reproduction ne joue vraiment qu'aux marges ou sur le long terme, même si notre liberté n'est jamais aussi effective que dans ces moments révolutionnaires et que l'individu doit rester la finalité de la démocratie.

On ne peut se passer de mobilisations collectives pour changer l'organisation sociale mais il vaudrait mieux ne pas apporter la division parmi nous avec la prétention de se conformer à de nouvelles exigences morales. Aussi, à rebours des prétentions omniprésentes actuellement de changer une humanité qu'on a trouvé indigne, j'oserais dire plutôt "rejoignez-nous mais ne changez rien, on vous aime comme vous êtes, ce sont seulement les lois qu'il faut changer !". Il y a bien sûr mille raisons de détester l'humanité entière, capable du pire comme du meilleur, mais si on ne peut améliorer les hommes, c'est que leurs mauvais côtés sont l'envers des bons ! Ainsi, on oppose à tort égoïsme et altruisme alors que l'égoïsme est le plus souvent un égoïsme de groupe (famille, parti, nation, classe), un égoïsme altruiste, donc (on se bat voire on se sacrifie pour les autres). De sorte qu'il n'y a pas du tout opposition entre les deux. L'opposition qu'on peut faire c'est plutôt entre liens forts (internes) et liens faibles (avec l'étranger voire l'ennemi), ce qui est beaucoup moins facile à arbitrer que le choix entre le bien et le mal ! Il n'empêche que la concurrence et la coopération, ce n'est pas pareil, mais, plus généralement, l'anthropologie ne laisse guère d'illusions : ce sont les deux faces de la socialité qu'il faudrait prendre en compte, la face individuelle et la face communautaire, avec toutes leurs contradictions, ce que ne faisaient ni le libéralisme, ni le communisme et qu'une écologie pourrait peut-être arriver à concilier ?

On peut améliorer les choses, il n'y a pas de doute, et même améliorer les hommes un peu, à condition de tenir compte de leurs mauvais côtés, en adaptant mieux l'organisation de la société à ses finalités humaines et aux contraintes matérielles. L'amour reste l'amour, la moralité publique reste fluctuante. Ce qui s'améliore, c'est d'abord les connaissances ou l'information. L'amélioration est largement cognitive mais c'est un processus lent, même s'il y a des sauts qualitatifs comme celui du numérique justement. Dès lors, une métamorphose du capitalisme est encore une fois indispensable mais plus encore un nouveau système de production plus adapté à l'ère de l'information, de la globalisation et de l'écologie. Nous vivons une rupture anthropologique qui nous obligera à changer, cela ne fait pas de doutes. Il s'agit de savoir comment, concrètement, le temps de rêver est passé quand il faut passer à l'action.

Même sur le plan cognitif, il ne faut pas trop s'illusionner sur notre propre clairvoyance et la possibilité de faire beaucoup mieux qu'avant. Il ne suffit pas de prendre le contrepied de la propagande officielle. On a raison de se révolter mais il ne suffit pas de se révolter pour avoir raison. La pensée critique produit ses propres dogmatismes. Les petits maoïstes qui récitaient leur petit livre rouge se croyaient bien plus intelligents que tous les autres. La lumière aveugle et rejette dans l'ombre, passant d'un extrême à l'autre, selon les lentes pulsations de l'histoire. Il faudrait reconnaître tout ce qui limite notre rationalité, pas seulement l'inconscient (le refoulement ne s'auto-analyse pas) mais plus encore le parti pris, le point de vue, l'idéologie, le dogmatisme, l'énonciation enfin, tout ce qui fait qu'il ne suffit pas de proclamer sa capacité d'auto-critique, voire de confession publique, toutes chose qui se transforment facilement en hypocrisie et en bonne conscience si on n'avoue pas les limites de l'exercice. Mon expérience est plutôt qu'on reste enfermé dans ses certitudes et, de toutes façons, on ne fera pas une société d'élites et de saints. Toute morale devrait partir de notre insuffisance, de notre état de pêcheurs, de perdants, de ratés, incitant au pardon de nos insuffisances qu'il faut d'abord reconnaître. La question est donc finalement cognitive plus que morale, d'intégrer les limites de la rationalité, de la réflexion, de l'auto-critique, de la conscience, de la morale...

Ce n'est pas parce qu'on ne sait pas tout qu'on ne sait rien, ce n'est pas parce qu'on déforme la réalité qu'on ne se cogne pas au réel. Il ne faudrait pas croire que nous vivons dans un monde aussi illusoire et arbitraire que celui de Matrix, marionnettes de complots tout puissants, opinion complètement manipulée par les médias. C'est plus compliqué. Il n'y a rien d'arbitraire, tout a une cause, tout s'explique par une longue histoire et par notre position sociale, sujets du langage inscrits dans des discours qui nous précèdent. Nous sommes parlés, plus que nous ne parlons, mais plus libres qu'avant quoiqu'on dise et plus intelligents globalement, loin de l'abêtissement qu'on nous annonce depuis Tocqueville au moins et qui était plutôt dernièrement celui des nouveaux riches ridiculement bling-bling. L'époque qui s'annonce sera moins superficielle et plus positive, plus sensible aux injustices, plus solidaire mais ce n'est pas l'effet d'une conversion morale, c'est un renversement de cycle, essentiellement générationnel. Ce n'est pas parce qu'effectivement on nous bourre le mou qu'on pourrait croire n'importe quoi, opposant simplement nos valeurs à d'autres valeurs. On ne change pas son histoire ni la réalité d'aujourd'hui par de simples discours, par un changement de paradigme qui nous révèlerait à l'être, mais en comprenant les nécessités et les opportunités du moment, l'ancien monde qui ne veut pas disparaître et le nouveau qui tarde à naître. On peut décider de l'avenir par des mots à condition qu'ils touchent juste, qu'ils parlent de la réalité et s'incarnent dans des institutions. Rien de magique là-dedans.

Bien sûr, personne n'empêche quiconque de créer de nouvelles communautés, expérience qui nous apprend beaucoup sur nous-mêmes. Il n'est pas impossible que quelque chose comme la mode hippie revienne au goût du jour, et ce ne serait pas une si mauvaise chose pour l'écologie notamment, mais il faudra bien tenir compte de l'apprentissage historique et des déceptions passées. Il y aura toujours plein de gens qui voudront vivre autrement et suivre ceux qui leur promettent la lune mais on ne peut rêver que ce soit pour tout le monde pareil. Il y a, heureusement, une pluralité des modes de vie et de pensée, une pluralité des fins légitimes, on ne s'en sortira que par une "économie plurielle". Dès lors, on ne voit pas bien comment un nouveau mode de vie pourrait constituer sérieusement une base politique même s'il faut encourager de ne pas supporter des conditions de vie insupportable. D'ailleurs, s'il y a une voie pour changer profondément la vie, c'est bien celle de la transformation du travail, sinon la communauté de base, en politique, c'est la commune dont on ne choisit pas les citoyens.

La vie change tout le temps, donc on pourra toujours dire que la vie a changé ; en mieux, on peut l'espérer, même si ce ne sera jamais le paradis et que l'amour nous manquera toujours. Il faut certes changer la vie, d'abord des plus démunis et des plus précaires. Cela n'a rien de métaphysique. Oui il faut changer le monde ! Oui nous devrons changer, mais cela ne sera jamais à hauteur de nos rêves. Ce n'est pas parce qu'on ne peut supprimer toute aliénation qu'il ne faut pas combattre de nombreuses aliénations qui nous oppressent, et d'abord dans le travail. C'est là qu'on peut tirer parti concrètement de la nécessité du travail autonome à l'ère de l'information pour construire un système alternatif combinant production (coopératives), circulation (monnaies locales) et reproduction/distribution (revenu garanti). Les avantages qu'on peut en attendre sont loin d'être négligeables, mais il n'y a pas de raisons d'en attendre des miracles, non, ce serait tromper son monde. L'abolition de l'esclavage n'a pas été rien, mais il n'a pas ouvert pour autant sur un bonheur sans fin, loin de là !

C'est folie de vouloir changer les hommes, par contre nous avons de sérieux problèmes à résoudre et dont nous devons discuter les dispositifs matériels qui y répondent, rien d'autre ne peut se discuter politiquement, démocratiquement. Ce qui nous rassemble, ce sont nos divisions, nos différences idéologiques, sociales, religieuses, philosophiques. Toute communauté se fonde sur ce à quoi elle s'oppose, "toute définition est une négation". Il y a un conflit sur le possible et le souhaitable, conflit à politiser. Ce que nous avons de commun, c'est notre avenir, qui est l'enjeu de la lutte politique pour savoir qui décide et comment on répartit les ressources.

On ne peut nier qu'il soit positif de vouloir se libérer, de vouloir se dépasser et se désaliéner. Même si c'est casse gueule, viser trop haut n'est pas tout-à-fait vain, je n'ai pas à juger. Il ne sert à rien d'essayer d'amortir la chute des nouveaux idéaux, pas plus que de persuader l'amoureux qu'aucun amour ne dure... Dans Mein Kampf, Hitler insiste sur l'importance de toujours présenter le prochain combat comme la lutte finale pour mobiliser ses troupes. Ce n'est assurément pas la voie à emprunter pour nous, il faudrait plutôt raison garder, même si l'histoire est "un délire bachique dont il n?y a aucun membre qui ne soit ivre" (Hegel). Adieu aux foules, donc, je reste du côté de la raison et de la fonction critique, même au milieu de la liesse populaire, résistant à toutes les intimidations, insupportable à tous les pouvoirs. Comme toujours, la difficulté est de rester fidèle à notre élan premier sans tomber pour autant dans la naïveté ou le dogmatisme. L'improbable solution ne tombera pas du ciel ni de la communion des coeurs alors qu'elle sera la réponse trouvée aux contraintes effectives et donc de l'ordre du cognitif. Il ne s'agit pas de ré-enchanter le monde d'un sens mystérieux mais de retrouver une vie démocratique et pouvoir donner sens à ce qu'on fait, voir le bout de ses actes comme disait Gorz, liberté toujours à reconquérir, difficile poésie de la vie quotidienne contre tout ce qui nous renie.

Voir aussi :
- Le frimeur, l'idiot et le vendu
- L'individualisme pseudo-révolutionnaire
- Le massacre des utopies
- Misère de la morale
- L'épreuve du réel (matérialisme et dialectique)
- Un se divise en deux, etc.



Fonte: http://jeanzin.free.fr/index.php?2009/02/15/169-changer-la-vie

Revue des sciences 02/09 - 17Jul2018 18:56:24


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Revues : Pour la Science - La Recherche - Sciences et Avenir
Brèves : Physique - Climat - Biologie - Santé - Technologie


La nouvelle la plus importante du mois est sans doute la découverte d'un gène responsable de la neurodégénérescence, et, peut-être, le fait qu'un ancien médicament semblerait en protéger ! De quoi remédier à l'arrêt surprenant de la progression de l'espérance de vie ? Sur un tout autre plan, "l'ordre inévitable", d'András Sárközy (!) me semble aussi essentiel, donnant une limite au désordre qui ne peut donc être infini. Pour le climat, il ne faudrait même pas en parler tant il apparaît évident désormais qu'on ne pourra éviter un réchauffement catastrophique, même si on arrêtait tout tout de suite, mais les progrès de la connaissance du climat apportent aussi un nouvel éclairage sur notre histoire, beaucoup plus dépendante des aléas climatiques que ne le laissaient supposer les travaux historiques. Il ne semble pas malgré tout que les catastrophes naturelles aient jamais arrêté les progrès cognitifs, sauf temporairement, ayant provoqué plutôt des sauts de civilisation plus ou moins longtemps après l'effondrement. Il est frappant, au contraire, de constater comme l'évolution humaine reste fonction du temps, partout dans le monde et même indépendamment de tout contact ! Cela n'empêche pas que notre rationalité est toujours bien limitée, entre autres par la pensée de groupe. La sexualité féminine en témoigne, au coeur d'un numéro très riche de Sciences et Avenir, restant un sujet toujours aussi excitant et mystérieux malgré les progrès des sciences. Sinon, je dois signaler que j'ai perdu une de mes sources les plus intéressantes, Roland Piquepaille mort soudainement, et qui rappelle que derrière l'univers virtuel, il y a des hommes mortels vouées à disparaître de notre monde... Sans que ce soit lié, cette revue des sciences sera d'ailleurs sans doute l'une des dernières (même si elle devrait continuer le mois prochain au moins).

On trouvera une version éclatée en plusieurs articles de cette revue des sciences sur le site du GRIT-Transversales : physique - climat - biologie - santé - technologies.



Pour la Science no 376, L'étrange lune de Saturne


Pour la Science

- L'importance des protéines de choc thermique, p70

Ce n'est pas vraiment une nouveauté, expliquant sans doute les bienfaits du sauna par exemple, mais l'importance des "heat shock proteins" (HSP) est réévaluée, véritables chaperonnes servant à inactiver les mutations de l'ADN (et à les libérer dans des conditions extrêmes) mais aussi à toutes sortes de choses comme accrocher les protéines restées dépliées pour les replier comme elles le devraient, etc.

Les chaperonnes, des protéines à tout faire.

Des protéines dites de choc thermique protègent les cellules des effets du stress. Ces chaperons moléculaires jouent aussi un rôle dans les défenses de l'organisme. Elles pourraient être utilisées pour traiter certains cancers.

En 1962, à l'Institut de génétique de Pavie, en Italie, quelqu'un fit monter par inadvertance la température d'un incubateur contenant des drosophiles. Lorsque le généticien Ferruccio Ritossa examina les cellules des insectes ayant subi un tel « choc thermique », il remarqua que leurs chromosomes avaient enflé par endroits : des gènes avaient été activés dans ces régions et des protéines synthétisées.

Quinze ans plus tard, le même effet thermique fut détecté chez des mammifères et d'autres animaux. Les protéines de choc thermique, ou hsp (heat shock proteins), ont depuis été reconnues comme des acteurs moléculaires primordiaux de toute cellule. Omniprésentes dans le monde vivant, elles font partie d'anciens mécanismes de survie des organismes, conservés tout au long de l'évolution. Produites en réponse à des conditions stressantes, la chaleur notamment, les protéines de choc thermique « chaperonnent » d'autres protéines et accomplissent ainsi deux fonctions essentielles : elles évitent les interactions moléculaires indésirables et favorisent celles qui sont souhaitables.

Au cours de la dernière décennie, les scientifiques ont montré que ces molécules jouent d'autres rôles chez les organismes supérieurs, notamment l'homme. Elles font en effet partie intégrante de nos défenses immunitaires contre le cancer et les agents pathogènes ; elles pourraient, de ce fait, se révéler utiles pour le développement de nouveaux médicaments et de vaccins.

- Les précurseurs de l'analyse des rêves, p78

Dès le début du xixe siècle, des savants ont analysé leurs rêves pour en dégager la signification. La psychanalyse et la science des rêves actuelle sont les héritières de ces études pionnières.

Ces amateurs de songes revendiquaient de n'être ni des « superstitieux » croyant au caractère surnaturel ou prémonitoire des rêves, ni des romantiques valorisant une autre vie supérieure à la vie diurne. Ils souhaitaient étudier les visions et les voix nocturnes scientifiquement, c'est-à-dire à partir de « faits » censés être fiables. Et pour ce faire, quoi de plus simple et de plus sûr que de se prendre soi-même comme objet d'étude à domicile, de s'entraîner à noter et à répertorier ses propres rêves pour devenir ce que j'appellerais un « savant rêveur » ?

C'est toujours pareil, comme on ne lit plus Alfred Maury (1817-1892) ni "Marie Jean Léon d'Hervey de Saint-Denys" (1822-1892), etc., on peut être tenté de croire que Freud a tout inventé alors qu'il n'a fait que donner cohérence aux travaux précédents (tout comme Newton ou Einstein...).

- Les limites des prévisions démographiques, p82

Conférence de Gilles Pison, en ligne sur le site de France Culture.

Il est intéressant de se rappeler que l'explosion démographique est très récente puisqu'elle commence dans la seconde moitié du XVIIIè siècle avec la modernisation des sociétés, les débuts du capitalisme et le progrès des sciences mais surtout de l'hygiène et de la médecine (le premier vaccin, contre la variole) ainsi que l'amélioration des communications permettant d'approvisionner les populations subissant une famine locale. La baisse de la mortalité infantile va entraîner la "transition démographique" avec la baisse de la natalité et les débuts de la limitation des naissances, notamment par coïtus interruptus.

Ce dernier point m'étonne et ne correspond pas à ce qu'on sait par ailleurs notamment de la société romaine en particulier, utilisant si intensément une plante contraceptive qu'elle finira par disparaître ! Il est vrai qu'avant, le contrôle des naissances était un souci minoritaire mais il me semble que c'est plutôt la déculturation de masse produite par l'industrialisation qui sera cause de la perte de ces savoirs traditionnels. Je suis étonné aussi que les cycles générationnels (baby boom) ne soient pas pris en compte, expliquant si bien la reprise actuelle, et qu'on se contente de prolonger les courbes, jusqu'à l'extinction supposée, ce qui est absurde. Par contre, il semble assez raisonnable de prévoir le pic de population de 9 milliards vers 2050 avant de décroître, la "transition démographique" touchant cette fois les pays les plus peuplés. C'est bien la décroissance qu'on a devant nous, après la décélération, même si on peut légitimement penser, comme Lévi-Strauss, qu'on aura été trop nombreux mais il n'y a rien de plus naturel que de passer les limites avant de se stabiliser !

Rappelons tout de même que le néolithique a sans doute débuté par un accroissement de la population suivie de difficultés climatiques, ce qui a poussé à l'adoption de l'agriculture mais permettra ensuite une nouvelle explosion démographique, d'un facteur 10 au moins !


- L'ordre inévitable, p86
Jean-Paul Delahaye

C'est quelque chose de très simple mais de fondamental, et ce n'est pas seulement parce que ce problème s'est terminé par un mariage qu'il peut être qualifié de « problème à l'heureuse issue » (ou problème qui finit bien) car on peut dire son résultat inespéré, contre-intuitif et contre-entropique : il n'y a pas de désordre qui ne crée de l'ordre. On peut s'amuser que "l'ordre inévitable" qui en découle soit un théorème d'András Sárközy (un mathématicien hongrois) mais l'important c'est que l'ordre puisse émerger du désordre le plus complet, mettant des limites à un désordre qui ne peut être absolu. Il ne faudrait pas réduire pour autant la complexité biologique à cet ordre inévitable car la complexité du vivant se construit par bifurcations (complexification) et rétroactions, non pas au hasard de la dispersion entropique. C'est seulement qu'il y a une limite au désordre, ce qui n'empêche pas que "l'ordre est rare" (conformément à la loi d'entropie qui est seulement statistique).

En 1933, Esther Klein soumit un puzzle géométrique à un groupe de mathématiciens. Il en résulta un article de Paul Erdös et George Szekeres, le mariage d'Esther Klein et de George Szekeres et... un théorème de Sárközy.

Si vous dessinez un grand nombre de points sur une feuille sans que trois d'entre eux soient alignés, alors six points délimiteront un hexagone convexe ne contenant aucun autre point. Ce « théorème de l'hexagone vide inévitable » est plus difficile à démontrer qu'on ne l'imagine à la lecture de son énoncé. C'est seulement en 2007 que, simultanément et indépendamment, Tobias Gerken, de l'Université Technique de Munich, et Carlos Nicolas, de l'Université du Kentucky, en ont proposé une démonstration.

Les démonstrations du théorème de l'hexagone vide s'appuient sur les solutions d'un problème géométrique de la même catégorie, nommé par Paul Erdös « Problème à l'heureuse issue » de par son histoire.

Cet hexagone convexe vide est inévitable s'il y a un nombre assez grand de points. Mais combien exactement ? On sait que 29 points ne suffisent pas à garantir l'hexagone vide (résultat dû à Mark Oversmars de l'Université d'Utrecht) et que 463 suffisent (démontré en 2007 par Vitaliy Koshelev de l'Université indépendante de Moscou).

Dans toute structure assez grande, certaines sous-structures organisées sont nécessairement présentes (...) Les îlots d'ordre sont obligatoires, mais de plus en plus petits (...) et donc leur présence ne contredit en rien le côté exceptionnel des structures globalement organisées affirmé par la théorie de Kolmogorov.

De l'ordre, oui il y en a nécessairement en petite quantité, c'est ce que dit la théorie de Ramsey, mais cet ordre est rare et localisé : les grandes structures possédant une organisation globale sont rarissimes.





La Recherche no 427, La guerre des trous noirs


- La sérotonine intestinale est une hormone inhibant la formation de l'os !, p24

95% de la sérotonine de l'organisme est produite par le tube digestif et incapable de parvenir au cerveau. Son rôle restait en grande partie un mystère...

Cette découverte étonnante pourrait servir à combattre l'ostéoporose.

- La guerre des trous noirs, p30

Rien de vraiment neuf. C'est juste la publication d'un livre de Léonard Susskind sous ce titre qui motive le dossier du mois, prenant pour pivot la question de la conservation de l'information dans un trou noir, ce qui mène au principe holographique réduisant l'information d'un trou noir à sa surface. Le débat entre Susskind et Stephen Hawking (qui a reconnu sa défaite) tient en partie à la confusion du terme d'information utilisé en physique quantique. En effet, il est évident qu'un livre avalé par un trou noir n'en sera pas recraché indemne ! La seule chose qui ne se perd pas c'est l'information quantique, c'est-à-dire ce qui constitue des informations pour le physicien, les variables de ses équations (énergie, charge, spin, impulsion, imbrication, etc.). La conservation de "l'information" n'est donc qu'une généralisation de la loi de conservation de l'énergie. Cependant, on ne voit pas bien comment l'évaporation des trous noirs, restituant tout leur contenu quantique, serait compatible avec le fait que les trous noirs formeraient d'autres univers en expansion (des fontaines blanches), comme le nôtre, s'évaporant donc par sa surface ?

Nous serions ainsi entourés d'un "horizon cosmologique", surface sphérique imaginaire au-delà de laquelle aucun signal ne peut plus jamais nous parvenir. Les galaxies et les étoiles seraient comme "avalées" par cet horizon dès qu'elles le franchissent. Tout se passe, en fait, comme si nous nous trouvions au centre d'un trou noir inversé, qui vomit les objets plutôt que de les attirer en son sein. Des travaux récents indiquent, par ailleurs, que les propriétés de l'horizon cosmologique seraient similaires à celles de l'horizon des trous noirs. p41

"L'horizon" suppose une rupture de causalité entre intérieur et extérieur qui ne semble pas plus compatible avec la théorie quantique mais, évidemment, tout cela reste entièrement spéculatif. Léornard Susskind est un grand penseur et théoricien, un homme de principes et un constructeur de systèmes imaginatif qu'on pourrait comparer à Wheeler. Il a été en effet l'inventeur des cordes et nous avions rendu compte de son livre précédent, "Le paysage cosmique", qui défendait brillamment le principe anthropique au milieu d'une multitude d'univers invivables. Ici, c'est le principe holographique, dont on avait déjà parlé en 2006, réduisant notre univers en 3 dimensions à sa surface interne, ce qui a de bonnes chances d'être vrai malgré le côté contre-intuitif. Il est certain que si une de ses théories trouvait un début de confirmation expérimentale, il aurait immédiatement le Nobel !

- Les aléas de la démocratie, p97

Jean-Marc Lévy-Leblond plaide, avec raison, pour que la démocratie tienne compte de la "marge d'erreur", comme toute bonne physique et n'ait pas la religion de la majorité à une voix ! (notez que les Verts ont une majorité à 60%) Il soutient aussi le tirage au sort, comme Aristote, relativisant le vote, ce qui est essentiel (je rappelle souvent le dernier texte de Bourdieu qui analysait le vote comme rite de soumission).

- L'âge du bonheur, p97
Hervé Le Bras

Même si des études récentes semblaient suggérer que "l'argent ne fait pas le bonheur", le bonheur ne serait pas vraiment indépendant de la richesse, du moins en valeur relative plus qu'en valeur absolue : le bonheur dépendrait surtout "de la perception de son rang ou de sa place dans la société". Reste à savoir si c'est la dominance ou la reconnaissance qui est le plus déterminante.

On peut se référer aussi aux journées de l'économie sur le sujet :
http://www.laviedesidees.fr/Bonheur-et-vie-quotidienne.html.




Sciences et Avenir no 744, Comment le cerveau gère notre sexualité



Le dossier du mois, sur la sexualité, est entièrement en ligne comme le reste du numéro. Il montre, tout comme l'article du New York Times "What Do Women Want ?", que le désir féminin est mental, avec une plus grande indépendance du corps que pour les hommes, ce qui expliquerait le peu d'effets des traitements physiologiques comme le Viagra. Une étude voudrait même nous persuader que l'orgasme féminin serait fonction de la richesse ou du statut social de son partenaire ! Le nouvel aphrodisiaque féminin qui motive ce dossier agit effectivement au niveau des neurotransmetteurs, surtout certains récepteurs à sérotonine (mais il n'agit qu'au bout de 6 semaines!), de façon malgré tout assez proche des antidépresseurs.

D'autres traitements sont à base de testostérone, secrétée normalement par les ovaires et les glandes surrénales et dont la baisse après l'accouchement peut parfois provoquer une notable baisse de la libido pour une période plus ou moins longue pouvant aller même pour quelques unes jusqu'à un maximum de 3 à 4 ans ! Cependant, la testostérone pourrait avoir des effets secondaires gênants chez la femme (acné, insomnie, migraine, pousse des poils, prise de poids...). Beatriz Preciado, une espagnole qui vient de relater son expérience dans un livre ("Testo Junkie") ne semble pourtant pas se plaindre de son "intoxication volontaire" à la testostérone, mais il est vrai qu'elle a de la moustache et se situe complètement hors norme !

- La molécule du désir féminin, p46

La flibansérine, une nouvelle molécule testée aux Etats-Unis, est censée faciliter le désir et le plaisir féminins.

- Comment le cerveau gère notre sexualité, p52

L'organe central de la sexualité féminine c'est... le cerveau. «C'est pour cette raison qu'on observe tant de différences entre les femmes, explique Francesco Bianchi-Demicheli, responsable de la consultation de gynécologie psychosomatique et sexologie de l'Hôpital universitaire de Genève. Les mêmes stimulations peuvent engendrer des réponses très variables d'une femme à l'autre, mais aussi chez la même, d'un jour, d'une heure à l'autre, selon son état d'esprit, son humeur, son cycle hormonal.»

«L'émergence du désir sexuel dans le cerveau est quasi instantanée, plus rapide qu'un clin d'oeil».

Simultanément à la voie instinctive, l'autre voie mobilisée dans l'émergence du désir sexuel est cognitive. C'est elle qui fait toute la différence entre avoir envie de quelqu'un et avoir envie d'un gâteau au chocolat... Le désir active des zones cérébrales cognitives supérieures. «Les études en neuro-imagerie montrent que ce réseau cortical complexe est sollicité, explique Francesco Bianchi-Demicheli. Ces zones sont impliquées dans l'estime de soi, la représentation mentale de soi en fonction des expériences personnelles passées et présentes et la capacité à intégrer l'autre en soi.» Et plus l'amour s'en mêle, plus le désir féminin devient cognitif !

Ces activations de toutes sortes ont pour effet final d'exciter électriquement les neurones du cortex pour parvenir à l'orgasme, ce pic du plaisir sexuel souvent comparé à une crise d'épilepsie partielle entraînant, pendant quelques secondes, la perte totale du contrôle de soi. Ce phénomène est caractérisé par 3 à 15 contractions involontaires du tiers externe du vagin et de fortes contractions de l'utérus et des sphincters externes et internes de l'anus. Ce phénomène est suivi par l'émission d'ocytocine (attachement, confiance) et d'endorphines (délassement).

En examinant 30 femmes par échographie, le docteur Jannini a décelé une différence entre les «orgasmiques» vaginales et les autres : le tissu entre le vagin et l'urètre est nettement plus fin dans le premier groupe.

A prendre avec précaution, comme tout le reste, mais voilà encore un domaine où les avis sont très tranchés, avec celles qui nient absolument qu'il y ait d'autre jouissance que clitoridienne, voulant gommer toute différence avec la jouissance phallique. Dolto, elle, croyait à une jouissance liée à la fécondation ! Elle voulait peut-être exprimer par là le sentiment cosmique de participation à la chaîne de la vie ? En tout cas, jusqu'à maintenant, l'existence même du point G était très contestée, comme beaucoup d'autres choses qu'internet a heureusement rendu publiques. Il est toujours difficile de faire la part entre la nécessaire lutte contre les préjugés et le simple déni de réalité, on le voit en tout domaine (que ce soit le climat, la politique, etc.).

Il est certain que de gros efforts sont faits aussi pour dénier le caractère biologique de la sexualité et de l'amour car des hommes ne se conduisent pas comme des bêtes et ne se réduisent pas à leurs instincts animaux mais on ne peut se cacher malgré tout la part biologique qui reste immense dans les rapports sexuels, même s'ils restent des rapports humains, bien sûr, où la régression animale fait partie du jeu du désir et de la confiance mutuelle.

- Boris Cyrulnik : le désir est autant biologique que psychologique, p56

Les nouveaux aphrodisiaques serviraient surtout à éviter les aventures extra-conjugales ?

- «Neuf fois sur dix, les femmes parlent du désir au masculin», p57

Pour une femme, le désir, c'est parvenir à érotiser le fait de devenir objet tout en restant sujet en accueillant le partenaire. Ce qui revient à ne pas érotiser seulement l'émoi amoureux mais aussi le corps invaginé.

On peut relire à la lumière de ce dossier mon article de 2004 reprenant le point de vue lacanien sur la sexualité féminine où je m'étonnais de tout ce qu'on ignorait encore à notre époque sur ce "continent noir".

- Dans la peau d'un autre, p28

Notre identification à un autre peut être totale, ce que tout chaman sait depuis toujours...

Dans une première expérience, un sujet fait face à un mannequin, identique à ceux que l'on trouve dans les vitrines des magasins. Cet être artificiel est équipé d'un casque portant deux caméras pointées vers le bas du corps. Celles-ci voient donc le corps depuis le torse jusqu'aux pieds. Le sujet, qui fait face au mannequin, a quant à lui la tête inclinée vers le bas. Il porte une sorte de masque de réalité virtuelle embarquant deux écrans (un devant chaque oeil) connectés aux deux caméras du mannequin. Ainsi équipé, il voit le corps du mannequin à la place de son propre corps, exactement sous le même angle. L'expérimentateur appuie alors de manière répétitive et simultanée sur son abdomen et celui du mannequin avec la pointe d'un bâton. Par cette double stimulation sensorielle, à la fois visuelle et tactile, le sujet a la sensation d'être dans la «peau» du mannequin.

Que l'expérimentateur s'amuse alors à planter un couteau de cuisine dans l'abdomen du mannequin, le sujet ressent le stress, avec la désagréable impression que son ventre se fait transpercer.

On peut consulter l'étude en ligne sur PLoS ONE (en anglais).

- Les grincheux de Wikipedia, p29

Les rédacteurs bénévoles de l'encyclopédie en ligne Wikipedia seraient des grincheux introvertis, préférant le monde d'Internet au monde réel. C'est du moins la conclusion d'une étude israélienne dirigée par Yair Amichai-Hamburger et publiée dans CyberPsychology & Behavior. Selon les chercheurs, si les «Wikipédiens» contribuent gratuitement, ils ne sont pas pour autant altruistes. C'est pour eux un moyen d'exister.

Il y a une méprise sur l'altruisme, sans doute, et une sous-estimation de la question de la vérité, mais il est certain que sur Wikipédia les échanges sont souvent tendus et agressifs puisqu'il n'y a pas d'autorité pacificatrice...

- Le Sahara va devenir une gigantesque centrale, p30

Le Plan solaire méditerranéen, annoncé en décembre par l'Union européenne, va démarrer d'ici à la fin de l'année. Il ambitionne d'installer des milliers de panneaux photovoltaïques dans le Sahara. L'électricité produite sera utilisée par les pays du Maghreb et le surplus exporté en Europe. Dans dix ans, le plan prévoit que 20 gigawatts de puissance (l'équivalent de 20 tranches nucléaires) devront déjà être réalisés.

- Un sachet de cellules souches répare le cerveau, p34

Lors de l'intervention, le Dr Amir Samii, neurochirurgien, a disposé près du site de la lésion un petit sachet identique à une Infusette de thé de 2 cm3, rempli d'environ un million de cellules souches adultes mésenchymateuses obtenues à partir de la moelle osseuse de patients volontaires sains.

«Ces cellules ont d'abord été encapsulées dans des billes d'alginate, puis génétiquement modifiées pour sécréter une protéine nommée CM1 à qui l'on prête une activité antiapoptotique (qui s'oppose à l'apoptose, la mort programmée des cellules) et qui favoriserait la régénération des cellules nerveuses».

Moins de dix semaines après la première intervention, ils ont constaté une récupération des lésions attribuée à une régénération des zones initialement lésées.

- Le vaccin antigrippe protégerait de la phlébite, p36

En vaccinant les personnes ayant déjà un antécédent de phlébite, on pourrait éviter les récidives et surtout ses graves complications comme l'embolie pulmonaire. A noter : la vaccination antigrippale était déjà recommandée après un infarctus ou un accident vasculaire cérébral pour éviter (du moins le suppose-t-on) le développement de phénomènes inflammatoires vasculaires responsables de la formation de caillots.

- Dormir est bon pour le coeur, p36

Celles qui ont dormi en moyenne une heure de plus par nuit ont présenté un moindre risque de calcification des artères coronaires, facteur prédictif de maladies cardiaques. Cette pathologie est notamment favorisée par l'intolérance au glucose, l'obésité ou l'hypertension, des facteurs de risques également sous influence du métabolisme nocturne.

Il y a pourtant des statistiques suggérant que moins on dort plus on vit vieux ! (peut-être parce que plus on dort, plus on est déjà malade ?)





Brèves et liens



Physique


cosmologie, astronomie, physique quantique


- Le rayonnement fossile 6 fois trop puissant !

Il existe plusieurs sources possibles d?ondes radios dans le cosmos et leurs émissions se superposent. Il faut donc être capable d?observer ou d?évaluer les différentes composantes pour les séparer et observer un signal caché dans l?arrière fond. Les chercheurs pensent avoir éliminé ainsi toutes les sources de contaminations possibles à l?avant plan. Alors leur est apparu le fond radio dans la bande de longueur d?onde où l?on doit observer le rayonnement continu de freinage datant de la réionisation. Ce rayonnement est 6 fois plus important que prévu !

C?est un résultat à la fois décevant et excitant. D?un côté, le signal nous permettant de sonder la Renaissance cosmique est visiblement noyé par un fond d?origine inconnue et il nous reste pour le moment indétectable. De l?autre, cela signifie que quelque chose de nouveau et d?important au niveau cosmologique vient probablement d?être découvert? Reste à savoir quoi !

- Asymétrie du rayonnement fossile

Selon les théories cosmologiques standards, les fluctuations de températures que l?on peut y déceler devraient être identiques en moyenne sur la sphère céleste. Mais ce n?est pas le cas. Une légère asymétrie existe entre les deux hémisphères.

De fait, on parle généralement assez peu de ces mesures révélant qu?en moyenne, l?une des moitiés de la sphère céleste présente des fluctuations thermiques plus importantes que dans l?autre hémisphère.

Les auteurs de l'étude ont tenté de rendre compte de ce fait en imaginant qu?au tout début de l?inflation, le champ scalaire ? l?inflaton ?, présentait des différences de valeurs plus importantes que l?on ne l?imaginait dans les régions de l?espace aujourd?hui visibles et qui ont été dilatées par son expansion. Mais malheureusement cela ne fonctionne pas !

On produit bien, ainsi, une asymétrie mais cela implique des fluctuations de températures partout dans le rayonnement fossile qui doivent être plus élevées que ce que l?on observe. Toutefois, si l?on introduit un second champ scalaire particulier baptisé le curvaton, comme Linde et d?autres avaient proposé de le faire dès le milieu des années 1990, on peut expliquer les observations de WMap. On disposerait alors d?une fenêtre nouvelle sur ce qui s?est passé pendant l?inflation.

Il pourrait s?agir aussi d?une fenêtre sur ce qui s?est passé non pas seulement pendant l?inflation mais même? avant le Big Bang.

- Les trous noirs géants se seraient formés avant leurs galaxies hôtes

Cela confirme le caractère structurant des trous noirs, plus constructeurs que destructeurs (en plus d'être des réservoirs d'information selon Susskind!).

L?astrophysicien Chris Carilli et ses collègues viennent d?utiliser les radiotélescopes du Very Large Array (VLA) et de l?interféromètre du plateau de Bure de l?Iram pour étudier la taille des galaxies et de leurs trous noirs géants pendant le premier milliard d?années de l?histoire de Univers. Ils ont découvert que les trous noirs étaient à cette époque bien plus massifs par rapport aux bulbes galactiques. Leur conclusion est donc que les trous noirs se sont formés avant les bulbes et présentent une croissance plus rapide.

- La voie lactée plus rapide et plus massive

La Voie lactée est plus rapide qu?on ne pensait, ont expliqué Mark Reid (Harvard-Smithsonian Center for Astrophysics) et ses collègues. D?après leurs calculs, la vitesse de rotation de la galaxie sur elle-même est supérieure aux précédentes estimations de 160.000 km/h. Conséquence directe : la force de gravitation qui s?exerce au sein de la galaxie est plus forte et donc la masse est 50% plus élevée qu?on ne pensait. La Voie lactée devient alors l?égale d?Andromède.

Comme on s?en doutait depuis longtemps, les contradictions sur le nombre de bras spiraux de la Galaxie sont dues au fait que la partie interne du disque, autour du bulbe galactique où se trouve un trou noir géant, contient bien deux bras spiraux mais que chacun se sépare en deux autres bras dans la partie externe du disque.

Voir aussi Futura-Sciences.

- Hubble découvre des étoiles qui s?échappent de notre galaxie !

Elles sont quatorze, elles sont jeunes et traversent la galaxie à toute vitesse en formant un sillage en forme de pointe de flèche, laissant derrière elles une queue de gaz lumineux. Ces étoiles surprenantes n'entrent dans aucune catégorie connue...

Selon Raghvendra Sahai, il pourrait s?agir d?étoiles nées au sein d?un amas stellaire, faisant peut-être partie à l?origine d?un système binaire et dont l?un des constituants aurait été éjecté par réaction de gravitation engendrée par le passage d?une troisième étoile plus massive. Le transfert d?énergie cinétique se produisant alors est parfaitement capable de propulser l?astre vers l?extérieur, voire de l?accélérer jusqu?à lui faire échapper à l?attraction de la Voie lactée et la propulser dans l?espace intergalactique.

- Une nébuleuse

Cette image de Hubble a été prise en Novembre 2008 avec l'instrument WFPC2 (Wide Field Planetary Camera 2). Les couleurs dans l'image représentent une gamme d'émissions provenant des nuages de la nébuleuse: le rouge représente l'azote, le vert représente l'hydrogène, et le bleu représente l'oxygène.


- Du méthane sur Mars

Détecté début 2004 par le spectromètre de la sonde européenne Mars Express, le méthane confirme donc sa présence dans l?atmosphère de Mars. Sa durée de vie est courte, soulignent les chercheurs. Pendant l?été, les émissions atteignent 0,6 kilogramme par seconde, ce qui est comparable à une source naturelle de méthane sur Terre. Cependant les concentrations de méthane chutent rapidement après la saison chaude. Le gaz est peut-être libéré l?été par la fonte des glaces, suggère Mumma.

Ce méthane peut être le fruit d?un processus géologique, le résultat de l?interaction entre l?eau et des roches volcaniques dans le sous-sol, ou biologique, via l?action de microorganismes vivant sous la surface. Dans les deux cas cela suppose la présence d?eau à l?état liquide dans le sous-sol martien.

Voir aussi Futura-Sciences.

- De la bonne eau en grande quantité sur Mars

Une équipe réunissant des chercheurs du Laboratoire de planétologie de Grenoble (LPG, INSU, université Joseph Fourier) vient de confirmer la très grande abondance d?eau martienne sous forme de glace, notamment au niveau de la calotte polaire sud de la Planète rouge. La pureté de cette glace est aussi remarquable, puisqu?elle atteint 95% dans les régions centrales, avec déplacement des impuretés à la périphérie.

Le terme de calottes polaires est toutefois abusif, car il s?agit plutôt de dépôts stratifiés. Constituant les plus grands réservoirs d?eau martienne, ils représentent une capacité évaluée à 2 à 3 millions de km³.

Ces données ont été établies sur base de quelque 140.000 points de mesures acquis par le radar de subsurface Sharad, actuellement en orbite à bord de la sonde Mars Reconnaissance Orbiter.

- Des photos de Mars


- Inverser la force de Casimir

La force de Casimir, qui est attirante, constitue un frein au niveau nanométrique. Pour l'inverser et qu'elle devienne répulsive, il faudrait simplement des matériaux hétérogènes.

Comment les chercheurs ont-ils réussi à obtenir une force de Casimir répulsive? Le choix des éléments est crucial: pour que la recette fonctionne, il faut que les deux matériaux ait une réponse différente lorsqu?ils sont soumis à un champ électrique (lorsque les chercheurs ont utilisé une sphère et une plaque en or, elles se sont attirées). Le choix du liquide est également très important : en fonction de son comportement sous l?effet d?un champ électrique la force peut devenir attractive et non plus répulsive. Pour lubrifier les nanomachines, il faudra donc ajuster la composition de tous ces éléments.

Voir aussi Futura-Sciences.

- Première téléportation quantique à grande distance entre atomes

En observant le premier ion, une superposition d?état est détruite provoquant l?émission d?un photon pouvant posséder deux états d?énergie possible. L?information portée par le premier ion est alors détruite mais, à cause de l?intrication de cet ion avec le second, l?état du deuxième ion est changé de sorte qu?il enregistre d?une certaine façon l?information qui se trouvait dans le premier.

En fonction de l?énergie du photon émis par le premier ion, on sait quels types d?opérations on peut faire subir au second pour qu?il restitue l?information concernant le premier. Les chercheurs ont constaté qu?il y avait bien eu téléportation de l?état quantique du premier ion sur le second.

- Chauffé à un milliard de degrés, l'or devient plus dur !

Cela peut paraître anecdotique mais cette propriété pourrait s'avérer utile pour la fusion nucléaire et notamment les machines Z ?

C?est un paradoxe prédit théoriquement. Chauffé à des températures dépassant un milliard de degrés, un réseau cristallin d?atomes d?or ne se met pas à fondre mais au contraire devient plus résistant... Cette étrange prédiction vient d?être vérifiée expérimentalement par des chercheurs de l?université de Toronto au Canada.


Climat


Climat, écologie, énergies


- Le changement climatique est irréversible...

On savait déjà que le problème principal du co2 contrairement au méthane, c'est que ses effets sont à long terme et se font sentir avec un retard de 50 ans à peu près, ce qui rend si difficile la prévention car on juge à l'aune de notre réchauffement actuel encore très très modéré, et s'il y a une année un peu moins chaude (dans l'hémisphère nord car l'Australie est en surchauffe), la pression se relâche et les "sceptiques" (négationnistes plutôt) paradent. Si cet article a raison de souligner que, même en arrêtant nos émissions, le réchauffement est inéluctable et devrait durer 1000 ans, il reste dans une vision linéaire du réchauffement alors que si on atteint les 4°C de réchauffement et qu'on dépasse les maxima précédents, la bombe climatique devrait s'emballer bien au-delà...

Le niveau de CO2 dans l?atmosphère est pratiquement irréversible, avertissent les scientifiques. Même en cessant complètement les émissions, les quantités de chaleur et de CO2 accumulées dans les océans continueront à se libérer lentement, prolongeant le réchauffement durant des centaines d?années.

« Les gens ont cru que si nous cessions d?émettre du dioxyde de carbone le climat serait revenu à la normale dans 100 ans ou 200 ans. Ce que nous montrons, c?est que ce n?est pas vrai. Il s?agit essentiellement d?un changement irréversible qui durera plus d?un millier de années », affirme Mme Solomon.

L?idée que ces changements seront irréversibles entraîne des conséquences sur la façon dont nous devons combattre le changement climatique. Le thermostat mondial ne pourra pas être baissé rapidement une fois qu?il aura été augmenté. Les scientifiques avertissent donc que nous devrions agir avec plus de prudence dès maintenant.

« Je crois que si c?est irréversible, pour moi, c?est d?autant plus une raison pour faire quelque chose », dit-elle. « Parce que s?engager dans quelque chose d?irréversible me semble une décision qu?on doit prendre avec encore plus de précaution que lorsque c?est quelque chose qu?on peut annuler ».

- Des scientifiques appellent à une action urgente sur l?acidification des océans

Plus de 150 océanographes de premier plan ont fait part de leurs inquiétudes à travers la « Déclaration de Monaco », qui met en garde sur l?accélération de l?acidification des mers.

« Nous, scientifiques qui nous sommes réunis à Monaco pour rassembler les connaissances sur l?acidification des océans, déclarons que nous sommes profondément préoccupés par les récentes évolutions rapides de la chimie des océans et de leurs potentiels à affecter dans quelques décennies les organismes marins, les réseaux alimentaires, la biodiversité et les pêcheries. »

Les chercheurs avertissent que l?acidification des océans, qu?ils désignent comme « l?autre problème du CO2 », peut rendre la plupart des régions de l?océan inhospitalières pour les récifs coralliens d?ici à 2050, si les niveaux de CO2 dans l?atmosphère continuent de croître.

On peut lire un résumé du rapport de l'Unesco sur l'acidification des océans :

Depuis le début de la Révolution industrielle, l?acidité de l?océan a augmenté de 30 %. Ce changement est au moins trois fois plus important et cent fois plus rapide que n?importe quelle autre modification de l?acidité qui a pu avoir lieu au cours des 21 millions d?années passées.

- Réduction « soudaine et considérable » de l?absorption de CO2 en mer du Japon

Une nouvelle série de mesures effectuée par une équipe de chercheurs coréens et russes montre que la quantité de CO2 absorbée par la mer du Japon a baissé de moitié depuis les années 1990. Les scientifiques attribuent cette diminution qu?ils qualifient de « soudaine et considérable » à une perturbation de la circulation des courants marins verticaux due au réchauffement climatique.

- Vague de chaleur record en Australie

L?Australie subit une vague de chaleur record, avec des températures dépassant les 40° dans le sud et atteignant 50° dans l?intérieur du pays. L?augmentation de la consommation électrique a par endroit provoqué l?effondrement du réseau, désorganisant les transports publics. Le sud du pays souffre d?une sècheresse marquée depuis plus d?un an. Les météorologues australiens estiment qu?elle est due en partie au changement climatique.

- L?Antarctique n?échappe pas au réchauffement

Alors que l?Arctique est devenu en quelques années le symbole du réchauffement climatique planétaire, jusqu?à provoquer la visite d?hommes politiques, l?Antarctique restait un peu en marge de cette mobilisation. Les données indiquaient jusqu?à présent que seule la Péninsule antarctique pointant vers l?Amérique du sud se réchauffait mais que le reste du grand désert blanc, notamment la partie est de la calotte glaciaire, semblait se refroidir.

C?est en réalité tout le continent austral qui s?est réchauffé ces cinquante dernières années, affirment aujourd?hui des chercheurs américains dans la revue Nature. Entre 1957 et 2006 les températures ont augmenté de 0,5°C.

C'est contesté par d'autres chercheurs car il est très difficile de porter un jugement global alors que certains parties se réchauffent et que d'autres se refroidissent ,en particulier à cause du trou d'ozone. En tout cas une des plus importantes banquises permanentes de l?Antarctique est sur le point de se séparer et de partir à la dérive, risquant de modifier le tracé des courants océaniques.

- Pas de panique pour les glaciers du Groenland ?

Le recul observé chez certains glaciers du Groenland pourrait être une réponse transitoire au changement climatique, et aucune conclusion sur le taux de diminution de la calotte de cette île à l'avenir ne devrait en être tirée, estiment des scientifiques britanniques.

L'évolution des glaciers du Groenland se déversant dans la mer dépend beaucoup de celle-ci, et s'adapte très rapidement à ses fluctuations.

- Le dégazage géologique représenterait 17% des émissions d'éthane

Les chercheurs ont analysé les concentrations atmosphériques de méthane, de propane et d'éthane dans 238 sites répartis dans le monde et trouvé que les dégazages naturels à travers l'écorce terrestre représentaient au moins 17 pour cent des émissions totales d'éthane et 10 pour cent des émissions totales de propane. Ils disent qu'il y a plus de 10 000 sites naturels d'où le gaz s'échappe dans plus de 80 pays de part le monde et que ces sources significatives de gaz pour l'atmosphère ne peuvent plus être négligées.


- Un super effet de serre après la Terre "boule de neige"

Une équipe de chercheurs français ont modélisé le climat de "super effet de serre" qu'a dû connaître notre planète après sa période d'intense glaciation dite "boule de neige". Contre toute attente, ce climat extrêmement chaud a dû être suffisamment sec pour que l'altération continentale, et donc la consommation du CO2 atmosphérique, en soit fortement limitée. Le retour à des conditions préglaciaires n'a donc pas pu se faire avant plusieurs millions d'années.

- Les mammouths auraient disparu à cause d'une comète ?

Un petit corps céleste, probablement une comète, serait tombé sur l?Amérique du Nord entraînant la vidange du lac Agassiz dans l?Atlantique nord conduisant à interrompre ou au moins réduire la circulation thermohaline, comme celle du Gulf Stream. Le refroidissement du climat qui en aurait résulté serait la cause, non seulement de la disparition des mammouths nord-américains, mais il aurait aussi accéléré la sédentarisation de l?homme et la découverte de l?agriculture au Moyen-orient.

Les Natoufiens en particulier, afin de survivre à la raréfaction des ressources alimentaires, auraient peut-être ainsi été responsables de la révolution néolithique. La thèse est cependant controversée. Il semble en effet que la révolution néolithique a été progressive et n'est survenue simultanément partout dans le monde.

Même si la comète peut expliquer le refroidissement, il est difficile de croire qu'elle soit responsable de la disparition des grands animaux seulement, l'homme ayant dû y participer largement. Il est par contre probable, comme on l'avait vu le mois dernier, que les difficultés climatiques aient eu un rôle dans la néolithisation. A noter tout de même les variations du méthane corrélées à celles des températures.


- La civilisation américaine contemporaine de l'Egypte anéantie par El Niño

Il y a surtout eu un très grand tremblement de terre mais el Niño a bien achevé le travail. Ce qui est le plus troublant, c'est que des niveaux de civilisation relativement similaires aient pu se produire en Egypte et en Amérique, sans contact pourtant. Cette coïncidence semble indiquer une sorte d'horloge cognitive un peu comme il y a une horloge génétique très approximative mais assez précise statistiquement malgré tout. De sorte que notre avenir serait bien orienté par le progrès de la civilisation sur le long terme, sans que cela ne signifie que les civilisations ne seraient pas mortelles et qu'il n'y aurait pas de graves régressions !

Une des plus anciennes, mais aussi des plus imposantes civilisations d?Amérique, a disparu brutalement il y a 3.600 ans. Pourquoi ? A cause des effets conjugués d'un tremblement de terre et de El Niño.

Postérieure à la civilisation de Sumer (4.000 à 3.000 av. JC), contemporaine de la construction des grandes pyramides d?Egypte, la civilisation de Caral précède les Olmèques (1.200 à 500 av. JC).

Sa principale caractéristique est certainement son architecture monumentale tout en relief, formée de plateaux surélevés et de places circulaires creuses. Parmi les constructions de la quarantaine de sites identifiés jusqu?à présent, les archéologues ont découvert divers instruments de musique, ainsi que plusieurs indices faisant penser que cette civilisation maîtrisait la fabrication du textile, des drogues, et peut-être même de différents aphrodisiaques. On n?y découvre cependant aucune trace de céramique ni de poteries, pas plus que d??uvres d?art.

A l?instar de bien d'autres civilisations, Caral a construit des pyramides, qui se dressent sur une surface de 65.000 mètres carrés et dont la plus grande mesure à sa base 150 x 160 mètres pour une hauteur de 18 mètres, le sommet étant plat et recouvert d?un amphithéâtre dont les gradins peuvent contenir plusieurs centaines de personnes. La population, estimée à une dizaine de milliers de personnes, avait mis au point un vaste réseau d?irrigation et cultivait du coton ainsi que divers légumes et fruits, et vivait aussi du produit de la pêche.

L?âge d?or de Caral a duré largement plus d?un millénaire, jusqu?aux environs du 18e siècle avant notre ère. Il n'a pourtant fallu que quelques générations pour qu'elle disparaisse...

Il y a environ 3.600 ans, un important séisme de magnitude 8 ou même plus a non seulement entraîné la destruction d?une bonne partie des constructions intégrées aux pyramides, mais a aussi déstabilisé la chaîne de montagnes qui domine la vallée, entraînant l?accumulation d?éboulis en contrebas.

A la suite de l'épisode El Niño, d?abondantes pluies saisonnières ont inondé les régions côtières du Pérou, lessivant les débris rocheux en les entraînant vers l?océan.

« La fin de cette civilisation pourrait servir de conte moral pour notre époque, notamment en ce qui concerne les effets du phénomène El Niño sur le climat ».

- Un impact de comète serait à l?origine de la famine de l?an -536

Ce qui est intéressant, c'est que cette période du VIème siècle coïncide avec un progrès cognitif décisif puisqu'aux alentours de cette date on trouve le miracle Grec avec Pythagore puis Héraclite, le Bouddhisme et les Upanisads (?) en Inde, Zarathoustra (?) en Iran, Confucius et Lao-tseu en Chine, etc.

Une famine survenue il y a 2.500 ans était restée jusqu?à présent inexpliquée. Elle pourrait avoir été provoquée par la chute d?une comète.

Divers documents historiques rapportent qu?à partir de l?an 536 avant notre ère, le ciel a été obscurci durant dix-huit mois par un étrange nuage de poussière au point que le Soleil n?était pas plus brillant que la Pleine Lune des années précédentes. Selon les chroniqueurs de l?époque, les températures baissèrent considérablement et les récoltes furent nulles, entraînant une terrible famine.

Avec son équipe, Abbott a identifié deux cratères sous-marins dont l?âge pourrait correspondre avec l?évènement. Le premier, situé dans le golfe de Carpentarie en Australie, aurait été formé par la chute d?un objet de 640 mètres de diamètre tandis que le second, plus petit, se situe en Mer du Nord, au large de la Norvège. Ces découvertes sont intéressantes car les sphérules mises au jour dans les carottages du Groenland sont souvent accompagnée de microfossiles qui pourraient avoir été transportés avec eux.


- Pénurie alimentaire en vue dans un monde plus chaud

Il est normal de s'en préoccuper mais il me semble que ces projections sous-évaluent l'augmentation des précipitations dues au réchauffement. Bien sûr la situation sera différente selon les régions dont certaines seront favorisées pendant quelques dizaines d'années au moins.

Dans les régions tempérées, les saisons les plus chaudes connues deviendront la norme dans nombre d'endroits. Ils ont aussi considéré trois exemples récents de chaleur saisonnière extrême ayant affecté la filière agroalimentaire: l'été 2003 en France qui a causé des pertes agricoles et en vies humaines en Europe, l'été 1972 dans l'ex-Union Soviétique, qui fut largement responsable de sommets dans les prix du blé, et la sècheresse de plusieurs décennies qui a frappé le Sahel, où pénurie d'eau et stress de chaleur ont fait chuter la productivité des cultures et de l'élevage.

- Les arbres meurent dans l'Ouest américain

Les arbres des vieilles forêts de l'ouest des États- Unis périssent à un rythme accéléré ces dernières décennies, probablement en raison du réchauffement climatique régional, indiquent des chercheurs.

Cette évolution identifiée par les chercheurs concerne des arbres d'essence et de tailles variées poussant à différentes altitudes et dans des forêts ayant connu des épisodes d'incendies distincts, ce qui suggère que ce changement n'est pas simplement dû à une compétition accrue pour des ressources ou au vieillissement de grands arbres.


- Deux fois moins de brume sur l'Europe qu'il y a 30 ans

mais la pollution nous protégeait du soleil !

Une étude publiée le 18 janvier 2009 dans Nature Geoscience indique que la diminution des conditions de brume et de brouillard en Europe, qui serait liée à l'amélioration de la qualité de l'air, peut avoir contribué, en moyenne, à hauteur de 10 à 20 % au réchauffement diurne.

- Asie: les petits feux font les gros nuages

En Asie du sud les ciels sont régulièrement obscurcis par une sorte de brouillard dû à la pollution. La principale source de ces nuages bruns atmosphériques, qui peuvent bloquer les avions au sol lorsqu?ils sont vraiment épais, est la combustion de biomasse.

Ce brouillard est composé d?aérosols carbonés qui proviennent à la fois de l?utilisation du pétrole (émissions de véhicules), du charbon, des feux de forêt, de la combustion de végétaux pour le chauffage ou la cuisine.


- Fertilisation de l'océan contre réchauffement : une nouvelle expérience

Un navire vient de partir vers l'océan Antarctique pour déverser dans la mer 20 tonnes de fer afin de stimuler la production de phytoplancton et vérifier si cet apport augmente bien la capacité de l'océan à absorber le gaz carbonique de l'atmosphère. Contestée, la méthode a été interdite, du moins à grande échelle, par un moratoire international.

On avait déjà vu (et même dès août 2007) que cette fertilisation ne marchait pas vraiment, ce qu'une nouvelle étude confirme...

- La peinture blanche contre le réchauffement climatique !

Selon Akbari, peindre en blanc 10 mètres carrés de surface sombre serait aussi efficace que réduire d'une tonne la production de dioxyde de carbone. Une simulation réalisée sur Los Angeles estime ainsi qu'en recouvrant deux tiers des routes et des toits, en plus du plantage d'arbres, la ville pourrait voir sa température baisser de 2 à 3 degrés. Ce qui aurait par ailleurs un effet bénéfique sur le smog qui étouffe la cité des anges. Mais toutes les cités d'Europe du Nord n'ont pas la chance d'avoir 300 jours d'ensoleillement annuels comme L.A., ce qui minimise quelque peu la portée d'un tel projet.

On pourrait gagner aussi un peu plus de réflexion de la lumière solaire avec des plantes plus claires comme le maïs ou les marguerites. On pourrait arriver à baisser ainsi de 1°C la température, ce qui semble difficile à croire. On peut se demander d'ailleurs si cette chaleur ne reste pas malgré tout bloquée par l'effet de serre ?

- 200 propositions de réduction des émissions de GES

Cela paraît bien optimiste mais c'est l'optimisme de la volonté !

Nous avons aujourd?hui le potentiel pour limiter le réchauffement climatique en dessous du seuil de 2°C, à un coût relativement faible. C?est le message du rapport de McKinsey and Co, ? Pathways to a Low Carbon Economy?, auquel a contribué le WWF.

Selon ce rapport, si l?ensemble des options technologiques étaient utilisées, les émissions mondiales de gaz à effet de serre pourraient être réduites de 40% par rapport à 1990 d?ici à 2030. Une réduction suffisante pour limiter le réchauffement de la planète en dessous de 2°C. Mais il faut agir dès aujourd?hui : si la communauté internationale attend 10 ans pour agir, il sera alors impossible de rester en dessous de ce seuil de 2°C et donc d?éviter les impacts catastrophiques du dérèglement climatique. Autre message important de ce rapport : le coût net de l?action - prenant en compte le coût de la mise en ?uvre des politiques publiques - est estimé entre 200 et 350 milliards d?euros par an à l?horizon 2030, soit 0.4% du PIB mondial, dans l?hypothèse où le baril de pétrole ne dépasse pas 60$.

- Une petite ville allemande produit plus d'énergie qu'elle n'en consomme

La région du Harz prévoit, d?ici quatre ans au maximum, de recourir exclusivement aux énergies renouvelables pour sa population grâce à un ingénieux réseau rassemblant éolien, solaire, hydraulique et biomasse. Déjà, Dardesheim, petite agglomération d?un millier d?habitants, a pleinement atteint cet objectif et se pose ainsi en précurseur.

L?approvisionnement principal en électricité est obtenu grâce à un complexe de 26 éoliennes installées dans le parc de Druiberg, qui détient un record en la matière puisqu?on peut y découvrir la plus grande éolienne du monde. Surnommé affectueusement Goliath, ce modèle E112 construit par la firme Enercon est équipé d?une turbine atteignant à elle seule jusqu?à 6 mégawatts d?électricité. Capable de produire de 12 à 15 millions de kilowatts-heures par an, elle peut assurer la consommation moyenne de 4.000 foyers.

Des panneaux de capteurs solaires photovoltaïques ont aussi été installés sur les toits de bâtiments publics (écoles, pompiers) ainsi que de nombreux particuliers.


Biologie


évolution, génétique, biodiversité, éthologie, anthropologie, neurologie


- Le grand ptérosaure bondissait pour s'envoler sur place

Capable de voler sur de longues distances, et peut-être même migrateur, le grand ptérosaure ne pouvait prendre son envol en courant sur le sol, comme le fait un oiseau. Ses pattes puissantes lui venaient à la rescousse, affirme un chercheur. En quelque sorte, ce reptile volant était un adepte du décollage vertical.

- Mille nouvelles espèces découvertes dans la région du Mékong

Au cours de la dernière décennie, plus de mille espèces ont été décrites par les scientifiques dans la région du Grand Mékong, dont certaines considérées comme disparues depuis plusieurs millions d?années. Cette étonnante biodiversité, exceptionnelle, est présentée dans un récent rapport du WWF.

Contrairement aux habitudes, certaines de ces nouvelles espèces, qui se classent aussi bien parmi les plantes que les animaux vertébrés ou non (mammifères, reptiles, oiseaux, batraciens, insectes, arachnides, myriapodes...), n?ont pas été découvertes dans une jungle inexplorée et inextricable mais quelquefois en des lieux très communs.

Parmi les nouvelles espèces décrites, officiellement au nombre de 1.068, figure la plus grande araignée du monde (Heteropoda maxima). La dimension de ses pattes, qui atteignent 30 centimètres, équivaut à l?envergure totale de Theraphosa blondi (ou leblondii), l?ancienne détentrice du record? Parmi les arthropodes, on relève aussi un étonnant mille-pattes, Desmoxytes purpurosea, surnommé mille-pattes dragon, bourré de cyanure et dont la couleur rose fluo sert apparemment de panneau avertisseur aux prédateurs qui désireraient s?en faire un festin.

Au total, cette véritable moisson écologique se compose de 519 végétaux, 279 poissons, 88 grenouilles, 88 araignées, 46 lézards, 22 serpents, 15 mammifères, 4 oiseaux, 4 tortues, 2 salamandres et un crapaud.

- Les manchots empereurs fortement menacés d'extinction d'ici 2100

Plus précisément, les scientifiques ont calculé que les effectifs de cette colonie allaient s'effondrer de 93 %, passant de 6000 couples reproducteurs en 1962 à 400 d'ici la fin du siècle. Avec une probabilité moyenne de s'éteindre égale à 36 % en 2100.

- Des méduses immortelles

Cette petite méduse de 5mm venue des caraïbes a l'extraordinaire propriété de rajeunir après sa reproduction en retournant au stade de polype cylindrique, au lieu de mourir comme les autres méduses. Leur étonnante immortalité serait la cause de son inquiétante prolifération.


- Les plantes produisent de l'aspirine pour se défendre

En travaillant sur l?arabette des dames (Arabidopsis thaliana), l?équipe du Pr Poovaiah et ses collègues ont montré qu?en cas de danger, comme une infection par un champignon ou un virus, le calcium se lie à une autre molécule, la calmoduline, pour envoyer à la plante le signal de départ de la production d?acide salicylique.

Attaquée par un microorganisme ou un nématode, une plante peut déclencher une réaction d?hypersensibilité. Sur le site de l?infection ou de l?attaque, les cellules sont alors amenées à se ??suicider?? via le mécanisme de mort programmée (apoptose), provoquant une nécrose des tissus qui isole l?intrus et empêche sa dissémination. D?autres signaux peuvent également être envoyés aux autres parties de la plante pour qu?elles se préparent à lutter. C?est dans le cadre de cette seconde réaction immunitaire qu?intervient l?acide salicylique.

En temps normal, le taux d?acide salicylique est faible chez les plantes : il augmente lorsqu?elles doivent se défendre. Cette bataille se joue au détriment de leur croissance : il est donc important qu?un mécanisme régule la fabrication d?acide salicylique. La balance se fait grâce au duo calcium-calmoduline d?un côté, qui appuie sur le bouton ?ON? et à la protéine AtSR1 de l?autre, qui appuie sur ?OFF?.

Nous en produirions nous même en interne...

- Un oeil cristallin fait de miroirs

Dolichopteryx longipes, un petit poisson peu spectaculaire vivant à plus de mille mètres de profondeur, est probablement le mieux adapté à une vision en l?absence presque complète de luminosité. A défaut de cristallin, ses yeux sont équipés de miroirs...

Tout d?abord, les deux paires d?yeux n?en sont en réalité qu?une seule, qualifiée de diverticulaire car chacun d?eux est divisé en deux parties interconnectées, l?une regardant vers le haut et l?autre vers le bas.

Alors que les yeux de tous les vertébrés (entre autres) focalisent la lumière sur la rétine au moyen d?une lentille, le cristallin, la paroi postérieure de ceux du spookfish est tapissée de plusieurs couches de cristaux réfléchissants, constitués probablement de guanine, qui renvoient la lumière sur une zone sensible située en avant.

Selon l?équipe, si la lentille fournit des images plus contrastées et plus brillantes, le miroir est plus apte à capter la faible bioluminescence produite par les êtres abyssaux.


- La sérotonine transforme des crickets solitaires en grégaires

Un ?bain de foule? de deux heures suffit à un criquet solitaire pour changer en attraction sa répulsion à l?égard de ses congénères, ont observé les chercheurs, et pour se transformer en insecte grégaire. Le criquet perd alors sa couleur verte pour devenir jaune, sa physiologie s?adapte aux longs vols de l?essaim. Jusqu?en 1921 on pensait qu?il s?agissait de deux espèces distinctes.

Bloquer les récepteurs ou la production de sérotonine empêche le criquet solitaire de devenir grégaire au contact de ses congénères ; à l?inverse injecter le neuromédiateur transforme un solitaire Dr Jekyll en grégaire Mr Hyde même en l?absence de bain de foule.

- Certaines mouches sont plus sensibles aux punitions, d'autres aux récompenses

La répartition des tâches, propre à l'organisation sociale d'une colonie d'abeilles, repose sur l'existence d'insectes spécialisés dans la réponse à des stimuli aversifs d'un côté et appétitifs de l'autre. Ils ont également constaté que ce sont ces mêmes spécialisations qui déterminent les capacités d'apprentissage et de mémorisation particulières de chaque abeille. Ainsi certaines abeilles excellent dans l'apprentissage de problèmes associés à des récompenses alimentaires alors que d'autres le font dans l'apprentissage de problèmes associés à des punitions, renforçant ainsi la division des tâches au sein de la colonie.

- Notre odorat reste proche de celui des souris

Notre système olfacif n'a donc pas fondamentalement changé depuis nos ancêtres communs mais il y a malgré tout une assez grande variabilité individuelle de l'expression des gènes de l'odorat.

Première conclusion, les hommes et les souris sont attirés ou repoussés par les mêmes odeurs. Le géraniol, une odeur florale, constitue l'une des odeurs préférées par les deux espèces. A contrario, le guaïacol, qui correspond à une odeur de fumée voire de brûlé, figure parmi celles les moins appréciées. Ce résultat met en évidence la conservation des préférences olfactives entre ces deux espèces de mammifères. De plus, les scientifiques ont confirmé que ce jugement hédonique est étroitement lié à la structure de la molécule odorante. Celle-ci prédétermine donc en partie notre préférence olfactive.

Cette valeur hédonique, positive ou négative, de l'odeur est très fortement façonnée par l'expérience et la culture du sujet. Si l'on pense au camembert, son odeur alléchante pour beaucoup de Français peut être repoussante pour une personne d'une autre culture.


- Sur les traces des premiers Européens

Avant sa fermeture pour rénovation, le Musée de l?Homme à Paris présente une fabuleuse exposition sur le site préhistorique d?Atapuerca, dans le nord de l?Espagne, où ont été découverts les plus anciens restes d?hommes fossiles d?Europe de l?ouest.

«Les fouilles ont montré que cette Sierra, un véritable dédale de gouffres et de galeries, avait été occupée depuis l?aube de l?humanité européenne, il y a peut-être 1,2 à 1,8 million d?années et jusqu?à une époque récente. Il y a peu, certaines grottes étaient encore utilisées par les contrebandiers».

Homo antecessor. Les premiers fossiles de cette espèce, appartenant à six individus au moins sont datés de -800.000 ans.

Autre particularité, ces hommes ?dont on a retrouvé plus de onze individus à ce jour- ne dédaignaient pas la consommation de chair humaine crue. C?est à la Gran Dolina, en effet que l?on a retrouvé, associés à des silex et des quartzites d?une facture assez grossière, mais parfaitement tranchants, des restes d?Homo proprement découpés, la moelle expurgée. Les os portent des traces claires de décarnisation et de découpe. La peau et la chair ont été prélevées par lanières. Bref, ces Homo ont été dépecés, décharnés, démembrés, de la même manière que les bisons et autres gros herbivores dont on a retrouvé les restes en abondance dans le gisement. « Il s?agit du plus ancien témoignage de cannibalisme humain au monde, note Jose Maria Bermudez de Castro. Beaucoup de victimes sont des adolescents et des enfants». Selon lui, ce comportement pourrait être culturel et aurait visé à réguler la pression démographique et la compétition. Pour ce faire, les Homo antecessor auraient boulotté les jeunes, plus vulnérables, des clans voisins?

Le site est également connu pour receler un puits aux morts, la Sima de los Huesos. Il y a 400.000 à 500.000 ans, les hommes qui peuplaient la région semblent avoir jeté intentionnellement leurs morts dans cette cavité.

«Le plus émouvant est que l?on a retrouvé aux côtés ces restes, un magnifique biface rouge» raconte Eudald Carbonell. Il s?agit du seul outil taillé ?n?ayant jamais servi- trouvé dans le puits, et les chercheurs pensent qu?il a été également jeté sciemment avec les morts. Est-ce la preuve d?un début de pensée symbolique ? Les corps appartiennent à l?espèce Homo heidelbergensis, réputée être l?ancêtre de l?espèce Homo neandertalensis. Une espèce capable, en tous cas, de solidarité :les chercheurs ont en effet retrouvé un crâne, le plus complet au monde pour cette espèce, qui montre que son propriétaire a survécu des années malgré une terrible infection dentaire. Preuve que d?autres lui mâchaient la viande crue, principale source de nourriture de ces chasseurs solidement charpentés et dont les hommes pouvaient atteindre 1,90 m.

- Le village des cannibales

Des fosses funéraires datant du Néolithique, découvertes en Allemagne dans les années 1990, se révèlent aujourd?hui être le plus grand site de cannibalisme de la Préhistoire.

« Les squelettes ont d?abord subi des préparations de boucherie : des traces de découpe sur la plupart des os, la "levée de l?échine", où l?on sépare les côtes de la colonne vertébrale, l?écorchement des crânes depuis la racine du nez jusqu?à la nuque, etc. Ensuite, les os et les crânes ont été fracturés, et ce d?autant plus qu?ils contenaient de la moelle. Certains ont même été rongés, sucés. »

Il y aurait donc plus de 400 personnes cannibalisées, et probablement près d?un millier si l?on compte ce qui n?a pas encore été fouillé. « Cela soulève des questions abyssales, reprend Bruno Boulestin. Par exemple, d?où viennent tous ces gens ? » Le village est petit, et il n?y a aucun site de la même période dans la région. Seules les céramiques présentes dans les fosses suggèrent qu?ils venaient de loin : de qualité exceptionnelle, elles proviennent de régions qui vont de la Belgique à la Bohême. En outre, elles indiquent que les dépôts des os datent de la fin d?occupation du village, vers 5000 av. J.-C. : ils se sont étalés sur cinquante ans au maximum, voire beaucoup moins.

Quant aux causes de ce cannibalisme, elles restent pour l?instant très obscures. La fin du Rubané fut peut-être une période violente : il existe en effet deux sites d?extermination de masse de la même époque, en Allemagne et en Autriche. Mais il n?y a ni cannibalisme dans ces sites ni « cette dimension rituelle, très frappante à Herxheim », précise Andrea Zeeb-Lanz.


- Quand les mots et les bactéries racontent la même histoire

Taïwan serait bien le berceau des langues austronésiennes, celles qui aujourd?hui sont parlées à travers le Pacifique, de l?île de Pâques à Madagascar, en passant par une grande partie du sud-est asiatique. Deux méthodes différentes, l?une basée sur la linguistique, l?autre sur l?évolution du génome d?une bactérie, aboutissent à des conclusions similaires : des hommes sont partis de l?île de Taïwan il y a environ 5.000 ans, peuplant les Philippines, la Polynésie et la Nouvelle-Zélande en plusieurs étapes.


- Voir ce qui va être

L?imagerie fonctionnelle permet de voir l?activité cérébrale en temps réel, grâce à la mesure du flot sanguin. Cependant, dans certains cas, ce n?est pas ce que fait le cerveau mais ce qu?il va faire que l?on observerait ainsi.

Une expérience menée sur deux singes rhésus montre que l?anticipation d?une tâche peut entraîner un afflux de sang dans une partie du cerveau sans qu?il y ait une activité neuronale importante.

Cet afflux résulterait d?une anticipation de la tâche.

- Les bases neuronales du conformisme et de la pensée de groupe

Bien sûr ces études sont trop simplistes pour prétendre rendre compte de notre évidente tendance à penser comme les autres pour éviter les conflits au moins mais ces phénomènes de mimétisme prennent une telle ampleur qu'ils dépassent largement l'attitude raisonnée et se révèlent un mécanisme cognitif de base, plus qu'émotionnel, dont on trouve trace dans l'activité cérébrale.

C'est au fond le même mécanisme "linguistique" qui nous permet d'adopter le langage, les rites et les mythes de la tribu, recouvrant la véritable définition de la religion comme le sens qui nous est légué et dont on relègue la vérité à la tradition héritée, ce qu'on appelle la foi (conformisme qui change selon les lieux et les histoires),. Mais c'est aussi ce qui peut amener à adopter les comportements barbares des foules déchainées qu'on attribue à une levée des inhibitions alors qu'ils pourraient, au contraire, relever de l'exaltation du surmoi et du mimétisme ; témoignant en tout cas que nous ne sommes pas des consciences isolées mais que tout jugement est collectif, appartenant à une culture, un langage, un groupe, une époque historique...

Bien sûr ce conditionnement est relatif, sinon il n'y aurait pas de diversité des opinions, il faut simplement une bonne raison pour s'opposer aux autres, ce qui n'est pas une mauvaise chose, mais on sait aussi qu'il y a des drogues qui peuvent renforcer ou réduire le conformisme ou la créativité.

Pourquoi se comporte-t-on en mouton ?

Revendiquer tout haut ce que l'on est seul à penser tout bas, l'initiative demande parfois un effort surhumain. Mais pourquoi ? D'où nous vient cette propension à nous ranger toujours à l'avis de la majorité ? D'un automatisme cérébral lié à l'apprentissage, un réflexe issu d'un mécanisme cérébrale "servant normalement à détecter les erreurs de jugement".

Cette propension à se fondre dans la masse est donc bien réelle. Pour autant, son origine restait mystérieuse. Pour tenter de résoudre la question, une équipe hollandaise a cherché à visualiser, grâce à l'IRM fonctionnelle, les zones cérébrales s'activant lorsque de tels dilemmes de conformité surviennent.

Chaque réajustement d'opinion a été précédé par l'activation de deux zones cérébrales très particulières (partie rostrale de la zone cingulaire et striatum ventrale), des zones servant d'ordinaire à vérifier la valeur d'une information apprise dans le passé et à confirmer, ou non, son apprentissage (ce mécanisme est appelé renforcement de l'apprentissage). Ces zones du cerveau ont de plus été beaucoup moins sollicitées lorsqu'il existait une conformité entre la note indicative du groupe et celle de l'individu.

Ainsi donc, lorsqu'un désaccord survient entre l'opinion personnelle et le groupe, tout se passe comme si le cerveau tentait d'évaluer la possibilité qu'il soit en train d'effectuer une erreur de jugement. « Même si un tel lien avait été supposé dans le passé, c'est la première fois qu'il est mis aussi clairement en évidence, affirme Vasily Klucharev. Au final, il semble que nous nous raccrochions à l'avis du groupe parce que notre cerveau finit par décider que la plus grosse erreur pouvant être commise dans ce contexte, c'est de paraître différent des autres ! »

- Deux cerveaux pour une décision

Synthèse intéressante des dernières études sur notre rationalité limitée et dont certaines sont un peu ridicules (comme la sympathie augmentée par la chaleur d'un café) mais donnent malgré tout une bonne vision de notre caractère influençable et de certaines de nos limitations les plus prévisibles.

Par contre, il termine sur les incitations qui devraient remplacer les interdictions mais ces conceptions économistes, scientistes et libérales font trop l'impasse sur les différences sociales, comme si tout le monde était logé à la même enseigne et qu'il n'y avait que des individus et pas des groupes sociaux.

- L'importance des amis heureux

Pour être heureux, ayez des amis qui le sont, dit une étude de l'Université de Californie à San Diego. Entre 1983 et 2003, les psychologues ont suivi 4 739 personnes dans la ville de Framingham, au Massachusetts. Grâce à des questionnaires, ils ont étudié quel type de relations sociales avaient toutes ces personnes, leur nombre de frères et s?urs, voisins, amis et connaissances, ainsi que leur niveau de bien-être subjectif. Ils ont constaté, au fil des années, que les personnes entourées d'individus heureux devenaient de plus en plus heureuses, alors que c'était le contraire pour celles qui étaient entourées de tristes sires. Par exemple, une personne qui habite à moins de deux kilomètres d'un ami vivant un événement heureux (succès professionnel, naissance d'un enfant) augmente de 25 pour cent sa probabilité de devenir elle-même plus heureuse. La proximité géographique du bonheur joue un rôle, ce qui laisse entrevoir les limites des « amis virtuels » dont sont si friands les utilisateurs des sites de relation sociale sur Internet.

Tout ceci est assez risible, mais cela fait partie de la pensée de groupe ! L'obsession du bonheur est de l'ordre de la toxicomanie mais il n'en reste pas moins que la mesure du niveau de bonheur d'une population a autant de sens sociologiquement que le nombre de suicides à l'inverse.


Santé


génétique, traitements, nutrition, hygiène


- Le gène de la neurodégénérescence ?

Grande découverte sans aucun doute. L?important ici, c?est non seulement qu?on pourrait peut-être réduire les maladies neurodégénératives par une thérapie génique mais qu?on a confirmation du fait que le vieillissement est un processus actif, un peu comme l?apoptose.

De plus ce résultat est compatible avec le rôle reconnu du gène p53 comme principal mécanisme anticancer et notamment avec l?allongement notable de durée de vie que confère aux souris l?ajout d?une copie de p53.

En effet, les maladies neurodégénératives sont bien liées à l?âge uniquement, réglées par l?évolution, et seraient déclenchées par une inhibition de ce gène P53, inhibition des mécanismes de réparation et d?élimination des radicaux libres, laissant libre cours à l?entropie.

Cela laisse beaucoup d?espoir puisqu?il ne s?agit plus tant de trouver des moyens de réparation se substituant à ceux qui sont si efficaces tout au long de la vie mais seulement d?inhiber leur inhibition ! Très grande nouvelle si cela pouvait permettre une vieillesse sans dégénérescence, mais on n?en est pas là du tout encore...

Le premier facteur de risque des maladies comme la dégénérescence maculaire, le Parkinson et l'Alzheimer est l'âge.

Les résultats démontrent que le gène Bmi1 est requis dans les neurones de la rétine et du cortex cérébral pour prévenir l'activation de la voie p53 et l'accumulation de radicaux libres.

"En somme, il est maintenant établi que le gène Bmi1 est un régulateur direct du vieillissement cellulaire dans les neurones du cerveau et de la rétine des mammifères via son action sur les mécanismes de défense contre les radicaux libres", indique le Dr Bernier.

- Un ancien médicament ralentirait le vieillissement

De récentes études menées sur des animaux ont montré que le clioquinol (un médicament mis au point il y a plus de 80 ans pour le traitement de la diarrhée) peut freiner le processus de sénescence.

En laboratoire, le médicament a pu renverser la progression des maladies d'Alzheimer, de Parkinson et de Huntingdon chez les rongeurs. Les chercheurs ont énoncé diverses hypothèses pour tenter d'expliquer comment un composé pouvait à lui seul avoir des effets semblables sur trois maladies neurodégénératives sans lien entre elles. Le clioquinol agit apparemment en inhibant le gène codant pour clock-1 pour ainsi ralentir le processus de vieillissement.

Autrefois prescrit couramment en Europe et en Asie pour le traitement de troubles gastrointestinaux, comme la diarrhée et la shigellose, le clioquinol a été retiré du marché en raison d?effets secondaires potentiellement graves. Toutefois, les chercheurs estiment aujourd?hui que le lien avec le clioquinol n'a pas été démontré.

- Une nouvelle stratégie contre l'Alzheimer

La netrin-1, une protéine connue pour intervenir à la fois au cours du développement du système nerveux et dans la régulation des cancers, est capable de se lier au récepteur APP. Des études in vitro ont permis aux chercheurs d'observer que la présence de netrin-1 dans le milieu extracellulaire et sa fixation au récepteur APP inhibait la formation du peptide toxique amyloide beta.

Ils ont observé que cette infusion de netrin-1 permettait non seulement d'inhiber la formation du peptide amyloide dans le cerveau des souris malades mais aussi de rétablir des capacités cognitives initialement perdues.

- Boire 3 à 5 cafés par jour protègerait de l'Alzheimer

Les buveurs de café en milieu de vie présentaient un moindre risque de démence et de maladie d?Alzheimer ultérieurement, comparativement à ceux n?en buvant pas ou en buvant peu. Le risque le plus bas (65 % inférieur) concernait ceux qui boivent modérément du café, c?est-à-dire 3 à 5 tasses par jour.

- Manger peu améliore la mémoire

Plus on mange et plus on perd la mémoire, ce qui est cohérent avec le fait que la maladie d'Alzheimer est considérée comme un diabète de type trois.

- Les graisses alimentaires perturbent l?horloge biologique

Dans un article qui sera bientôt publié par la revue Endocrinology, les chercheurs suggèrent qu?une alimentation riche en graisse peut contribuer à l'obésité, non seulement par sa haute teneur en calories, mais aussi en perturbant les phases et le rythme quotidien des gènes associés à l?horloge biologique.

Voir aussi Futura-Sciences.

- Brouiller les communications des bactéries pour les affaiblir

Il s'agit d'introduire des "moutons noirs" qui ne collaborant pas avec les autres bactéries réduisent leur virulence.

C'est une sorte de médecine écologique qu'imagine Stuart West, un biologiste britannique, basée sur l'utilisation machiavélique de bactéries refusant d'?uvrer pour la collectivité. Volontairement introduites chez un patient, elles pourraient perturber l'écosystème bactérien pathogène responsable de la maladie.


- Ce n'est pas la nicotine mais les IMAO qui rendent accrocs au tabac

Les scientifiques prouvent que c'est l'association de nicotine avec d'autres produits contenus dans le tabac, les inhibiteurs de monoamine oxydases (IMAO), qui entraîne ce découplage. Plus précisément, ils montrent que les IMAO permettent de révéler les propriétés addictives de la nicotine parce que ces derniers annulent l'action d'une protection naturelle que possèdent les neurones sérotoninergiques vis-à-vis de la nicotine: le récepteur sérotoninergique 5-HT1A. L'effet de la nicotine sur la libération de sérotonine est si intense qu'il se produit en quelques fractions de secondes un "rétro-contrôle" qui bloque alors la libération de sérotonine. Ce phénomène de "rétro contrôle (Le mot contrôle peut avoir plusieurs sens. Il peut être employé comme synonyme d'examen, de vérification et de maîtrise.)" n'est possible que lorsque ces récepteurs 5-HT1A jouent leur rôle protecteur. Sans cette protection, les neurones sérotoninergiques sont suractivés par la nicotine, ils se découplent et déclenchent le processus de dépendance.

En conclusion de ce travail, les auteurs expliquent donc pourquoi les thérapies actuelles de sevrage tabagique échouent dans un grand nombre de cas. La nicotine seule ne suffit plus comme produit de substitution.


- Apprendre au corps à tuer les cellules cancéreuses

En implantant des polymères comportant des antigènes de cellules cancéreuses dans la peau on pourrait apprendre au système immunitaire à s'attaquer au cancer (réussite de 90% pour des mélanomes chez des souris).


- Une protéine génétiquement modifiée qui ne s'attaque qu'aux cellules cancéreuses

Modifié par une équipe de chercheurs de l?université de Rochester, un certain gène est mille fois plus exprimé dans une cellule cancéreuse que dans une cellule normale. D'où l'idée des chercheurs : lui adjoindre un gène dangereux qui ne serait ainsi exprimé que dans les tumeurs.

La découverte a été faite presque par hasard. A l'origine, Vera Gorbunova, de l?université de Rochester, et son équipe ont décidé d?enlever une partie du gène codant pour la protéine Rad51 et de la remplacer par un ADN de protéine marqueur. Cela pour tenter de comprendre pourquoi Rad51, une enzyme impliquée dans la réparation des lésions de l?ADN, était cinq fois plus abondante dans les cellules d?un tissu cancéreux que dans les cellules saines. Ils ont alors eu la surprise de constater que l?expression du gène Rad51 modifié était multipliée dans un facteur mille par rapport au modèle initial. Mieux, en présence de certaines formes de cellules cancéreuses, cette expression peut être multipliée par 12.500.

La cause de cet étrange pouvoir n?a pas encore été entièrement élucidée. Vera Gorbunova et ses collègues pensent qu?en modifiant le gène codant pour Rad51, ils ont aussi supprimé certains éléments de régulation de la production de cette protéine, qui interviennent au niveau cellulaire. Alors qu?en leur absence les cellules saines sont insensibles au gène et ne produisent pas la protéine, les cellules tumorales, au contraire, se mettent à la produire de façon incontrôlée.

Les chercheurs ont immédiatement eu l?idée d?utiliser ces propriétés du gène modifié afin de créer une véritable « bombe toxique » qui se déclencherait uniquement au sein des cellules cancéreuses. Dans le gène codant pour Rad51, ils ont introduit un variant de la toxine de la diphtérie. Ce cocktail génétique messager a été testé sur différents types de cellules cancéreuses, entre autres de tumeurs du sein et du cerveau, ainsi que du fibrosarcome.

« La fusion Rad51-toxine diphtérique a permis la destruction de toutes les cellules cancéreuses avec des effets toxiques minimaux sur les cellules normales. Nous sommes très excités. Ces résultats dépassent nos espérances »

- Libérer les cellules souches

Sara Rankin (Imperial College London) et ses collègues ont administré à des souris deux facteurs de croissance différents (naturellement présents dans la moelle osseuse) et un médicament, le plerixaflor (Mozobil). Ce traitement a été mis au point par la firme Genzyme pour faciliter le passage dans la circulation sanguine des cellules souches hématopoïétiques (celles qui donnent les cellules du sang) chez des patients atteints de cancer du sang.

Jusqu?à présent, on parvenait à seulement stimuler la production de cellules souches hématopoïétiques par la moelle osseuse. L?équipe de Rakin a elle réussi à stimuler la fabrication de deux autres types de cellules souches : les cellules souches mésenchymateuses (os, tendon, cartilage..) et les progéniteurs des cellules endothéliales (parois des vaisseaux sanguins).

Après cette première étape, dont les résultats sont publiés par la revue Cell Stem Cell, il reste encore à démontrer que ces cellules souches, une fois libérées dans la circulation, participent bien aux travaux de réparation, et que leur mobilisation n?augmente pas le risque de cancer.

- Le sucre lié au cancer du sein

L'association positive entre l'obésité et le cancer du sein post ménopausique a été attribuée, en partie, au fait que les ?strogènes, un facteur de risque de cancer du sein, est synthétisé dans les tissus adipeux. L'obésité est également associée à des niveaux élevés d'insuline (hyperinsulinémie), une hormone régulant le taux de sucre dans le sang mais qui a aussi une fonction d?hormone de croissance ce qui peut lui conférer un rôle dans l?apparition ou la croissance de certains cancers. Sa production augmente avec la consommation d?aliments sucrés en trop grande quantité.

- Atlas de la mortalité par cancer en France

L'Institut National du Cancer et le CépiDc de l'Inserm (Centre d'épidémiologie sur les causes médicales de décès) publient un « Atlas de la mortalité par cancer en France ».

Le cancer est devenu, pour la première fois en 2004, la première cause de décès en France. Si le risque de décéder d'un cancer diminue depuis une dizaine d'années, témoignant des progrès réalisés en matière de prévention, de diagnostic précoce, de traitements et de prise en charge, la France est en revanche caractérisée par d'importantes inégalités sociales et spatiales de mortalité.

Si les disparités régionales de mortalité ont tendance à s'atténuer pour un grand nombre de localisations cancéreuses, il apparaît que les inégalités infra-régionales ont tendance à se renforcer. L'organisation spatiale de la mortalité par cancer reste fortement structurée pour les hommes, beaucoup plus faiblement pour les femmes. Les rapprochements récents entre les comportements féminins et masculins pourraient toutefois modifier cette spécificité masculine.

« Cette structuration régionale persistante traduit l?importance des comportements régionaux passé dans les manières de boire, de manger, les rapports au corps et à la médecine ».


- Une mutation génétique augmente les risques cardiaques en Inde

Ce qui est intéressant, en dehors du fait que cela touche 1 Indien sur 25, c'est que cette mutation remonterait à 33 000 ans ce qui donne une bonne indication de la permanence des populations depuis cette date et malgré les multiples invasions que l'Inde a subies.

Près de 4% des habitants du sous-continent indien sont porteurs d?une mutation génétique qui augmente le risque de souffrir de problèmes cardiaques, ont découvert des chercheurs indiens, associés à des collègues britanniques et américains. Fait assez rare pour une mutation aussi répandue ?elle touche 60 millions de personnes- elle multiplie le risque de cardiomyopathie par sept.

Après avoir passé au crible l?ADN de plus de 6.000 Indiens, toutes origines ethniques et religieuses confondues, ainsi que de 2.000 individus appartenant à 26 autres pays, les chercheurs ont conclu que cette mutation est essentiellement répandue dans le sous-continent indien. Ils estiment qu?elle est apparue il y a environ 33.000 ans en Inde et s?est diffusée au Pakistan, au Sri Lanka, en Malaisie et en Indonésie. Le fait que les symptômes n?apparaissant que tardivement, une fois que les personnes ont eu des enfants, expliquerait le "succès" de cette mutation.


- L'esperance de vie ne progresse plus !

Pour la première fois depuis bien longtemps, l'espérance de vie des Français ne progresse plus. Pour être précis, il progresse de 0.1 an pour les hommes et de -0.1 pour les femmes. Aujourd'hui, l'espérance de vie moyenne est de 77,5 ans pour les garçons (moyenne européenne) et 84,3 si c'est une fille (une des espérances les plus élevées). Cette stagnation s'explique par un taux de mortalité des enfants de moins de 1 an qui ne diminue plus en France depuis trois ans comme c'était le cas depuis très longtemps.

- La santé des femmes se déterriore

Dépression, anxiété et pensées suicidaires sont en forte augmentation dasn la population féminine.

- La féminisation des poissons reliée aux "anti-androgènes"

Il faut bien se méfier de l'eau courante !

L'incontestable augmentation de la proportion d'individus femelles chez les poissons d'eau douce était attribuée au rejet d'hormones femelles, comme les ?strogènes. Une nouvelle étude montre que d'autres produits, notamment des conservateurs très utilisés, et à effet anti-androgène, sont en cause.

Parallèlement, on observe une chute drastique du nombre de spermatozoïdes chez les hommes et une forte augmentation des tumeurs du sein chez les femmes. Ces phénomènes sont considérés comme liés. On sait en effet que les hormones comme les ?strogènes ont, à long terme, un effet cancérigène.

Selon l'équipe, interviendraient aussi des substances contrecarrant l'action des hormones mâles, qualifiées d'anti-androgènes.

On les trouve dans des fongicides, des anti-bactériens ainsi que dans les parabens, des conservateurs couramment utilisés en cosmétique et dans l'alimentation. Un temps suspectés de provoquer des allergies chez certaines personnes, ces parabens (une famille de composés synthétisés à partir de l'acide parahydroxybenzoïque, et dont on trouve des équivalents dans de nombreux fruits et légumes) ont été disculpés. Les voilà de nouveau sur la sellette pour leurs effets sur l'environnement et sur la santé humaine...


Technologie


biotechnologies, énergie, nanotechnologies, robotique, informatique


- Du biodiesel avec du café

Le café contiendrait en moyenne 15% d'huile extractible par un procédé classique d'estérification. Si ce pourcentage est loin de rivaliser avec celui du colza contenant 25 à 50% d'huile, la teneur en huile du café est comparable à celle du soja ou des palmiers (d'en moyenne 20%). L'huile extraite à partir des résidus de café a pour avantage d'être fortement chargée en antioxydants, naturellement présents dans les graines. Cette propriété permet ainsi d'accroître la stabilité du biodiesel à plus d'un mois pour des conditions de température ambiantes.

Sachant que la production mondiale annuelle de café s'élève à 7,26 millions de tonnes, plus d'un million de mètres cubes de biocarburant pourraient être synthétisés chaque année de par le monde (en faisant l'hypothèse improbable que l'intégralité soit recyclée). Ce chiffre est non négligeable si l'on considère les estimations délivrées par l' "American Chemical Society". En effet, selon leur calcul, la production mondiale de biodiesel s'élèverait à 11,36 millions de mètres cubes pour 2010.

C'est assez logique du fait que le café est le second produit transporté (en volume) après le pétrole.

- Désaler l'eau de mer à moindre coût

Plutôt que d'utiliser "l'osmose inverse", un système d'osmose artificielle s'avère 10 fois moins gourmande en énergie. Il s'agit de charger l'eau d'un produit facilement évaporable et de mettre en contact cette eau chargé avec de l'eau de mer à travers une membrane pour que l'eau de mer passe, sans le sel, à travers la membrane. Il suffit ensuite de chauffer cette eau pour récupérer une eau potable pour un coût de 0.40 $ par m3 au lieu du double actuellement.


- Une PAC performante

Cette pile à combustible peut utiliser de l'hydrogène impur à basse température.

- La plus petite pile à combustible du monde

A l'université d'Urbana-Champaign (Illinois, Etats-Unis), une équipe de chercheurs est parvenue à réaliser une pile à combustible miniaturisée au point de tenir sur le bout du doigt. L'exploit n'est pas mince, d'autant que cet objet de 3 millimètres de côté pour un millimètre d'épaisseur embarque aussi le carburant, en l'occurrence l'hydrogène.

Leur dispositif est un récipient double, contenant d'un côté de l'eau et de l'autre un hydrure métallique (LiH, LiAlH4 ou CaH2). Ce dernier fait office de réservoir d'hydrogène. Entre les deux, une cloison s'ouvre par intermittence grâce à un procédé astucieux. L'eau pénètre dans le récipient contenant l'hydrure métallique et réagit avec lui. La conséquence est une production d'hydrogène gazeux qui pourra réagir sur l'une des électrodes. La vapeur augmentant la pression dans cette chambre, elle déforme la cloison jusqu'à obturer momentanément les orifices.

Ce minuscule système génère un courant électrique très faible. Le premier prototype a fourni 0,1 milliampère sous 0,7 volt durant 30 heures. Saeed Moghaddam affirme avoir atteint ensuite 1 milliampère.

- Optimiser les batteries pour les voitures

Pour optimiser les coûts et l'efficacité, plutôt que de privilégier une seule technologie, le mieux serait de combiner batteries au plomb, batteries lithium-ion et supercondensateurs.

- L'Eliica, une voiture électrique de luxe

Chaque Electric LIthium-Ion battery CAr possède un moteur de 60kw (81ch) dans chacune de ses 8 roues. La première était destinée à des tests d'accélérations (0-100km/h en moins de 4 secondes; 0-160km/h en 7 secondes) et la seconde à des tests de vitesse maximale (370km/h). Grâce à leurs batteries, elles disposent d'une autonomie de 320km.

Shimizu et ses étudiants ont eu besoin de 25 millions de yens par Eliica. L'état Japonais se serait intéressé à ses travaux et Shimizu compterait produire 200 Eliica vendues ?seulement? 20 millions de yens (environ 160 000?), dès qu'il aura bouclé son budget.


- Le suivi des camions par satellite

Pour l'instant, c'est pour les déchets dangereux mais rien n'empêche que le système soit généralisé ensuite au suivi de n'importe quel transport, étant donnée sa simplicité.

Actuellement en première phase opérationnelle, le système a été installé sur 200 conteneurs circulant à bord de 100 camions. Il se compose d?une unité centrale installée sur le véhicule principal, comprenant le récepteur GPS, tandis que des unités complémentaires sont installées sur chaque conteneur dont elles contrôlent aussi divers paramètres tels leur état, leur température entre autres.

- Un mur laser pour remplacer les feux rouges ?


- Une boîte quantique dans un atome

Des chercheurs de l?université de l?Alberta au Canada ont réalisé une percée impressionnante en nanotechnologie. Ils sont parvenus à construire l?équivalent d?une boîte quantique mais avec un seul atome. Jusque-là, il en fallait des milliers... Peut-être une voie vers des ordinateurs beaucoup plus petits et bien moins gourmands en énergie.

Avec ce genre de dispositif, il devrait être possible de manipuler des électrons pour effectuer des calculs. On savait déjà le faire avec les boîtes quantiques habituelles mais il fallait les refroidir considérablement.

Avec des boîtes quantiques constituées d?un seul atome sur un cristal de silicium, les calculs peuvent être menés à température ambiante. Ces dispositifs deviennent donc équivalents à des transistors de puces électroniques mais dont la taille et la consommation électrique sont, expliquent les chercheurs, mille fois moindres !

- Une mémoire sur un atome

La plus petite mémoire du monde occupe une surface à peu près carrée large de 0,3 nanomètre à la surface d'une pièce de cuivre. Et elle contient deux lettres... On peut y lire ? avec des moyens sophistiqués ? un S et un U, pour Stanford University. C'est en effet dans cette université californienne qu'une équipe de chercheurs a réussi cet exploit, qui repose sur l'utilisation d'un microscope à effet tunnel.

C'est donc à l'échelle subatomique que l'information a été inscrite.

Il s'agit d'un hologramme dans le sens où l'information est portée par un arrangement de structures matérielles. Mais il est ici bidimensionnel, à la surface du cuivre, contrairement à un hologramme classique à trois dimensions. Il ne se lit pas avec de la lumière mais à l'aide de tous les électrons de la surface de cuivre, au moyen, comme pour l'écriture, du microscope à effet tunnel.

En enregistrant ces deux lettres, les chercheurs expliquent avoir atteint une capacité de stockage de 35 bits par électron, ou, dit autrement, une densité de 20 bits par nanomètre carré !


- Un scarabée robotisé

Scarabée géant portant un microprocesseur, un récepteur radio, et une microbatterie, avec plusieurs électrodes implantées dans le système nerveux. Le contrôle du vol de l'insecte, par wifi, envoie des signaux électriques à travers les électrodes dans le système nerveux et les muscles.

On avait déjà parlé d'expériences similaires, mais ce n'étaient donc pas des expériences sans lendemain...

- Mechanical Love, le documentaire

Le site du documentaire ?Les robots affecteux?, de la danoire Phie Ambo, réalisé en 2007, revient sur les travaux de cybernéticiens japonais qui mettent au point des robots de compagnie mais en poussant le réalisme. Rencontre avec Paro (prononcer « palo » comme « pal », « copain » en anglais), un bébé phoque bourré de capteurs sensoriels que l?on a proposé à des personnes âgées afin d?améliorer leur quotidien. Ou celle du professeur Ishiguro qui a conçu des copies cybernétiques de sa propre famille. Sa démarche frôle un certain sadisme lorsqu?il confronte d?abord sa fille à son double et plus encore lorsqu?il la filme seule dans la pièce où le robot Ishiguro est assis, s?exprimant à distance avec la voix de son créateur.

- Des lunettes 3D pour jeux vidéos

Le système, destiné au jeu sur PC, se compose de lunettes sans fil, d'un émetteur infra-rouge et d'un logiciel qui permettra de transformer de façon automatique déjà plus d'une centaine de jeux sur PC en 3D relief.

Les lunettes sans fil sont conçues avec des verres optiques haut de gamme. Autonomes (40 heures de jeu stéréoscopique 3D d'affilée), elles fonctionnent jusqu'à une distance maximale de 6 mètres par rapport à l'émetteur infra-rouge. Celui-ci se connecte sur PC en USB et se charge de transmettre aux lunettes les données. Seule contrainte pour les ?gamers?: disposer d'un écran LCD 120 Hz. Le système est d'ores déjà disponible sur le marché américain au tarif de 199$. A noter enfin que le système permet de consulter des films sur PC en 3D relief.

- Le Thinkpad W700ds, un portable à 2 écrans

Le constructeur chinois Lenovo s'apprête à présenter un curieux portable, le Thinkpad W700ds, muni d'un second écran coulissant. Il est cher et lourd mais il est le premier ordinateur portable à offrir cette possibilité (enfin presque...).

- Les nouveaux produits 2009, Asus en tête !

On retiendra surtout la mode du tactile avec l'Eee-Top d'ASUS et ce clavier, l'Eee Keyboard du même constructeur Asus, décidément très innovant.

C'est un joli clavier rétro-éclairé d'un petit kilo, qui embarque tous les composants d'un PC. Même des enceintes, un micro et une connexion Wi-Fi ! L'Eee Keyboard est donc à brancher sur un vrai moniteur, même s'il embarque un petit écran tactile de 5 pouces. Celui-ci sert tant de pavé numérique que d'aide à la navigation ou encore de trackpad si l'on n'a pas de souris. L'Eee Keyboard est à visée multimédia, et embarque un SSD pour du stockage réactif. Il devrait sortir avant l'été, mais on n'en connaît malheureusement pas le prix.

Là, j'ai pas bien compris sinon qu'on est dans le très fin et qu'on peut supperposer des écrans (!) mais cela a l'air tout aussi intéressant :

Le constructeur les appelle Origami. Un premier modèle, le plus simple, a un clavier qui sort de son châssis lorsqu'on l'ouvre. Ce qui permet plus de confort et de finesse dans la conception. Plus original, le second est un savant assemblage d'écran tactile qu'on agence comme on le souhaite, et qui permet d'utiliser le PC à 2.


- L?e-mail sémantique : envoyer des mails sans avoir besoin d?adresses

Ce qui fait douter de cette possibilité intéressante, c'est l'existence des spams, sinon, ce serait effectivement bien pratique de pouvoir envoyer un mail à tous les professeurs ou directeurs, etc.

Un système de gestion de mail, testé actuellement à l?université de Stanford, pourrait changer la façon dont nous adressons nos e-mails, explique la Technology Review. SEAmail (pour Semantic e-mail adressing c?est-à-dire adressage d?e-mail sémantique, présentée par leurs auteurs dans la revue de l?IEEE comme une application révolutionnaire du web sémantique (.pdf)), permet d?envoyer des messages à des correspondants qui remplissent certains critères sans nécessairement connaître leurs noms ou leurs adresses. Les adresses e-mails sont une façon artificielle d?envoyer des messages directs aux bonnes personnes, explique Michael Genesereth, professeur associé d?informatique à Stanford, directeur du Logic Group et responsable du programme. ?Nous avons besoin d?envoyer des messages à des personnes ou à des fonctions, pas nécessairement à une chaîne de caractères.? L?idée est de créer un programme qui comprend le contexte pour que les utilisateurs interagissent avec le logiciel d?une manière plus naturelle. Ainsi, il serait possible d?envoyer un mail à une personne et le logiciel serait capable de déterminer automatiquement la bonne adresse pour le joindre le plus rapidement ou son e-mail le plus récent, selon les e-mails qu?il utilise. De même, le système serait capable d?envoyer un message à des groupes comme à celui de ?tous les professeurs diplômés de l?université depuis 1960?, sans qu?il soit nécessaire de chercher la bonne adresse ou de tenir son carnet de contacts à jour. Avec SEAmail, on sélectionne ses destinataires de la même manière qu?on fait une requête sur un moteur de recherche. Les paramètres pouvant être aussi simples que le nom d?une personne ou aussi complexes qu?un ensemble de considérations logiques.

- Multimatch, le Google culturel de l'UE réservé à un public averti

L'Union finit de développer un moteur de recherche de son patrimoine culturel, doté de fonctionnalités très avancées dédiées au multimédia.

Le moteur, dont le nom complet est "Multilingual Culture and Heritage Internet Search System Developed", a par ailleurs été optimisé pour les requêtes culturelles et multimédias au moyen de techniques sémantiques et contextuelles adaptées. Par exemple, la pertinence d'un résultat peut être fonction d'une époque. A partir d'une reproduction de Guernica, un internaute pourra également rechercher des images comparables, c'est-à-dire d'autres toiles de Picasso.

Si un accès à Multimatch doit être ouvert fin janvier à certains utilisateurs de façon à tester le prototype, il n'est pour l'instant pas prévu d'ouvrir le service au public.

"Nous avons l'intention d'offrir un accès libre au service aux utilisateurs qui s'inscriront, précise Pasquale Savino. Nous limiterons leur nombre en raison des ressources informatiques limitées dont nous disposons. Le projet Multimatsh a trois principaux champs d'exploitation : le patrimoine culturel, l'éducation et le tourisme. En conséquence, nous favoriserons l'enregistrement au service des utilisateurs venant de ces domaines."

- Quelle empreinte carbone pour une recherche Google ?

Un physicien de l'université de Harvard vient d'établir qu'une recherche classique effectuée sur Google depuis un ordinateur personnel génère environ 7 grammes de dioxyde de carbone. Deux requêtes équivaudraient donc à l'énergie nécessaire pour faire bouillir l'eau d'une bouilloire (15 grammes de CO2). Ce coût énergétique est calculé à partir des "gigantesques data centers qu'utilise Google partout dans le monde et qui consomment énormément d'énergie", précise Alex Wissner-Gross. "Une recherche sur Google a un impact environnemental incontestable", conclut-il. D'autant que Google assure environ 200 millions de recherches chaque jour.

Le moteur s'est aussitôt défendu, arguant que "pendant le temps nécessaire pour effectuer une recherche sur Google, votre propre ordinateur aura consommé plus d'énergie que ce que dépense Google pour répondre à votre requête". L'industrie de l'informatique et des télécoms génère environ 2 % des émissions totales de dioxyde de carbone, soit autant de gaz à effet de serre que l'ensemble des compagnies aériennes du monde, d'après une étude Gartner.

A noter que d'après Nicholas Carr, auteur de l'étude "The Big Switch, Rewriring the World", la consommation d'énergie nécessaire pour maintenir en vie un avatar sur Second Life pendant un an serait supérieure à celle d'un Brésilien moyen, soit 1 752 kilowatts-heure.

En fait, l'auteur de l'étude citée conteste les chiffres données par le Times.

« Le Times nous a attribué à tort le chiffre de 7 grammes de CO2 émis par requête Google, explique le chercheur. Dans notre étude, nous nous sommes concentrés exclusivement sur l'ensemble des sites Internet et nous avons constaté, qu'en moyenne, une visite sur un site traditionnel émet 20 grammes de CO2 par seconde ».

Si l?on admet le chiffre de 7 grammes par requête, ainsi que l?affirme le Times, les serveurs de Google rejettent quotidiennement 2.450 tonnes de CO2 dans l?atmosphère, soit autant que le Japon en six mois ! On le constate, ces chiffres relèvent de la plus haute fantaisie.

Une recherche sur Google aboutit en moyenne en 0,2 seconde, ce qui entraîne la consommation de 0,0003 kWh d?énergie, ou une émission de 0,2 gramme de CO2, ou encore ce que le corps humain brûle en dix secondes.


- The Long Tail : l?album le plus vendu de l?année était gratuit

Chris Anderson relève que l?album le plus vendu sur Amazon en 2008 était Ghosts i-IV de Nine Inch Nails, un album disponible également librement sous licence Creative Commons et sur de nombreux réseaux P2P. Comme quoi?

- Les effets économiques et culturels du P2P sont extrêmement positifs

Après avoir interrogé de gros utilisateurs de P2P, sondé 1500 internautes néerlandais et questionné des professionnels des industries de la musique, du cinéma et du jeu vidéo, les chercheurs ont découvert que "les implications économiques du partage de fichiers sur le niveau de bien-être aux Pays-Bas sont extrêmement positives sur le court terme et le long terme".

- Le futur de la monnaie

Il y a un peu de tout et de n'importe quoi, assez effrayant, mais insistant sur la pluralité des monnaies dans une économie immatérielle.

Plusieurs créations ont exploré les systèmes identitaires liés à la dématérialisation, qui vous permettent de consommer selon votre identité comme ce National Fiscal Health Service imaginé par Thomas Thwaites, qui nous permettrait de consommer selon notre niveau de santé, nous interdisant d?acheter certains produits non compatibles avec notre santé ou notre âge

Le Personal Relationship Assistant de Bernd Hopfengärtner transforme les relations sociales en relations marchandes, permettant à chacun de négocier le prix de nos discussions comme de nos moments de tendresses !

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Fonte: http://jeanzin.free.fr/index.php?2009/02/01/168-revue-des-sciences-02-09

Programme minimal - 17Jul2018 18:56:24

On rêve de tous côtés d'un après-capitalisme qui reste complètement mythique alors que ce qui se met en place pour l'instant ce n'est qu'une régulation minimale du système, son renforcement beaucoup plus que sa remise en cause, même s'il y a des inflexions notables vers plus de justice sociale ainsi qu'une totale déconsidération des classes supérieures et de leur cynisme, considérées désormais comme aussi parasitaires et inutiles que la noblesse a pu l'être aux tout débuts de la révolution industrielle !

Certes, pour le moment on est encore dans "l'avant-guerre", avant les "événements" qui se multiplient un peu partout, avant que les conséquences de l'effondrement ne se fassent sentir socialement dans la vie de tous les jours. Pour l'instant tout cela reste abstrait, de l'ordre de l'événement médiatique qu'on proclame si facilement historique voire révolutionnaire alors qu'on avait perdu la notion même d'événement dans un monde où plus rien ne semblait pouvoir changer.

L'histoire risque de bousculer ces trop beaux ordonnancements et la catastrophe engendrer des possibilités nouvelles mais il n'y a jamais création ex nihilo. Les révolutions s'inspirent inévitablement de philosophies et d'expériences révolutionnaires précédentes plus qu'elles n'en inventent de toutes pièces. On part toujours de quelque part. Il n'est donc pas inutile de faire un état des lieux des propositions qui émergent pour l'instant afin de tenter d'évaluer leur portée et tirer le maximum du peu de potentialités révolutionnaires qu'elles laissent.

Il faut bien dire que, pour l'instant, en fait de révolution, ça ne va pas très loin ! Même s'il y a un sensible retour des idées révolutionnaires, il y a bien peu de gens qui souhaitent une étatisation de l'économie avec suppression du marché et rationnement généralisé. Encore moins voudraient sortir de l'économie industrielle ! D'un autre côté, il y en a peut-être moins encore qui se projettent dans le futur d'un mode de vie plus écologique et d'une ère de l'information qui commence à peine...

Les revendications qui émergent actuellement apparaissent très décevantes, on ne peut plus réformistes quand elles ne se cantonnent pas à la régulation du système financier. On peut penser que leur ensemble dessine malgré tout un autre modèle relativement révolutionnaire par rapport à la situation précédente, et qu'on pourrait comparer au programme du Conseil National de la Résistance d'où est née la Sécurité Sociale, bien qu'avec moins de cohérence et d'ambition (puisque les conventions collectives avaient l'ambition de sortir du marché du travail par des niveaux de salaires négociés en fonction du poste et des diplomes). Ce n'est pas la prise du palais d'hiver, non, ni la fin du capitalisme et plutôt une nouvelle de ses multiples métamorphoses comparable au fordisme des 30 glorieuses, mais ce ne serait déjà pas si mal quand même et presque une révolution si on pousse un peu au-delà. En tout cas il m'a semblé utile d'essayer d'en faire une liste minimum qui puisse trouver un large accord, à compléter mais en restant dans l'essentiel, et comment dans ce cadre aller un peu plus loin.

J'ai assez souvent martelé, en long, en large et en travers, ce qui me semblait, à la suite d'André Gorz, la condition d'alternatives locales à la globalisation marchande : revenu garanti, monnaies locales et coopératives municipales. De même, comme Jacques Robin et le Grit, j'ai toujours insisté sur la nécessaire prise en compte de l'ère de l'information et du devenir immatériel d'un travail où l'autonomie est devenue centrale. Il s'agit de voir comment ces orientations peuvent s'insérer dans les revendications plus traditionnelles et les mesures plus globales.

Le renversement du communisme dans son contraire nous rend certes moins naïfs que les anciens révolutionnaires. C'est un acquis historique et cognitif qui est décisif. Dans une démocratie on ne peut plus imaginer incarner le peuple et changer simplement le pouvoir en "renversant les oppresseurs". Il n'y a plus de sujet de la révolution et le peuple qui se soulève connaît ses divisions. Son but ne peut plus se limiter à la conquête mystique du pouvoir, ni même son appropriation par tous, nécessaire mais qui ne pourrait satisfaire comme telle que des revendications identitaires. Ce qui compte finalement, c'est uniquement le résultat concret dans la vie, en terme de fonctionnement, d'efficacité et de justice mais surtout d'autonomie, de développement humain et de solidarité effective. L'enjeu, c'est donc bien le changement de système, de dispositifs matériels et de rapports sociaux. Il s'agit de voir comment cela pourrait être possible concrètement, de quelles marges de manoeuvre peut-on disposer, bien loin de quelconques utopies métaphysiques, dans ce work in progress qui vient à peine de commencer.

- International

On ne peut plus ignorer la dimension globale, internationale et financière. Imaginer que les marchés internationaux disparaissent est hors du possible actuellement même s'ils peuvent imploser par eux-mêmes un peu comme les banques ne se prêtent plus entre elles par perte de confiance ! Le renforcement de la "gouvernance mondiale" sera sans doute la première conséquence de la crise même si ce n'est pas gagné et l'enjeu du prochain "Bretton Woods". Sans autorité supra-étatique il sera difficile de lutter contre les paradis fiscaux, entre autres.

Il semble peu probable qu'on arrive à imposer une monnaie mondiale (Bancor) pour remplacer le dollar mais ce n'est pas forcément le plus souhaitable. Il y a des arguments, défendus notamment par Jacques Sapir, pour revenir à des monnaies nationales en Europe afin de tenir compte des différentiels de développement. La solution serait peut-être d'une monnaie mondiale constituée à partir d'un panier de devises et réservée aux banques, mais aussi de grandes devises par grands ensembles géographiques relativement homogènes, en gardant des monnaies nationales (avec des monnaies locales in fine).

Pour le reste, c'est le rapport de force international qui décidera. Tout ce qu'on peut faire, c'est des alliances, intégrer des réseaux alternatifs, favoriser des échanges plus équitables. Au niveau européen, après le changement de statut de la BCE et l'abandon de la priorité à la lutte contre l'inflation ainsi que d'une concurrence aveugle, il faudrait parvenir à une meilleure coordination des mesures économiques avec une relative harmonisation fiscale et sociale qui devient urgente. On ne pourra éviter non plus une certaine dose de protectionnisme, au moins défensif face aux autres pays, même si c'est un jeu dangereux, contrairement au localisme et à la relocalisation qu'il faut encourager sans retenue.

- Démocratie

Il est indéniable que notre démocratie a perdu toute substance et doit se régénérer comme elle s'était régénérée dans la résistance ou l'affaire Dreyfus. On a besoin d'une réaffirmation des solidarités sociales et des droits des minorités mais il faut surtout revenir à des formes de démocratie plus directe et participative au niveau local au moins, sans en avoir des conceptions trop naïves. La commune a toujours été la base de la vie démocratique, cela n'empêche pas qu'il faudra trouver des moyens pour renforcer le contrôle des élus par les électeurs aux niveaux supérieurs (département, région, pays) et, notamment, interdire le cumul des mandats.

Au niveau national, il faut retrouver un contrôle de l'économie, notamment par des nationalisations lorsqu'elles sont nécessaires. Actuellement, la nationalisation des banques au moins (dont il ne faut attendre aucun miracle) mais il faudrait logiquement nationaliser, sinon régionaliser les entreprises dont on refuse la délocalisation (ce qu'on ne peut reprocher à une multinationale). Comme il semble difficile d'imaginer une étatisation totale de l'économie, cette économie mixte (ou plurielle), ne devrait pas changer fondamentalement le système, laissant place à un capitalisme simplement mieux régulé. Pour retrouver un pouvoir monétaire, il faudrait envisager peut-être, on l'a vu, le retour de monnaies nationales indexées sur l'Euro mais dont la parité pourrait être ajustée périodiquement. Peu probable à l'heure actuelle mais pas tout-à-fait impossible non plus.

Sans en faire un instrument miracle ni un gadget, les potentialités du numérique devront être exploitées pour améliorer l'information et la consultation des populations sinon leur intervention active, sans que cela puisse remplacer les réunions publiques et la démocratie de face à face (ni la démocratie représentative dont on ne peut se passer).

- Ecologie

Pour l'écologie, le mouvement est déjà engagé avec Obama d'une "croissance verte", dans le droit fil du "Plan B" de Lester Brown. On est très loin des ambitions de l'écologie-politique (encore plus de la "décroissance") mais il faut certainement se réjouir malgré tout de ce capitalisme vert qui non seulement devient moins destructeur mais pourrait s'avérer indispensable dans un premier temps au moins pour accélérer la transition vers les énergies renouvelables, transition difficile qui ne pourra être immédiate (remplacement du parc automobile et des systèmes de chauffage sinon des constructions).

La politique de grands travaux "écologiques" doit aussi être encouragée, les investissements des Etats pour sortir de la crise devant être orientés vers les secteurs prioritaires des économies d'énergie (isolation des bâtiments anciens), les transports en commun et les réseaux de ferroutage.

Tout cela est indispensable même si cela ne change rien fondamentalement au système actuel. Il faut absolument y joindre la relocalisation de l'économie et privilégier les circuits courts (grâce à des monnaies locales comme le Sol). C'est là que les potentialités révolutionnaires sont les plus grandes, mais les difficultés aussi... Il faudra du temps, c'est pourquoi la stratégie d'une économie plurielle est la seule réaliste permettant à la nouvelle économie, plus écologique, coopérative et adaptée à l'ère de l'information, de se structurer et de faire ses preuves.

- Social

C'est au niveau social qu'il y a le plus de revendications, sans qu'elles soient véritablement en rupture avec le système actuel. Il s'agit plutôt d'un rééquilibrage, d'un meilleur partage Capital / Travail et d'une réduction des inégalités. On peut en discuter les moyens. Le revenu maximal demandé par certains ne peut être véritablement obtenu que par l'impôt sur les revenus dont il faut augmenter la progressivité jusqu'à 80% au moins pour la tranche supérieure (meilleur instrument de réduction des inégalités, on l'a vu après Roosevelt aux USA jusqu'à Reagan). La limitation arbitraire du rendement des actions semble par contre absurde (l'impôt ou une CSG progressive valant beaucoup mieux) et la baisse de la TVA demandée est une fausse bonne idée puisque la TVA présente l'avantage de taxer aussi les produits importés. Il vaut beaucoup mieux augmenter les salaires, la couverture chômage, les minima sociaux et les indexer sur l'inflation. Tout cela est incontournable. On ne peut malgré tout faire n'importe quoi et une augmentation excessive serait illusoire, ne faisant que générer une inflation équivalente, comme après Mai68, et finissant par se retourner violemment contre les travailleurs eux-mêmes.

Un autre des axes principaux des revendications sociales, c'est la sauvegarde et l'amélioration des services publics, en premier lieu la santé et l'éducation, ainsi que du statut de fonctionnaire trop décrié et qui est une caractéristique française dont on n'a pas à rougir même si ce n'est pas un statut généralisable, qu'il doit être amélioré et que certains services publics peuvent être rendus par des entreprises privées. Les services publics doivent être bien sûr économes des deniers publics mais leur mission est bien d'optimiser leur service et l'égalité des citoyens avant d'optimiser leurs coûts.

Le dernier axe important concerne la précarité mais c'est là que les propositions semblent le plus insuffisantes en même temps qu'elles se multiplient sous différentes formes. Non seulement le droit du travail est menacé mais c'est l'emploi lui-même qui tend à disparaître comme statut social permanent au profit de l'intermittence et d'une précarité qui se généralise malgré les protections sociales destinées à s'en protéger. On invoque une "sécurité professionnelle" et une interdiction de licenciements qui ont l'inconvénient de ne protéger que les salariés en place, sans compter que c'est impraticable (par contre une co-gestion avec les salariés serait effectivement souhaitable pour équilibrer le pouvoir des actionnaires). On voudrait simplement restaurer une situation antérieure dépassée et nos droits acquis mais, d'y échouer inévitablement, on prive ainsi de droits tous ceux qui n'ont pas accès à un emploi fixe. C'est de faire dépendre nos droits de l'entreprise qui n'est plus possible.

La nostalgie d'une époque révolue reste aveugle aux transformations du travail à l'ère de l'information ainsi qu'à son contenu, négligeant beaucoup trop la question des conditions de travail alors que le travail représente une grande part de notre vie et qu'il n'y a rien de plus important que de changer le travail pour changer la vie. Le développement du travail autonome, auquel le statut d'auto-entrepreneur devrait donner une plus grande visibilité, est le grand absent des luttes sociales animées par des syndicats de salariés qui par définition n'y sont guère sensibles, ayant renié leur ancien objectif de sortir du salariat. Il faudrait faire des syndicats de travailleurs et non pas seulement de salariés. Il y a absolument besoin de syndicats dans les entreprises (cela devrait même être obligatoire) mais il faut aussi défendre les travailleurs en dehors des entreprises. C'est en tout cas un des enjeux du moment de faire entrer cette question du travail autonome dans le mouvement social sans nuire en rien aux salariés mais sans rejeter dans la précarité la plus totale tous les exclus du système.

Le pas qu'il faudrait franchir, véritablement révolutionnaire, c'est celui du passage de la sécurité sociale au développement humain, une inversion de logique basée sur le revenu garanti permettant le passage du travail forcé au travail choisi. Il est frappant de voir que la liste s'allonge de ceux dont on veut garantir le revenu (salariés, chômeurs, retraités, jeunes, handicapés, travailleurs pauvres, intermittents, insertion etc.) sans vouloir se résoudre à faire de l'autonomie financière un droit de l'homme et la condition première d'un développement humain, ce qui serait une révolution, en effet ! Par contre, sans revenu garanti, le développement humain ne serait rien d'autre qu'un faux semblant comme le prétendu développement durable l'a été trop longtemps.

- L'ère de l'information

Jamais ou presque il n'est question dans les débats politiques de l'ère de l'information qui bouleverse déjà toutes les données pourtant. Ce ne sont pas les infrastructures physiques qui posent le plus de problèmes mais la prise en compte de la nouvelle donne induite, en premier lieu dans le travail, par les réseaux numériques, la convergence numérique (interopérabilité) et la question de l'accès à ces potentialités, comme à l'écriture avant. L'école, la formation, la recherche et l'université deviennent beaucoup plus centrales encore, quoique sous des formes qui devront être mieux adaptées aux "nouvelles technologies". La coopération, l'assistance et les services à la personne devront se multiplier à mesure que le niveau exigé monte...

La question du téléchargement ne peut être ignorée, c'est-à-dire de la gratuité numérique puisque reproductible à coût négligeable. Rien ne pourra aller contre, c'est le pas qu'il faut faire pour entrer dans l'ère de l'immatériel. Le revenu garanti tire une partie de sa justification comme contrepartie de cette gratuité numérique et de toutes les autres "externalités positives" non rémunérées, tenant compte du caractère statistique et coopératif de la créativité artistique comme de la recherche scientifique.

On voit qu'il ne s'agit pas seulement des quelques possibilités supplémentaires apportées par la démocratie électronique mais que les nouvelles forces productives immatérielles exigent de nouveaux rapports sociaux et donc des changements révolutionnaires dans la production et l'organisation sociale, un système alternatif dans une économie plurielle. C'est parce que la productivité devient non-linéaire et globale que le revenu garanti s'imposera. C'est parce que les réseaux numériques déterritorialisent qu'il faudra bien se saisir des instruments de relocalisation qui permettent de les équilibrer. C'est parce que l'autonomie est devenue productive qu'il faudra bien construire toutes les institutions du travail autonome et du développement humain. Et c'est la combinaison du revenu garanti, des monnaies locales et des coopératives municipales qui constituera, peut-être, le germe qu'une véritable révolution à venir ?


On voudrait mieux, c'est certain, mais c'est du moins ce qu'on peut raisonnablement espérer obtenir à ce jour, me semble-t-il, sauf effondrement complet plus que possible encore. Tout ceci n'est cependant qu'un premier jet, et qui devra être étoffé. Ce n'est certes pas le grand soir, à peine les premières lueurs de l'aube...



Fonte: http://jeanzin.free.fr/index.php?2009/01/25/167-programme-minimal

Interventions publiques (audio et vidéo) - 17Jul2018 18:56:24

Quelques (rares) enregistrements audios, sans beaucoup d'intérêt.

Je ne suis pas un homme de parole, aussi les témoignages audios de mes rares interventions sont (heureusement) encore plus rares. Du fait que je viens de mettre un lecteur mp3 pour le site, j'ai voulu les regrouper ici mais n'ai pas trouvé grand chose (si j'en retrouve je les rajouterais).

Bien qu'étant assez mauvais, je suis sans doute plus accessible que par écrit mais à part le premier interview sur les monnaies locales qui peut servir (c'est pour cela que je m'y suis remis), les autres ne sont pas du tout présentables.

- Les monnaies locales un outil pour la relocalisation
(interview 11/2007 mp3) :

- L'alternative, revenu garanti et monnaies locales
(débat Alter Ekolo, mars 2006) :

Complément (les Verts et le revenu garanti)

Conclusion (relocalisation, institutions, travail choisi, potentialités) :


J'ai beaucoup hésité à mettre l'émission de Radio Aligre qu'il aurait fallu au moins couper... C'est juste pour montrer qu'il n'y a rien d'autres en ma possession (il faudrait que je m'y mette) !

- Productivisme, ère de l'information, les 3 écologies
(Radio Aligre 1, 13/08/2006 28:48, 35:13, 36:57) (mp3 )

- Ecologie libérale, productivisme
(Radio Aligre 2, le 20/08/2006 26', 31' et 37' ) (mp3)


C'est une vidéo de ma clôture du Forum des Acteurs du Numérique au Palais des congrès le 8 octobre 2008 (que je viens de recevoir le 20 mars 2009). Au moins, on peut voir à quel point je suis mauvais à l'oral, et ça peut être bien pire encore ! Là, en plus, je m'adressais à une salle de cadres de la gestion numérique de documents auxquels je n'avais rien à dire... Ma présence n'était due qu'à une insistance inébranlable à laquelle je n'ai pas pu me dérober malgré mes refus répétés ! C'est du moins une expérience même si ce n'est guère glorieux et j'ai essayé de dire ce qui pouvait intéresser ce public mais il vaut mieux lire malaise dans la civilisation numérique.

J'aborde la question de la différence entre l'analogique et la révolution numérique, de l'inadaptation qui s'en suit du capitalisme aux nouvelles forces productives et d'un nouveau modèle économique relocalisé avec imprimantes 3D et monnaies locales, revenu garanti et coopératives. Je reste dans l'élémentaire, rien de bien intéressant. Mieux vaut me lire !



Fonte: http://jeanzin.free.fr/index.php?2009/01/21/166-interventions-publiques